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Quand Plan-les-Ouates se mue en promoteur

Le Conseil municipal devait se prononcer sur un montant de 76 millions de francs pour la construction de trois immeubles aux Sciers.

À droite, l’école primaire Le-Sapay. À gauche, le terrain sur lequel seront construits les futurs immeubles.
À droite, l’école primaire Le-Sapay. À gauche, le terrain sur lequel seront construits les futurs immeubles.
Georges Cabrera

Une séance de sept minutes pour un crédit de 76 millions de francs. Cela fait cher la seconde! Mardi soir, le Conseil municipal de Plan-les-Ouates a battu deux records: celui de la plénière la plus courte de son histoire et du plus haut montant présenté dans une délibération. En jeu: la construction de trois immeubles dans le nouveau quartier de La Chapelles-Les Sciers, derrière le Bachet-de-Pesay, à cheval entre Lancy et Plan-les-Ouates.

«Une question de délai»

Précisons tout de même: si la séance a duré aussi peu de temps, c’est qu’il n’y a pas eu de débat. Le texte a été renvoyé en commission sans l’ombre d’une discussion. Seul le libéral-radical Pierre-Antoine Rieben s’est fendu d’un: «Est-ce que ça valait vraiment la peine de déplacer autant de monde pour une information qui aurait pu être transmise lors du prochain municipal?»

La question mérite d’être posée. Elle a sa réponse: «C’est une question de délai», précise la magistrate chargée de l’Aménagement, Fabienne Monbaron. Le Conseil administratif souhaite pouvoir démarrer les travaux dès que les autorisations de construire seront délivrées. La délibération repassera devant le Conseil municipal en septembre. Pourrait-elle être refusée? «Depuis le temps qu’on en parle, cela ne devrait pas poser de problème, d’autant plus que nous avons déjà acheté les parcelles», répond, confiant, Thierry Durand, magistrat chargé des Finances.

Maîtriser le développement

Le Vert fait partie des élus les plus convaincus par l’opération immobilière en cours. Une initiative similaire est d’ailleurs projetée dans le futur quartier des Cherpines. Mais quel est l’intérêt pour une Municipalité de se substituer aux promoteurs? «Il est double, répond Thierry Durand. D’une part, cela nous donne notre mot à dire sur les constructions; d’autre part, la plus-value des loyers reste en mains publiques.» Le magistrat ajoute que la Commune peut également fixer ses propres critères d’attribution et proposer des logements aux loyers plus abordables.

Une volonté politique

Pourquoi dans ce cas ne construire que trois des dix-sept bâtiments prévus sur le périmètre des Sciers? «Le but n’est justement pas de prendre la place des promoteurs immobiliers, répond l’argentier de la Commune. Nous effectuons ces opérations uniquement lorsqu’un quartier entier sort de terre et nous n’avons pas besoin de posséder tous les immeubles. Si nous maîtrisons les bâtiments situés à des emplacements stratégiques, tout le monde est obligé de venir discuter avec nous. Cela suffit pour avoir un contrôle sur le développement de l’ensemble du quartier.»

Pour Thierry Durand, l’opération résulte avant tout d’une volonté politique. La situation financière confortable de Plan-les-Ouates ne joue-t-elle aucun rôle? «Les 76 millions de francs? On les emprunte auprès des banques, précise-t-il. Et si un jour, nous avons besoin d’argent, nous pourrons toujours vendre les bâtiments.»

Plan-les-Ouates n’est pas à son coup d’essai en la matière. La Commune possède déjà quelque 450 appartements sur son territoire, dont une grande partie dans le quartier du Pré-du-Camp. Les loyers versés lui rapportent plusieurs millions de francs par an.

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