«Le PLR attend des éclaircissements»

Affaire Mark MullerPrésident du Parti libéral-radical genevois, Alain-Dominique Mauris se dit «très surpris» par l’affaire Muller.

Alain-Dominique Mauris, président du PLR genevois.

Alain-Dominique Mauris, président du PLR genevois. Image: O. VOGELSANG

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Et une mésaventure de plus pour le PLR! Le Parti libéral-radical genevois, après une fusion et des élections difficiles en 2011, doit affronter dès les premiers jours de 2012 les tensions entre Isabel Rochat et la police, puis les ennuis de Mark Muller. Le président du parti, Alain-Dominique Mauris, s’exprime sur cette nouvelle affaire embarrassante en vue des élections cantonales de 2013.

Alain-Dominique Mauris, comment avez-vous réagi en apprenant que Mark Muller était mêlé à une altercation?

J’ai évidemment été très surpris. Je ne connais pas Mark Muller comme un habitué de ce genre de frasques. Il m’a tenu informé de sa version des faits. Je lui ai immédiatement conseillé de prendre un avocat.

Êtes-vous déçu par son attitude?

Avant tout, il faut établir ce qui s’est exactement passé. J’essaie de rester factuel plutôt que de céder à l’émotion. Cela dit, tout élu a une vie publique et une vie privée, mais reste toujours un élu, même dans le privé. Il a évidemment le droit de sortir et d’aller en discothèque. Mais il doit garder une posture à la hauteur de sa fonction, surtout dans un lieu public. Un élu se doit d’avoir un comportement exemplaire. Nous attendons donc des éclaircissements.

Que pensez-vous des excuses présentées par Mark Muller?

Il a fait son mea culpa, ce qui est important. Désormais, il s’agira de mieux comprendre les faits et leur qualification juridique.

N’aurait-il pas dû se dessaisir immédiatement du dossier du déménagement du MàD? Il devait évidemment s’en dessaisir. Ce qui a été fait. On peut discuter pour savoir s’il aurait dû le faire plus tôt, mais le dossier a été transmis à Pierre-François Unger. C’est une bonne chose.

Que va faire le PLR à propos de cette affaire?

Mardi matin, le comité directeur du parti se réunira pour entendre les explications de Mark Muller. Jeudi soir, une assemblée des délégués est prévue. Il y aura forcément une discussion concernant cette affaire. J’ai besoin de connaître le ressenti de la base. Nous sommes déjà en ordre de bataille pour les cantonales de 2013. Il est donc important que tous les membres du parti aient leur mot à dire.

Quelles décisions le PLR pourrait-il prendre?

Mark Muller est conseiller d’Etat, mais il est avant tout membre du PLR. Le parti a le devoir de se protéger et de protéger ses membres. Dès lors, tout est possible. Mais la précipitation est mauvaise conseillère. Il faut du temps pour estimer l’impact d’une affaire de ce genre sur la crédibilité d’un élu.

Le parti pourrait-il demander la démission du magistrat?

Evoquer une démission me paraît prématuré et hors contexte.

Le PLR a connu une fusion délicate en 2011. Cette nouvelle affaire fragilise-t-elle le parti?

Notre parti a quelques mois seulement. Il se construit. Des tensions de ce genre créent évidemment une instabilité, qui peut fragiliser la confiance des membres du PLR. C’est pourquoi je souhaite renforcer les liens avec la base.

Après les affaires des villas à prix d’ami, du sept-pièces et du MàD, Mark Muller pourra-t-il se représenter en 2013?

Il est prématuré de répondre. Ce qui importe, c’est de définir les valeurs que le PLR veut défendre, puis de savoir qui les incarne le mieux. Nos élus actuels (ndlr: Mark Muller, Isabel Rochat et François Longchamp) sont-ils les mieux placés? La question va forcément se poser. Le moment venu, nous tirerons un bilan global de chaque élu. Je m’engage à aller au bout de ce processus.

Créé: 15.01.2012, 22h33

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Le PLR communique prudemment

Dans un communiqué aux membres et sympathisants du Parti libéral-radical, Alain-Dominique Mauris communique dimanche soir la position prudente de son parti concernant l'affaire Muller:

«Mark Muller a eu l’occasion d’admettre que son comportement n’avait pas été adéquat, qu’il le regrettait et s’en excusait».

«La Présidence du PLR prend acte de ses explications et de ses regrets. Mark Muller apportera à la justice les informations nécessaires pour que toute la lumière soit faite le plus rapidement possible sur cette affaire».

«A ce stade, la Présidence tient à préciser qu’elle attend des Conseillers d’Etat un comportement irréprochable et digne en toutes circonstances. Elle se fondera sur les conclusions de la justice pour se déterminer sur la suite à donner à cette affaire».