Pierre Maudet est mis à l’écart par le Conseil d’État, mais pas trop

Voyage d’Abu DhabiL'élu PLR garde son département, sauf les liens avec le pouvoir judiciaire et avec l’Inspection générale des services. En revanche, sa présidence du Conseil d’État est davantage touchée.

Pierre Maudet

Pierre Maudet Image: Laurent Guiraud

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À 14 h 15 précises, mercredi, les sept membres du Conseil d’État entrent dans la salle de presse, suivis de la chancelière. C’est Pierre Maudet, le président du gouvernement, qui ouvre la marche, le visage fermé et grave. Ce n’est toutefois pas lui qui prend la parole en premier comme le veut le protocole. Elle Antonio Hodgers, le vice-président. Il annonce les «mesures organisationnelles» décidées par le collège concernant Pierre Maudet «en raison de la situation grave et inédite». Celle-ci est bien entendu créée par les soupçons pesant sur les conditions de financement de son voyage à Abu Dhabi en 2015.

En voici la synthèse. Premier point: Pierre Maudet conserve ses titres de président du Département de la sécurité et de président du Conseil d’État. Deuxième point: il laisse «temporairement» au vice-président ses prérogatives en tant que chef du gouvernement de représentation extérieure, de représentation auprès du Grand Conseil, ainsi que de préparation et de présidence des séances du collège gouvernemental. Là, ce n’est pas du léger.

Il garde l’Aéroport…

Le magistrat conserve toutefois la haute surveillance sur l’Aéroport, alors qu’une attribution de marché public concernant l’établissement autonome pourrait potentiellement entrer le périmètre de l’enquête. La raison? «Nous nous en sommes tenus à une lecture à la lettre du communiqué du Ministère publique, explique Antonio Hodgers. Or il n’y est pas fait mention de l’Aéroport.»

Troisième point: toutes les relations institutionnelles avec le pouvoir judiciaire, qui incombent au président de la Sécurité, seront assurées par Mauro Poggia, le conseiller d’État suppléant du département. C’est donc bien l’élu MCG qui signera avec Olivier Jornot, le 12 septembre, la nouvelle convention de politique commune de lutte contre la criminalité.

Il en va de même pour les liens avec l’Inspection générale des services (qui appuie le Ministère public dans l’enquête sur M. Maudet). Selon Antonio Hodgers, ces deux décisions permettent d’assurer «une étanchéité totale entre tout ce qui gravite autour de l’enquête et le conseiller d’État».

… ainsi que la police

Pour le reste de ses fonctions, Pierre Maudet conserve toutes ses prérogatives. «Cela signifie qu’il demeure le supérieur hiérarchique de la police, police judiciaire comprise», précise le vice-président, répondant à une question. Pierre Maudet ajoute alors que la police judiciaire est placée sous l’autorité du Ministère public. «Je ne suis jamais intervenu dans une enquête, et je ne le ferai jamais», enchaîne-t-il.

Six jours après le cataclysme politique provoqué par le communiqué du MInistère public annonçant qu’une instruction avait été ouverte contre l’élu PLR pour soupçon d’acceptation d’un avantage dans le cadre de ses fonctions, le collège gouvernemental a donc tranché. Pourquoi l’avoir fait de cette manière? «Notre objectif essentiel est la préservation de la crédibilité et du fonctionnement serein des institutions, répond le vice-président. Les votes ont été acquis à l’unanimité. Il ne nous appartient pas faire le procès de M. Maudet, mais de faire en sorte que l’État fonctionne. Laissons la justice faire son travail.»

Maudet promet de parler

Pressé de questions par les journalistes, Pierre Maudet a semblé par moments se mordre les lèvres pour ne pas s’épancher. «Avez-vous songé à démissionner?» lui demande-t-on. Bref, et inhabituel, silence. «Je réserve ma réponse à cette question et à d’autres pour une communication ultérieure, que je ferai à brève échéance, promet-il. Ici, c’est une conférence de presse du Conseil d’État. Je ne veux pas l’engager sur ces points.» Impossible d’en savoir plus pour l’instant.

Ce qu’on sait en revanche, c’est que les dispositions prises mercredi resteront en vigueur aussi longtemps que l’évolution du dossier le justifiera. Ce qui signifie qu’elles pourront être révoquées, mais également revues dans un sens plus restrictif pour le conseiller d’État. (TDG)

Créé: 05.09.2018, 18h44

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