Le plateau des Glières... Les ascensions de la région à vélo (5/6)

DécouverteAccéder en pédalant au site des Glières, lieu de souvenir, reste un morceau de bravoure.

Vidéo: Georges Cabrera / Musique: diSoul

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Attention, il ne faut pas se fier au titre. Ce n’est qu’un effet de style, un jeu d’homonymie. Il n’y a que les géants du Tour de France qui peuvent gravir sur la «grosse plaque», la route en lacets qui mène au plateau des Glières. Là aussi, il ne faut pas se fier aux apparences. Mais plutôt prendre garde à ce joli serpentin de bitume qui quitte Thorens-Glières en pente douce. Le décor est bucolique, presque trop. Il s’ouvre sur la vallée de la Fillière. Devant, encadrée par les escarpements de la Tête du Parmelan et de la montagne de Sous-Dine, la chaussée s’échappe au loin, absorbée par la végétation. Elle réserve ses mystères au cycliste qui s’y aventure…

Mais reprenons par le menu. Pour se mettre en appétit, un amuse-bouche s’impose. Précaution d’usage: ne pas attaquer un col à froid, le ventre vide et le corps ramollo. D’Etrembières à Cruseilles, la route qui sinue à flanc du Salève est une parfaite mise en jambes. Au pied du Sappey, elle vous fait même l’offrande d’une descente enrubannée. Puis, elle se déguise en toboggan et vous précipite vers Groisy. Dommage, il est trop tôt pour se mettre à table. Pour le cycliste qui passe, l’auberge de Philippe Noël est une tentation, un cadeau empoisonné!

Fini de rouler les mécaniques

On file tout droit, sans s’arrêter. On est entré en résistance. Bourgade paisible, berceau de Saint-François-de-Sales, Thorens-Glières est une porte de la mémoire. Devant l’église, on met pied à terre. Le temps de souffler un peu, de s’imprégner d’une ambiance. Il y a septante ans, la fureur et l’héroïsme des hommes ont marqué l’histoire de ce coin de pays. C’est par la rue du Capitaine-Anjot que l’on se remet en selle. Cap sur la montagne, le maquis, sur les pas des résistants de Haute-Savoie, tombés là-haut, quinze kilomètres plus loin, au champ d’honneur.

En fait, la vraie montée (9 km) ne commence qu’après la chapelle de Salle, à Usillon, au lieu-dit Nant-Sec. Jusque-là, elle s’était levée comme un couche-tard, sans se presser. Mais brusquement, la voilà qui se dresse, s’entortille autour d’un mât imaginaire. Une forêt de sapins est son refuge. Plus question de rouler les mécaniques, de faire chauffer le grand plateau. Au bord du talus, des panneaux affichent à chaque kilomètre le dénivelé à venir. Cruels, ils restent bloqués à 9%. Un cycliste averti n’en vaut pas forcément deux! Il en bave, tout seul, sous la bruine qui accompagne son ascension en colimaçon. Son compteur s’est aussi figé, il frise les 10 km/h. Une allure d’escargot.

Le nez au guidon

Faire les cols buissonniers a au moins un avantage. A l’heure de la récréation, ils se terminent toujours en apothéose. Ici, la délivrance est même anticipée. Passé l’obscur col du Collet, la fin de l’escalade est une gourmandise servie sur un large plateau verdoyant, couvert de pâturages et cerné de falaises calcaires.

La quiétude des lieux invite à la contemplation. Elle ne suggérerait pas le drame dont elle fut le théâtre s’il n’y avait cette étrange œuvre d’art posée en son cœur. Le Monument national à la Résistance sert de phare. Il rappelle la terrible lutte des maquisards face à la milice de Vichy et aux soldats du IIIe Reich. Un sentier historique retrace les événements de 1944, de la tragédie à la libération.

Mais il est temps de reprendre la route. En fait, un chemin de terre, caillouteux mais carrossable pour qui a bien gonflé ses pneus ou ses boyaux. La traversée du plateau des Glières se fait au pas de l’âne, le nez au guidon. On peut aussi prolonger la halte chez Constance ou chez Regina. Mais autant éviter la tartiflette!

La descente sur le Petit-Bornand est vertigineuse avec ses lacets tortueux et son balcon sur la vallée de la Borne. Enserrée dans la gorge, elle adoucit heureusement sa voie en filant vers Saint-Pierre-en-Faucigny. La suite de l’itinéraire est une promenade de santé, bien méritée.

Créé: 21.08.2014, 18h39

Carte du parcours

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