Le premier lac totalement genevois a été inauguré ce samedi

MeyrinPetit îlot de nature, le lac des Vernes est l’aboutissement d’un véritable serpent de mer.

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Avec ses 2,5 hectares tout mouillé, il n’est pas plus grand qu’un étang. Et il en possède d’ailleurs toutes les caractéristiques: zone humide, marécage, prairie… Pourtant, le lac des Vernes, inauguré officiellement ce samedi en présence des autorités communales et cantonales, est le premier lac totalement genevois. N’en déplaise au bleu Léman. Et il est surtout le fruit d’un véritable serpent de mer.

A entendre les coassements qui s’en dégagent déjà, cet îlot de nature blotti à Meyrin, près de la piscine et de la patinoire, a rapidement charmé quelques batraciens. Le projet a en revanche attendu près de trente ans avant de conquérir le cœur de la Cité satellite. En 2011, on a même cru qu’il allait couler à pic.

Eaux de pluie, eaux d'égouts

Flash-back. A l’aube des années nonante, la Commune se penche sur le traitement de ses eaux usées et pluviales. A l’époque, le réseau d’assainissement les transporte, mélangées, à la station d’épuration de Peney, via le ruisseau Nant d’Avril. Mais la législation fédérale oblige désormais à séparer les eaux de pluie des eaux d’égout. En plus, en cas de gros orages, le trop mince Nant d’Avril déborde. Et c’est l’inondation assurée dans certaines caves meyrinoises. Pas génial.

Entre 1998 et 2000, après d’âpres discussions, les élus municipaux tranchent d’abord pour la création d’un bassin de rétention souterrain plutôt qu’à ciel ouvert. Question de gros sous, notamment le rachat des terrains par la Commune à des propriétaires visiblement gourmands.

D'abord enterré, le projet refait surface

Le lac des Vernes est donc enterré. Mais il refait surface deux ans plus tard, porté par la gauche du Municipal. Reste qu’on ne sait pas exactement où le créer: au milieu du centre sportif, comme le veut la Mairie, ou à côté, comme le réclame une initiative? Deux camps s’affrontent. Ballottés dans ces méandres politiques, les Meyrinois sont appelés à voter. Le 13 juin 2004, ils plébiscitent l’initiative.

Fin de l’histoire? Non. Dès 2011, le projet tangue méchamment. En cause, cette fois, le recours d’un propriétaire terrien qui refuse de céder son lopin au prix «offert» par les autorités. Il faudra encore deux ans pour trouver un accord, avant de procéder aux premiers coups de pioches.

Le royaume des migrateurs

Ce samedi, enfin, la saga prend fin. Et de belle manière, car le site est magnifique. Agrémenté d’une plate-forme d’observation et d’un ponton, le tout en bois, il accueillera à terme un jardin Robinson. Une zone didactique a été aménagée, et le cheminement épousant ce bassin de rétention est garni de poteaux qui renseignent le promeneur sur la faune et la flore du lieu. A terme, on devrait ainsi y voir s’ébattre grèbes, hérons, foulques, canards et autres migrateurs.

En revanche, baigneurs et pêcheurs sont priés d’aller jouer ailleurs!

Créé: 10.06.2017, 16h54

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