Plan-les-Ouates s’active pour sauver sa distillerie

GenèveLa Mairie a trouvé un accord avec les propriétaires de ce lieu emblématique de Saconnex-d’Arve. Le Municipal doit encore se prononcer.

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Les alambics de la plus grande distillerie de Genève pourraient continuer à chauffer. «Les propriétaires du bâtiment de Saconnex-d’Arve ont accepté notre proposition d’achat», a annoncé Thierry Durand, magistrat Vert de Plan-les-Ouates, lors du dernier Conseil municipal. La balle est désormais dans le camp du pouvoir législatif. Les municipaux décideront en décembre s’ils allouent ou non le crédit nécessaire à l’acquisition de la bâtisse. Ni la Commune ni les propriétaires n’ont voulu dévoiler le montant sur lequel ils se sont accordés.

A la rue en cas de fermeture

L’achat de la maison par la Municipalité mettrait un terme à plusieurs mois d’incertitude pour les quatre distillateurs du lieu. Daniel Brenner, René Wanner, Alain Choiral et Sylvia Schibli ont appris ce printemps la résiliation de leur bail. Les propriétaires de la maison, la famille Zumbach, leur donnaient alors jusqu’à la fin d’août pour déménager leurs alambics.

Mais malgré la prolongation de ce délai jusqu’à la fin de l’année, les bouilleurs n’ont toujours pas trouvé de solution pour continuer leurs activités au bout du lac. «Je mets des annonces, j’envoie des mails, je rencontre des gens, mais je n’ai pas d’autres locaux, confie René Wanner, producteur d’absinthe. On me propose des lieux, mais avec des loyers cinq à six fois plus chers que ce que je paie ici. Je ne peux pas du jour au lendemain multiplier d’autant ma production!»

Sylvia Schibli et Alain Choiral, producteurs de digestifs à boire congelés, ne sont pas mieux lotis: «Nous n’avons pas d’alternative. Il y avait des possibilités de déménager dans le canton de Vaud, mais ça n’a pas de sens, on fabrique des produits du terroir, il faudrait tout reprendre à zéro! Si la distillerie ferme, nous serons tous à la rue.»

Dès 1895 à Plan-les-Ouates

Le Conseil administratif veut à tout prix éviter de voir disparaître un savoir-faire artisanal emblématique de Plan-les-Ouates. «Il y a un attachement de la population à ce lieu, il fait partie de notre patrimoine, souligne la maire PDC, Geneviève Arnold. Il faut pouvoir le préserver.»

La distillerie de Saconnex-d’Arve est, avec celle de Sézenove, l’une des deux dernières brûleries du canton. Installée à Plan-les-Ouates en 1895, elle occupe son emplacement actuel depuis 1930. La famille Zumbach a racheté la bâtisse en 1963. Les enfants des acquéreurs souhaitent aujourd’hui s’en séparer. «Plus personne de notre génération ne distille, explique Gilles Zumbach, copropriétaire du lieu avec ses trois cousins. Ça n’a pas de sens de la conserver. Nous avons pensé à réaffecter le bâtiment, beaucoup d’entreprises cherchent des locaux à Genève. Mais la proposition de la Commune nous a semblé la meilleure. Nous serions heureux si on continuait à distiller dans ce lieu qui a une histoire.»

Des municipaux hésitants

Si la maire de Plan-les-Ouates est convaincue de l’intérêt d’acquérir la maison, la décision finale revient au Conseil municipal. Et pour l’heure, le débat n’est pas gagné. «On part plutôt avec un a priori négatif, il faudra vraiment nous convaincre, confie Philippe Rochetin, chef du groupe PDC. Si nous comprenons l’argument de la défense du patrimoine, nous craignons que le bâtiment nécessite d’importants travaux de rénovation. Plan-les-Ouates a une certaine aisance financière, mais il ne faut pas aller dans la démesure.»

Du côté du PLR et des Vert’libéraux, on se demande si «c’est vraiment le rôle d’une Commune d’engager des deniers publics pour sauver ce type d’institution», note le PLR Roberto Righetti. Denis Thorimbert, Vert’libéral, conclut: «Nous attendons du Conseil administratif un dossier complet présentant à la fois le coût d’acquisition du bâtiment, le montant des éventuels travaux à effectuer, le coût d’entretien et les intentions de la Commune pour ce lieu.»

Sur ce dernier point, la maire reste prudente. Elle évoque la possibilité d’y développer des spectacles culturels et des rencontres entre habitants. «L’idée est de faire vivre l’endroit tout en préservant la distillerie, souligne-t-elle. Il faut qu’on monte un projet.» Geneviève Arnold peut en tous les cas compter sur le soutien indéfectible du MCG et des socialistes. «On soutient le projet peu importe le montant, confirme le chef du groupe socialiste, Richard Jeanmonod. Ce n’est pas raisonnable mais sentimental! C’est quand même là que la Williamine a été inventée!» (TDG)

Créé: 17.11.2014, 17h27

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