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De plus en plus d’arcades peinent à trouver preneur au centre-ville

Le nombre de magasins à louer a fortement augmenté. Le commerce de détail traverse une mauvaise passe.

En 2017, il fallait compter en moyenne dix-neuf mois avant qu’une arcade commerciale trouve un repreneur.
En 2017, il fallait compter en moyenne dix-neuf mois avant qu’une arcade commerciale trouve un repreneur.
Lucien Fortunati

En faisant du lèche-vitrines au centre-ville, on remarque quantité d’arcades vides ou à louer. De fait, le nombre de magasins qui cherchent preneur à Genève a plus que doublé en cinq ans (+120%). Rien que sur la dernière année, l’Office cantonal de la statistique a enregistré une hausse de 40%. Le taux de surfaces vacantes (1,38% en 2017) n’a jamais été aussi élevé depuis 2005.

Si la quantité de bureaux à louer a commencé à diminuer l’an dernier, ce n’est pas le cas des arcades commerciales. En outre, ces dernières restent plus longtemps vides qu’auparavant. Alors qu’en 2016, il fallait compter en moyenne un an pour trouver un repreneur, cette durée dépasse les dix-neuf mois en 2017. Un quart des magasins vides le sont même depuis plus de trois ans. Dans ce contexte, un nouveau marché est en train de se développer autour des «pop-up stores», certains agents proposant aux bailleurs de louer leurs arcades vacantes pour des ventes éphémères d’un jour, une semaine, un mois ou plus.

Même dans l’hypercentre

Même dans les secteurs naguère très prisés de l’hypercentre, des boutiques ne trouvent pas preneur. «À la rue du Rhône et dans les Rues-Basses, j’ai plusieurs arcades que leurs exploitants souhaitent remettre mais dont personne ne veut, confie Olivier Nimis, patron de la société Remicom, active dans l’immobilier commercial. Il y a quelques années, on ne voyait cela qu’en périphérie. Les magasins bien situés se relouaient très facilement.» Fabio Melcarne, un autre courtier spécialisé dans l’immobilier commercial, relève qu’aujourd’hui, ce sont surtout les grandes surfaces – de 500 m2 et plus – qui peinent à se louer: «Les boutiques se redimensionnent, comme l’Interdiscount des Rues-Basses, qui est passé de 3000 m2 à un peu plus de 100 m2. C’est un phénomène nouveau.»

D’après ces professionnels, le problème ne vient pas de la cherté des loyers: «Ils sont plutôt à la baisse en ce moment, remarque Olivier Nimis. Les propriétaires ont compris que le marché est mauvais.» Pour ce dernier, ce sont surtout la crise économique, le tourisme d’achat et la concurrence d’Amazon, Zalando et autres sites de vente en ligne qui sont en cause. «Le commerce de détail va mal. J’ai vu d’excellents commerçants mettre la clé sous le paillasson parce que les gens se contentent de venir voir le produit qui les intéresse en magasin avant de le commander à moindre prix sur Internet.»

«Pas-de-porte exorbitants»

La présidente de la Fédération du commerce genevois, Fabienne Gautier, relativise l’impact de l’e-commerce: «Les statistiques montrent que seuls 10 à 12% des achats se font en ligne. Les clients aiment quand même toucher la marchandise et l’essayer avant d’acheter. Le problème, c’est que les pas-de-porte que les commerçants doivent payer à la reprise d’une arcade sont souvent exorbitants.»

Selon Fabio Melcarne, c’est le franc fort qui est le principal responsable de cette situation: «L’abandon du taux plancher entre le franc suisse et l’euro, en 2015, a accru le tourisme d’achat en France voisine, tout en faisant fuir la clientèle touristique de Genève.» On note cependant des signes de reprise depuis que le cours de l’euro est remonté.

À l’État, on a conscience de la mauvaise passe que traverse le commerce de détail genevois. Dans le cadre de la stratégie économique 2030, un plan d’action a été élaboré avec l’ensemble des acteurs de la branche. «Nous avons lancé une vaste enquête sur les habitudes de consommation dans le Grand Genève, explique Jacques Folly, délégué au développement économique du commerce. Nous manquions de données dans ce domaine.»

Mieux accueillir la clientèle

L’accent sera également mis sur la formation du personnel en matière d’accueil de la clientèle. «Nous devons redynamiser l’image de la place genevoise. En juin, une plateforme numérique sera lancée pour servir de vitrine à l’ensemble des commerces genevois. Puis nous allons mettre en place un label de qualité unifié.» Jacques Folly estime par ailleurs qu’on peut faire d’Internet un allié et non pas un ennemi: «Un site Web bien conçu permet d’attirer les clients qui, une fois leur choix fait en ligne, viennent acheter ou prendre livraison de la marchandise en magasin, afin de bénéficier de conseils et du service après-vente. Le commerce doit se réinventer.»

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