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Plainte de trois antispécistes: la Tribune de Genève blanchie sur l'essentiel

Le Conseil de la presse balaie l’accusation de «dénaturation des propos» et «méthode déloyale», mais retient la non-correction d'une erreur dans la version papier du quotidien.

Image d'archive: le 25 mai 2018, vue depuis une boucherie de Carouge caillassée par des militants antispécistes.
Image d'archive: le 25 mai 2018, vue depuis une boucherie de Carouge caillassée par des militants antispécistes.
Laurent Guiraud

Le Conseil de la presse blanchit la Tribune de Genève de l’accusation de «dénaturation des propos, de méthode déloyale et de non-respect de la dignité humaine» suite à la plainte que trois figures de l’antispécisme romand avaient déposée à l’encontre du journal et de l’auteure d’un article sur l’antispécisme.

«Toutes les citations ont été relues»

Le sujet «Pourquoi les casseurs épargnent le halal» publié en juillet 2018 avait vu Virginia Markus, Elisa Keller et Pia Shazar adresser une plainte au Conseil suisse de la presse, en août dernier. Elles reprochaient notamment à l’auteure de l’article et à la Tribune de Genève de leur attribuer des propos qu’elles n’avaient pas tenus et d’autres qui avaient été sortis de leur contexte, ce qui représenterait une violation du chiffre 3 (dénaturer un texte) de la Déclaration des droits et devoirs du/de la journaliste. «Après analyse des nombreux échanges de courriels entre les parties, le Conseil de la presse estime que ce n’est pas le cas. En effet, toutes les citations ont été relues et âprement négociées entre l’auteure et les personnes interviewées. Par ailleurs, suffisamment de temps a été accordé à la relecture», résume la prise de position de l’instance consultative. Dès lors, il n’est pas loisible d’affirmer que ces citations ont été dénaturées et sorties de leur contexte.»

«C’est au journaliste de donner un angle»

Les trois militantes reprochaient aussi à l’auteure de les avoir trompées sur le sujet de l’article, soit la convergence entre antispécisme, antiracisme et pensée décoloniale pour angler sur le caillassage de boucheries, ce qui représenterait une violation de l’article 4 (méthodes déloyales pour obtenir une information) de la Déclaration. «Le Conseil suisse de la presse ne voit pas en quoi l’article 4 a été violé. C’est au journaliste qu’il appartient de donner un angle à son article. De plus, il ressort de la correspondance que jamais la journaliste ne s’est engagée à ne pas parler des caillassages. Elle n’a donc pas utilisé des méthodes déloyales pour obtenir des informations», poursuit l’instance consultative dans sa prise de position.

Les plaignantes estimaient enfin que l’article les rabaissait à des «casseurs racistes et incohérents» (violation de l’article 8 de la Déclaration), ce que le Conseil suisse de la presse n’a pas retenu, puisqu'«il n’est à aucun moment fait mention que les trois femmes auraient accompli des caillassages».

Erreur pas corrigée sur le print

En revanche, le Conseil suisse de la presse estime que la Tribune de Genève «a bel et bien violé le chiffre 5 de la Déclaration des droits et des devoirs du/de la journaliste» concernant la rectification d’une information erronée. Virginia Markus avait été présentée à tort comme «porte-parole de l’association 269 Libération animale» alors qu’elle était en réalité une «militante antispéciste» indépendante. Corrigée immédiatement sur internet, cette information «aurait également dû être rectifiée sur la version papier du journal», soutient l’instance consultative, qui donne raison aux plaignantes dans ce cas précis et admet partiellement la plainte.

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