Pierre, un médecin d’un nouveau genre

JeunevoisMédecin et informaticien à 29 ans, Pierre Starkov donne un coup de fouet digital au monde médical

Pierre Starkov

Pierre Starkov Image: Yelena Saltini

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«Je me réjouis de stresser. En vrai, à part ça, je me réjouis de ne plus avoir de vie et de faire ça tout le temps.» Pierre Starkov jubile. Sa start-up «Stethup» est en pleine expansion. Ce jeune homme de 29 ans a modernisé un outil emblématique de la médecine grâce à son stéthoscope connecté. Cet outil technologique doit permettre aux patients de surveiller leur respiration depuis chez eux. Un projet à but humanitaire, mais qui sera sûrement disponible en Suisse. Il a aussi créé une application afin de pré-commander à prix cassés ses boissons en prévision d’une sortie au bar. Son parcours est atypique. Il obtient sa maturité en 2009 au collège Calvin. À l’université, il choisit médecine à Genève. La sélection est rude, mais cela ne le décourage pas. Les difficultés ne l’arrêtent pas. «La première année, c’était top! Il y avait du challenge et je passais tout mon temps à la bibliothèque à apprendre des trucs. Oh yes! Je suis en train de m’armer!» Il passe aisément ses examens avec succès. En deuxième année, le rythme est moins soutenu et il s’ennuie presque. Alors, pour s’occuper, il exerce en parallèle trois petits boulots de répétiteur, d’animateur et d’aide comptable. Son agenda bien chargé ne le dissuade pas de passer un second bachelor. Après avoir pesé le pour et le contre, il décide finalement de mener en parallèle à la médecine un cursus en informatique. «En troisième année de médecine, j’étais en première d’info. Après, j’ai fait une pause d’un an en médecine pour faire la deuxième et troisième années d’info.» Après six années sur les bancs de l’université, il décroche son diplôme de médecine ainsi qu’un bachelor en informatique.


Avec ce background inhabituel, il se qualifie de «médecin ingénieur avec l’envie de devenir entrepreneur». D’origine russe, il a quitté son pays très jeune, suivant son père, un mathématicien de talent qui s’est laissé tenter par les opportunités européennes. Après une année en Allemagne, sa famille s’installe à Genève et il y reste. Pierre y passe donc l’essentiel de sa vie. Se sentant chez lui, il décide de franciser son prénom. Né Piotr, il deviendra Pierre à l’adolescence. «Je voulais faire plus suisse que suisse. Je me sentais bien ici. Je ne sais pas... ça me semblait logique.» Devenu suisse, il n’hésite pas à s’évader lorsqu’il en a l’opportunité. Ainsi, il passe un semestre à l’université de Stanford à la fin de ses études en médecine. Un séjour motivé par la jalousie. Un de ses amis, Nicolas, est parti étudier à Harvard. Ébloui par le prestige propre aux universités américaines, tel un enfant enviant la console de son camarade, il veut faire la même chose. Il déniche une place de chercheur au sein d’un laboratoire et contribue à une recherche sur les textures des cancers pulmonaires afin d’ajuster le traitement des patients.

«J’ai passé trois mois à vivre la nuit»

Loin d’oublier son projet de start-up, cette expérience lui a donné des ailes. Est-ce l’effet du «rêve américain»? Dès son retour, il se concentre sur son projet. «J’ai passé trois mois à vivre la nuit pour que personne ne me dérange. Je ne sortais plus de chez moi.» La journée, Pierre travaille à l’hôpital et la nuit, il se focalise sur ce qui deviendra «Stethup». Un investissement qui portera ses fruits car son projet séduit notamment le CSEM (Centre suisse d’électronique et de microtechnique) de Neuchâtel. Un centre qui lui offre la possibilité de se consacrer entièrement au développement de sa start-up. Son parcours hors norme et ses succès ont eu un revers: il s’est senti seul durant ses études. Ses collègues se consacraient uniquement à leur bachelor, tandis que Pierre se heurtait à une certaine incompréhension. Pourquoi allier médecine et informatique? Deux branches qui semblent incompatibles à leurs yeux. De ce sentiment, il a tiré un autre projet: créer une fondation pour inciter les étudiants de demain à suivre sa voie. «Si un jour j’ai assez d’argent, ce que j’aimerais bien, c’est créer une fondation pour aider les étudiants à suivre un double cursus comme moi.»

Des parents mathématiciens

«Je ne pense pas que j’ai des grandes capacités intellectuelles. Je pense juste que je n’ai rien à perdre. Si je me loupe, so what? Je m’en fiche en fait. Au moins, j’apprendrais quelque chose. Il n'y a que comme ça qu’on apprend.» Vous l’aurez compris, Pierre ressent le besoin d’être stimulé en permanence. Une passion qui trouve sa source chez ses parents, tous deux mathématiciens, l’un dans la recherche, l’autre dans les affaires. «Ma mère veut faire du profit. Mon père veut beaucoup bosser. Moi je veux beaucoup bosser et faire du profit. Le pire des deux! Je suis l’enfant des démons!»

Créé: 19.12.2018, 15h05

Où le rencontrer:

La Gravière, une boîte de nuit.

L’Usine, une boîte de nuit: Il aime bien les clubs undergrounds.

Le Kraken, un bar.

Le Tortellino, un restaurant: Il y va avec son père car il l’aime bien.

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