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Le peuple refuse à nouveau les coupes dans le budget de la Ville de Genève

Le «4 x non» aux coupes budgétaires de 2017 l’emporte. La gauche se réjouit du «message du peuple» à l’aube du vote du budget 2018.

Les Genevois se sont prononcés contre les coupes au budget 2017 voulues par la droite, pour la plus grande joie de Tobia Schnebli, membre du comité référendaire (ici à droite).
Les Genevois se sont prononcés contre les coupes au budget 2017 voulues par la droite, pour la plus grande joie de Tobia Schnebli, membre du comité référendaire (ici à droite).
Magali Girardin

«C’est magnifique», lâche Tobia Schnebli, membre du comité référendaire «4 x non aux coupes budgétaires en Ville de Genève». Le conseiller municipal d’Ensemble à Gauche enchaîne avec un «Ouais!» victorieux et retentissant dans la salle des pas perdus de l’Hôtel de Ville.

Les Genevois se sont en effet prononcés à plus de 60% contre les coupes au budget 2017 voulues par la droite. Seule la baisse de 340 000 francs des dépenses liées à la solidarité internationale est rejetée par le peuple avec un score plus faible, soit 53%.

«Soutien aux plus démunis»

À gauche, on se réjouit. Les conseillers municipaux socialistes Olivier Gurtner et Albane Schlechten se tombent dans les bras. Le coprésident du PS de la Ville, Sylvain Thévoz, exprime le sentiment général: «Nous sommes très heureux du résultat et remercions les habitants qui, pour la deuxième fois après 2016, expriment leur rejet des coupes.

Malgré le report de la votation (ndlr: celle-ci devait avoir lieu le 24 septembre), ce qui importe, c’est le message de la population.» Même son de cloche du côté des Verts. La conseillère administrative chargée de la Cohésion sociale et de la Solidarité, Esther Alder, salue tout particulièrement «le soutien aux familles les plus modestes», exprimé par le rejet à plus de 63% de la diminution du budget alloué à l’allocation de rentrée scolaire. La conseillère municipale Laurence Corpataux renchérit: «La population tient aux prestations fournies par la Ville de Genève et au soutien aux plus démunis. Pour le budget 2018, la droite devra en tenir compte.»

À droite justement, on fait grise mine. «Je suis très déçu, réagit Adrien Genecand, conseiller municipal PLR en Ville. Le résultat était attendu. Puisque nous n’avons pas fait campagne, considérant que voter en 2018 sur le budget 2017 n’avait pas de sens.» Quid de l’impact réel de ce vote? Il est double, selon Tobia Schnebli. «Concernant le régime des douzièmes provisionnels actuellement en place (faute de budget 2018), il va falloir réintégrer un quart des 2,45 millions dans le budget 2017 qui sert de référence.»

Une différence qui, de l’aveu même de la gauche, ne va pas bouleverser foncièrement la donne pour l’heure. Plus important est le second effet: «La Ville est obligée de remettre ces montants au budget 2017 mais aussi de modifier son projet de budget 2018 en tenant compte de la volonté populaire», estime l’élu d’Ensemble à Gauche.

«Il va falloir couper ailleurs»

S’il convient que les montants doivent réintégrer le budget 2018, Adrien Genecand ajoute: «Ce dernier étant à l’équilibre, il va falloir couper ailleurs.» Des propos qui laissent présager de nouvelles passes d’armes entre la droite, majoritaire au Municipal, et l’Exécutif à majorité de gauche.

Car, si la magistrate socialiste Sandrine Salerno intégrera bien les 2,45 millions, elle n’entend pas couper ailleurs. Rappelant que le projet de budget 2018 était bénéficiaire de quelque 300 000 francs, elle indique: «Il sera donc déficitaire de 2,1 millions environ.»

De quoi faire bondir le chef de groupe PDC, Alain de Kalbermatten. «Ce n’est politiquement pas acceptable. D’autant que ce n’est pas le seul déficit qu’elle devra intégrer. S’ajoute en effet le coût de fonctionnement du Grand théâtre, qui n’a pas été validé par le Grand Conseil et revient donc à la Ville. Mais aussi la question des recettes des horodateurs, qui n’est toujours pas tranchée entre la Ville et le Canton.»

Sandrine Salerno dénonce, elle, «la stratégie dangereuse de la droite, qui prend en otage les institutions et met en péril la crédibilité et l’image de la Ville». S’appuyant sur la volonté populaire exprimée ce dimanche, elle appelle désormais la droite à «prendre ses responsabilités» et à «cesser ce bras de fer stérile en votant le budget 2018».

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