L’idée de potagers sur les toits germe à Genève

Développement durableUn privé a entrepris les démarches afin de créer un jardin sur son immeuble. Une première à Genève alors que le concept fleurit à Bâle.

A Paris, un restaurateur propose dans son menu une production locale qu’ils fait pousser en toiture.

A Paris, un restaurateur propose dans son menu une production locale qu’ils fait pousser en toiture. Image: Reuters

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Parmi les requêtes en autorisation de construire de la fastidieuse Feuille d’avis officielle (FAO), une attire l’attention: «Création d’un potager sur un immeuble existant». Un propriétaire souhaite aménager sur le toit de son immeuble de la rue des Bains un jardin afin d’y cultiver des légumes, des herbes ou encore des épices. «On va voir ce qu’on arrive à faire pousser sur les toits de Genève», s’enthousiasme Antoine Hubert. Végétaliser les toits, le concept est courant depuis les années 70 à New York, Tokyo, Paris… Plus près, à Bâle, un quart des toits sont verts. Mais pas à Genève. «A notre connaissance, il ne me semble pas qu’il existe de potagers urbains dans le canton», croit savoir Sébastien Beuchat, directeur du paysage à l’Etat de Genève. «Des acteurs y réfléchissent. Les plans sont là, mais ils sont en attente d’autorisation puis de réalisation», précise-t-il.

L’idée germe dans la tête d’Antoine Hubert lors d’un voyage à New York. Il observe que de nombreux bistrots proposent dans leur menu une production locale qu’ils font pousser dans des potagers installés en toiture. Pourquoi ne pas faire pareil à Genève? Cela tombe bien, l’homme d’affaires a repris le Café des Bains en 2012 et a aménagé depuis un patio à l’arrière de l’immeuble. «C’est une démarche originale qui nous permettrait de nous distinguer. Le but, c’est de dire: «La salade qu’on vous sert, on l’a coupée nous-mêmes ce matin.»

Le toit, lieu de rencontre

En juin dernier, une motion signée par la majorité des partis du Grand Conseil demandait au Conseil d’Etat de promouvoir la végétalisation des toits. Partant du constat que le territoire disponible devient toujours plus exigu, le texte recommande l’implantation en toiture non seulement de potagers, mais aussi de jardins familiaux. «Les toits pourraient devenir de véritables lieux de rencontre entre les habitants d’un immeuble», s’emballe la députée UDC Christina Meissner. Mais la motion est restée lettre morte, noyée sous les projets de lois. «Mais je reviendrai bientôt à la charge», promet l’élue.

Antoine Hubert n’a pas encore décidé si son potager, qui pourrait s’étendre sur une surface avoisinant 100 mètres carrés, sera accessible à tous les résidents de l’immeuble. «Il y a notamment des problèmes liés à la sécurité», s’excuse-t-il. A la Direction du paysage, on assure être prêt à soutenir financièrement ou techniquement les démarches visant à créer des potagers ou des jardins urbains. «Derrière le potager, il y a des contacts sociaux, la question de l’appartenance à un quartier, estime Sébastien Beuchat. Dans une ville qui se densifie chaque jour un peu plus, les toits constituent une bonne opportunité de recréer des espaces de vie commune.»

La jungle des autorisations

Avec leur capacité d’absorber la chaleur et de protéger les matériaux d’étanchéité, les toitures végétalisées ont en outre des vertus écologiques évidentes. Mais alors pourquoi à Genève tous les toits restent-ils désespérément gris? Sébastien Beuchat reconnaît qu’il existe des écueils, tels que la cascade d’autorisations diverses et variées qu’il faut obtenir ou le coût – de 35 à 100 francs le mètre carré – d’une telle opération. Un coût qui décourage par exemple les maraîchers genevois d’investir dans ces espaces surélevés, jugés pas viables économiquement. «100 mètres carrés pour sa production personnelle, c’est facile à trouver. Mais un hectare, c’est tout de suite plus compliqué», admet Sébastien Beuchat. Enfin, un potager requiert l’installation d’une couche de terre d’au moins 20 centimètres et tous les toits n’ont pas la capacité de soutenir une telle charge. On saura dans les prochains mois si l’immeuble de la rue des Bains en fait partie. (TDG)

Créé: 12.02.2015, 18h31

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