Les pompiers professionnels ont besoin de renfort

Lutte contre le feuParticipation des communes, fusion avec les pompiers de l’aéroport, maintien de la caserne des Asters: la Ville veut augmenter les ressources.

Le délai d’intervention des hommes du feu, fixé à dix minutes maximum, ne peut plus être garanti à 100 %.

Le délai d’intervention des hommes du feu, fixé à dix minutes maximum, ne peut plus être garanti à 100 %. Image: PIERRE ALBOUY

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En milieu urbain, les pompiers professionnels doivent se rendre en dix minutes maximum sur le lieu d’un sinistre. Mais face à l’augmentation de la population et à l’extension des zones habitées, ce délai ne peut plus être assuré à 100%. Résultat, le Département de l’environnement urbain et de la sécurité de la Ville veut renforcer les ressources de ces sapeurs. Pour y arriver, Guillaume Barazzone planche sur une nouvelle organisation du Service d’incendie et de secours (SIS) pour les vingt à trente prochaines années. Intégration des communes, fusion avec les pompiers de l’aéroport, maintien de la caserne des Asters (à la Servette): une révolution attend ce service, dont le dispositif d’intervention n’a pas été rénové depuis 1973.

«Système plus viable»

Durant la nuit, seuls seize pompiers professionnels sont à pied d’œuvre. «Ils ne sont pas assez pour se rendre sur un feu d’appartement et effectuer une désincarcération de véhicule en même temps, relève Guillaume Barazzone. En cas de besoin, il est toujours possible d’appeler les personnes en congé, mais elles ne sont pas forcément disponibles. Ce système n’est pas viable.» Le département vient de mandater un expert indépendant afin de déterminer, notamment, combien d’hommes du feu supplémentaires sont nécessaires.

Pour gonfler les moyens matériels comme les effectifs, la Ville en appellera prochainement à ses voisines. Lors de la prochaine assemblée de l’Association des communes genevoises, Guillaume Barazzone présentera un projet de nouvelle gouvernance intercommunale des sapeurs professionnels. «Il faut aujourd’hui que les communes aient leur mot à dire en matière de sécurité d’incendie et de secours, estime le magistrat PDC. Cela permettra de mutualiser le matériel et d’engager davantage de sapeurs. Les volontaires auront aussi leur place dans ce projet.» Les communes disposeront donc d’un pouvoir de décision, bien que la Ville conserve un rôle prépondérant. Les discussions qui détermineront le financement de chacun, en fonction du nombre d’habitants ou des risques, ont commencé. «Il s’agira d’un établissement public autonome, précise le magistrat. La Commission de sécurité du Municipal a voté dans ce sens.»

Autre changement de cap, la Ville de Genève va finalement conserver la caserne des Asters, vétuste, qu’elle envisageait de fermer. Objectif: desservir le très dense quartier des Pâquis. Ne peut-on pas le faire depuis la caserne des Bains? Non, selon la Ville. «La nuit, les gens sont souvent dans leurs appartements, le sinistre n’est pas forcément constaté immédiatement, relève le magistrat en charge de la Sécurité. Il faut intervenir plus rapidement.»

Second projet visant à augmenter les ressources, la fusion du SIS avec les pompiers de l’aéroport (SSA) – en cours – devrait elle aussi permettre des synergies. Ces derniers poursuivraient leurs tâches sur le tarmac, mais uniquement celles concernant leurs missions d’incendie et de secours. En se spécialisant dans la lutte contre les incendies, ils pourraient donc venir renforcer l’effectif du SIS.

Fusion retardée

Mais le projet, censé entrer en vigueur au 1er janvier, est «bloqué», selon la Ville. En cause? De longues négociations sur le coût du passage des hommes du SSA à la caisse de pension de la Ville, la CAP. «Ceux-ci ont moins cotisé que les hommes du SIS, explique Guillaume Barazzone. Ce transfert coûtera environ 5 millions. Il a été clair dès le départ entre les parties que c’est l’aéroport qui paierait ce montant.» Pour l’heure, la Ville attend toujours une réponse sur ce point. «La situation rend difficile l’entrée en vigueur de la fusion pour janvier 2014, redoute le magistrat. Le personnel s’impatiente, la balle est désormais dans le camp de Cointrin.»

L’aéroport assure vouloir aller de l’avant avec ce projet. «Il reste juste un très grand nombre de points à régler, explique Bertrand Stämpfli, porte-parole. Quant à la question des retraites, nous sommes en ce moment en train de changer de caisse de pension à l’interne. Le chiffre de 5,6 millions doit donc être réévalué. C’est en autre ce à quoi nous travaillons d’arrache-pied en ce moment.»

Un autre couac reste à régler: la question des heures de travail. Les pompiers de l’aéroport refusent pour l’instant de travailler 46 heures par semaine au lieu des 40 actuelles, afin de se rapprocher du SIS, qui en effectue 51.

La nouvelle caserne prévue dans la halle 7 de Palexpo, elle, est actuellement à l’étude. Les résultats devraient être connus au printemps 2014. (TDG)

Créé: 10.06.2013, 07h45

En chiffres

Le Service d’incendie et de secours (SIS), supervisé par la Ville de Genève, compte 136 pompiers en unité d’intervention, qui effectuent 51 heures de travail par semaine. Ce nombre n’inclut pas les ambulanciers, ni les officiers. Le SIS compte une caserne ouverte 24 h/24 à la rue des Bains, et deux autres, à la route de Frontenex et à la rue des Asters.

Le Service de sécurité de l’aéroport (SSA) emploie 109 pompiers professionnels.

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