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A la poursuite d’Isabelle Eberhardt

Cette femmes écrivain, journaliste et reporter de guerre, née à Genève en 1877, a sa rue aux Grottes. Parcours sur les traces en creux de sa vie de nomade.

On ignore où, exactement, est née Isabelle Eberhardt. C'était dans une Villa Fendt, située non loin de la rue qui porte son nom, aux Grottes.
On ignore où, exactement, est née Isabelle Eberhardt. C'était dans une Villa Fendt, située non loin de la rue qui porte son nom, aux Grottes.
Georges Cabrera

Difficile d’entendre l’appel du large dans cette courte impasse du quartier des Grottes. A gauche, un garage flambant neuf et un petit supermarché. A droite, la façade tarabiscotée de l’immeuble des Schtroumpfs et ses faux airs de danseuse de flamenco. Très vite, au fond, on se cogne le museau sur l’école des Grottes. Isabelle Eberhardt aurait détesté ça. Pourtant, cet horizon bouché porte son nom. La plaque bleue usuelle, qui lui fut attribuée le 12 décembre 1988, atteste de sa brève existence ô combien mouvementée et de sa passion: «1877-1904, écrivain». Elle a 18 ans lorsque ses premières nouvelles sont publiées dans les journaux, qu’elle inonde avec une frénésie qui trahit son besoin de reconnaissance. Pour lui rendre justice, il aurait fallu ajouter «journaliste», voire «première femme reporter de guerre», car c’est ainsi qu’elle gagne sa vie, en Algérie, dès 1902. Basée à Aïn Sefra, non loin de la frontière avec le Maroc, elle travaille pour L’Akhbar, dans lequel elle tient une chronique régulière traitant notamment de politique.

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