Une plante d’aquarium a envahi le Bois-des-Mouilles

GenèveL’étang sera en partie asséché pour éliminer l’intruse, introduite dans cette réserve naturelle par des lâchers de poissons.

La jussie de Kent a proliféré au Bois-des-Mouilles grâce aux étés secs de ces dernières années.

La jussie de Kent a proliféré au Bois-des-Mouilles grâce aux étés secs de ces dernières années. Image: DR

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L’étang du Bois des Mouilles, à Loëx, devra être en grande partie asséché pour éliminer une plante exotique envahissante. Couramment utilisée dans les aquariums, la jussie de Kent, espèce hybride, a colonisé la réserve naturelle au détriment de la végétation locale.

Ressemblant à sa cousine indigène, la jussie des marais, l’intruse a longtemps trompé les spécialistes. «Pendant des années, nous avons cru qu’il s’agissait de la jussie des marais, raconte Emmanuelle Favre, responsable du programme flore à l’Office cantonal de l’agriculture et de la nature (OCAN). Mais nos connaissances se sont affinées et nous avons remarqué que la plante qui avait colonisé l’étang et ses abords ne produisait pas de graines matures.» Des analyses ADN et les recherches d’une botaniste des Conservatoire et Jardin botaniques de la Ville de Genève ont permis de confirmer les soupçons.

Bien que stérile, la jussie hybride, issue d’un croisement effectué par l’homme, se multiplie par clonage et possède un très fort pouvoir de colonisation. «Elle occupe désormais tout le pourtour de l’étang, ainsi que la saulaie voisine, précise Emmanuelle Favre. Cette plante amphibie, qui vit aussi bien sous l’eau que sur la terre, a profité des étés secs de ces dernières années pour proliférer. Elle a ainsi colonisé les rives de l’étang, asséchées durant l’été, dont elle chasse les plantes indigènes très intéressantes qui ne poussent là qu’à cette saison.» La jussie a déjà été vue en d’autres lieux du canton.

Vu qu’elle est très appréciée en aquariophilie, on suppose qu’elle s’est implantée au Bois des Mouilles après que quelqu’un y a relâché des poissons d’aquarium. Un geste à proscrire, même si on ne veut plus de son poisson rouge: «Non seulement vous risquez d’introduire des plantes exotiques envahissantes, explique Emmanuelle Favre, mais votre poisson peut transmettre des maladies aux espèces indigènes ou menacer les populations de batraciens en mangeant leurs œufs.» Des écriteaux seront installés sur place pour sensibiliser le public. L’étang, qui est une zone d’importance nationale pour les batraciens, souffre justement aussi d’une surpopulation de poissons. Ceux-ci devront donc être capturés pour être relâchés ailleurs.

La saulaie bordant la partie est de l’étang étant d’un grand intérêt pour la biodiversité, l’OCAN a choisi de limiter les travaux et la jussie hybride devra être arrachée à la main. «Nous savons que nous n’allons pas l’éradiquer complètement, confie Emmanuelle Favre. Pendant au moins cinq ans, il faudra faire un suivi régulier pour l’empêcher de revenir.» Les travaux, qui devraient durer quinze jours, sont prévus pour cet été.

Créé: 06.03.2019, 19h34

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