«On peut être féminine et féministe»

Société«Sexy comme au Crazy» c’est le nom de l’atelier proposé par Leslie Louis-Jean, ancienne danseuse du cabaret parisien.

Leslie Louis-Jean: «Pour moi, la féminité est plutôt un état d’esprit, une manière de vivre au quotidien».

Leslie Louis-Jean: «Pour moi, la féminité est plutôt un état d’esprit, une manière de vivre au quotidien». Image: Lucien Fortunati

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Les paillettes, les lumières, les femmes nues, les nuits parisiennes décadentes, voilà ce qu’évoque le nom du Crazy Horse.

Une de ses anciennes danseuses, Leslie Louis-Jean, devenue sophrologue et coach en féminité, proposait cette semaine un atelier au centre culturel genevois Foound: «Sexy comme au Crazy». Elle sera de retour dans la Cité de Calvin en novembre. Rencontre sur fond de questionnements sur la féminité, #metoo et dénonciation du harcèlement de rue.

Comment êtes-vous arrivée au Crazy Horse?

J’ai une formation de danse classique, le parcours habituel d’une jeune fille qui adore danser. Je cherchais une place dans une troupe contemporaine, voire néoclassique, mais malheureusement je ne trouvais rien. C’est un de mes professeurs qui m’a conseillé le Crazy Horse. Je savais que c’était un cabaret, pas forcément ce vers quoi je voulais m’orienter. J’ai quand même passé les auditions. Je suis allée voir le spectacle, c’était tellement magique et féerique que ça m’a vraiment donné l’envie de faire partie de cette troupe. J’ai été prise et cela a été le début d’une grande aventure. Les débuts n’ont pas été faciles. Tu dois réapprendre à danser de façon à mettre ton corps en valeur. Moi qui n’étais bien qu’en baskets, apprendre à déambuler en talons hauts m’a pris du temps!

Que pensez-vous de l’exposition du corps féminin?

Le Crazy Horse, c’est le spectacle, le mythe, l’extravagance. Mais il n’y a jamais de vulgarité. Au contraire, la femme est sublimée grâce aux postures, aux effets de lumières. Ce sont de vraies artistes sur scène, qui travaillent dur et avec beaucoup de discipline pour offrir une expérience unique aux spectateurs. La femme de la scène n’est pas la femme de la vie de tous les jours. Cet aspect était plus difficile à gérer, notamment avec les hommes que je rencontrais. À partir du moment où je mentionnais que j’étais danseuse au Crazy Horse, les regards changeaient. Je n’étais plus Leslie, j’étais un steak saignant. Pour moi, ce n’était qu’un travail, en aucun cas quelque chose qui me définissait. Au bout d’un moment, je disais simplement que j’étais danseuse.

Pourquoi avoir commencé à organiser des ateliers «Sexy comme au Crazy»?

J’ai beaucoup discuté avec des amies et des femmes autour de moi de cette grande question de savoir ce qu’est la féminité et à quel point celle-ci peut et doit s’exprimer. Pour moi, la féminité est plutôt un état d’esprit, une manière de vivre au quotidien. Une femme qui se sent bien, à l’aise avec elle-même, qui assume sa personnalité et ses envies est extrêmement féminine. Je veux pouvoir aider les femmes à reprendre confiance en elles de façon ludique et les amener à exprimer ce qu’elles ressentent au fond d’elles par la danse. C’est vrai que le nom de l’atelier intrigue, les personnes qui viennent pour la première fois le font plutôt par curiosité, mais elles reviennent souvent. Mes cours commencent à rencontrer un certain succès.

Avez-vous reçu des critiques?

Bien sûr. Je suis active au niveau d’un certain nombre de réseaux de femmes et certaines m’ont reproché de vouloir «objectifier le corps de la femme» et d’aller à l’encontre des mouvements actuels. Je ne peux pas faire l’unanimité, mais j’invite ces personnes à essayer mon cours. Je pense que l’on peut très bien être féminine et féministe. L’un et l’autre ne sont pas incompatibles. J’ai l’impression qu’il y a aujourd’hui une sorte de tabou autour de ces questions et une réelle peur d’assumer qui l’on est. Cela me met en colère lorsque j’entends que l’on culpabilise une femme ou une autre pour le fait d’avoir été «trop sexy, trop aguicheuse» lorsqu’il y a un problème. Mais les abus sont de moins en moins tolérés. Cela devrait encourager qui le souhaite à s’affirmer dans toute sa féminité, tout son potentiel et surtout croire que tout est possible.

(TDG)

Créé: 30.09.2018, 18h34

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