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Post tenebras lux ou pas… dans la Genève de 1879

Il y a 140 ans, «La Tribune de Genève», née le 1er février 1879, vivait son premier été. Qu’y lisait-on alors? Notre série d’été, en collaboration avec la Bibliothèque de Genève.

La Tribune de Genève a 140 ans.
La Tribune de Genève a 140 ans.
DR

Genève se prépare à accueillir la Fête fédérale des sous-officiers. Depuis plusieurs jours, il ne se passe pas une édition de «La Tribune de Genève» sans qu’un interminable article aux accents patriotiques marqués ne soit publié en très bonne place. Mais ce 16 août 1879, les festivités commencent et la Cité de Calvin veut briller de mille feux.

«Une illumination générale de notre ville coïncidant avec la fête de nuit du dimanche complétera brillamment cette réjouissance publique», s’emballe le chroniqueur.

D’ailleurs, dans une autre colonne du quotidien, on annonce qu’«hier au soir a été essayée l’illumination de la façade du Bâtiment électoral que l’on préparait depuis plusieurs jours». Là aussi, les lecteurs de la Julie ont pu suivre l’avancée des travaux, édition après édition. «On sait en quoi elle consiste», précise l’article. «Nous pouvons dire seulement que jamais nous n’avions vu la clef et l’aigle si délicatement dessinés par la lumière; avec ses petites flammes tremblotantes l’aigle avait l’air de se soulever pour prendre son vol.»

Le ou les auteurs de ces deux articles auraient peut-être bien fait d’en lire un troisième, placé dans la même page. Que dit-il? «Une foule de suppositions plus ou moins hasardeuses circulent dans notre ville à l’endroit de l’éclairage électrique qui, après avoir brillé d’un vif éclat pendant plusieurs jours sur la place Neuve, a complètement disparu.» Misère!

«On parlait de projets grandioses, poursuit feu notre confrère. Non seulement la place Neuve devait recevoir un certain nombre de foyers, mais encore les quais, la rade elle-même devaient être éclairés a giorno. La compagnie du gaz, la ténébreuse compagnie elle-même, piquée au vif, avait procédé sur la Corraterie […] à l’installation d’un mode perfectionné d’éclairage qui illuminait joyeusement cette rue. Et puis voici que tout dernièrement, sans crier gare, tout disparaît comme par enchantement. Adieu bougies Jablockoff, réverbères perfectionnés dont la flamme a été réduite aux proportions mesquines des becs ordinaires. Espérons que ces clartés brillantes dont notre public a été inondé pendant quelques jours ne sont pas perdues pour jamais.» Post tenebras lux… ou pas!

Au passage, on notera avec une certaine satisfaction qu’à l’époque, on disait bien «place Neuve», et non «place de Neuve»…

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