Pierre de Preux et Guerric Canonica reprennent la défense de Tariq Ramadan

JusticeLes ténors Marc Bonnant et Yaël Hayat sont écartés. L’islamologue a choisi un autre duo pour le défendre à Genève, où il est accusé de viol.

Les avocats Pierre de Preux et Guerric Canonica assureront la défense de Tariq Ramadan à Genève.

Les avocats Pierre de Preux et Guerric Canonica assureront la défense de Tariq Ramadan à Genève.

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C’était dans l’air depuis quelques jours. Les avocats Marc Bonnant et Yaël Hayat choisis en novembre par Tariq Ramadan pour défendre ses intérêts en Suisse ont été remerciés par l’islamologue, selon la RTS. C’est Me Pierre de Preux, ancien bâtonnier genevois, réservé à l’égard des médias, qui a repris le flambeau avec son associé Me Guerric Canonica, a annoncé celui-ci ce mardi à la «Tribune de Genève».

«Je vous confirme notre constitution, Pierre de Preux et moi-même, au soutien des intérêts de Tariq Ramadan dans la procédure genevoise», communique Guerric Canonica, sans faire davantage de commentaires à ce stade. Le trentenaire défend l’un des auteurs présumés du drame de Saint-Jean. Il est aussi intervenu pour le compte du bar le Rooftop après l’agression d’un client, depuis décédé.

Me Pierre de Preux est quant à lui connu pour avoir défendu le demi-frère d’Oussama ben Laden, au début des années 2000, dans son combat contre la publication d’un livre. Par la suite, il a été mandaté par des employés de la mosquée du Petit-Saconnex, alors licenciés. En 2009, il a porté jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme un recours contre l’initiative interdisant les minarets en Suisse.

Pourquoi ce changement? Personne ne veut s’exprimer sur ce point. Mais selon nos informations, le jeu des chaises musicales est orchestré par le mystérieux Lotfi Bel Hadj, qui oeuvre en coulisses pour défendre Tariq Ramadan. L’entrepreneur franco-tunisien, actif dans le digital et la cryptomonnaie, avait déjà écarté le premier avocat français de Tariq Ramadan pour le remplacer par Me Emmanuel Marsigny. Personnage égocentrique, Lotfi Bel Hadj s’exprime depuis peu dans les médias pour justifier son action, à savoir défendre la présomption d’innocence du prévenu et oeuvrer pour le bien de la communauté musulmane.

«Vent de panique»

Les deux premiers avocats genevois réagissent tout en diplomatie à leur éviction. «Je ne suis plus l’avocat de Tariq Ramadan depuis lundi. Je l’ai appris de sa part. Il n’a pas de raison à me donner. Je pense qu’il a souhaité un nouveau souffle, qu’il veut changer de stratégie. Cela me va très bien», déclare Me Bonnant, précisant n’avoir eu «aucune divergence, aucune querelle» avec son client.

«Je prends acte de la décision de Tariq Ramadan, exprime pour sa part Me Hayat. Je n’en connais pas tous les contours mais je sais qu’elle n’intervient pas de son propre mouvement. Les coulisses ne sont pas d’un grand intérêt. Je pense que ce qui doit surtout être retenu de l’actualité de Monsieur Ramadan, c’est son maintien en détention que je déplore. J’espère par-dessus tout qu’il retrouvera bientôt sa liberté.»

Après trois plaintes pour viol déposées en France contre Tariq Ramadan et une quatrième aux États-Unis pour agression sexuelle, une cinquième a surgi le 13 avril à Genève. Une Suissesse, «Brigitte», l’accuse de séquestration, contrainte sexuelle et viol avec la circonstance aggravante de la cruauté, pour des faits remontant à 2008. Avocat genevois de la plaignante, Me Romain Jordan n’entend pas se prononcer sur ce changement de défenseurs: «Je me contenterai de relever que le vent de panique venu de Paris suite aux aveux du prévenu souffle maintenant à Genève.»

Tariq Ramadan a toujours nié les accusations portées contre lui. Mais depuis la mi-avril, il a reconnu - par la voix de Me Marsigny - avoir eu «une relation» avec la troisième plaignante française, sans en préciser la nature.

Procureur genevois en piste

A Genève, la procédure est en marche. Selon nos informations, cette affaire sensible revient à un premier procureur, Adrian Holloway. Un magistrat discret qui a instruit l’affaire du rodéo de la rue de Lyon, mais aussi celle d’un jeune homme condamné en 2015 à 8 ans de prison assorti d’un internement pour viol et tentative de meurtre. (TDG)

Créé: 08.05.2018, 15h04

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