Comment passer le mois de février sans supermarché

ConsommationAprès le «Dry January», voilà un nouveau défi pour ce début d'année: passer le mois de février sans faire ses courses dans une grande surface.

Parmi leurs bonnes adresses, Emilie et Virginia Tournier apprécient notamment l’épicerie coopérative Le Nid, à la Jonction.

Parmi leurs bonnes adresses, Emilie et Virginia Tournier apprécient notamment l’épicerie coopérative Le Nid, à la Jonction. Image: Enrico Gastaldello

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Après le «Dry January» sans alcool, voici un défi encore plus difficile à relever pour ceux qui prisent les bonnes résolutions de début d’année: le Février sans supermarché. La quatrième édition de ce challenge annuel vient de démarrer. Mais alors, où donc faire ses courses sans aller dans les grandes surfaces? Ces dernières ont pris une place tellement prépondérante dans nos vies de citadins pressés que beaucoup de gens ignorent tout simplement qu’il existe une autre solution.

Adeptes du concept, Emilie et Virginia Tournier, les fondatrices de l’association de défense de la biodiversité NARIES, ont donc décidé de partager leurs bonnes adresses durant tout le mois. Chaque jour, elles présentent, sur leur site internet et sur les réseaux sociaux, un lieu hors circuit de la grande distribution où acheter des produits alimentaires locaux. Ceux-ci sont généralement vendus en vrac afin de limiter les emballages jetables et la pollution.

Une habitude à prendre

«Ayant décidé de relever le défi l’an dernier, nous avons commencé à chercher des adresses où nous approvisionner, confie Émilie. Il suffit de s’intéresser à la question et, une fois qu’on a pris ses habitudes, ce n’est pas si compliqué.» Du coup, pour les deux sœurs jumelles, l’expérience ne s’est pas terminée le 1er mars, puisqu’elles ont continué de faire leurs courses dans des petits commerces de proximité. «Les produits y sont meilleurs que ceux issus de l’industrie et ces magasins favorisent les circuits courts, poursuit Émilie. Parfois, il vaut mieux acheter local que bio.»

Éviter les grandes surfaces, c’est aussi une manière de lutter contre le gaspillage alimentaire. «On n’achète rien de superflu chez les petits marchands, alors que dans un supermarché, il y a toujours des tentations. C’est vrai que le prix au kilo est plus élevé, mais comme avec le vrac on ne prend que les quantités dont on a vraiment besoin, au final on fait des économies et on évite le gaspillage.» Virginia complète: «En plus, les bocaux, c’est bien plus joli dans une cuisine que les boîtes en carton ou en plastique!»

Beurre à la coupe et confiseries

Virginia et Émilie ont donc établi une liste de 29 épiceries, fermes pratiquant la vente directe et magasins spécialisés, un pour chaque jour de février. On y trouve même une confiserie et un endroit où il est possible d’acheter du beurre à la coupe. Ainsi qu’une boucherie: «Nous sommes végétariennes depuis quinze ans, mais nous avons inclus cette boucherie, parce qu’elle est attentive à ce que les animaux soient traités avec respect.»

Les lieux sont tous cités avec l’accord de leurs exploitants. «Certains maraîchers n’ont pas voulu qu’on les mentionne, car ils travaillent aussi avec les supermarchés.» Les adresses se répartissent sur tout le canton et même au-delà de ses frontières. Le centre-ville en compte plusieurs, mais les autres, plus dispersés, exigent de faire le déplacement. Pour chaque commerce ou producteur, les sœurs font un topo de ce qu’on y trouve, expliquent ce qui leur a particulièrement plu et donnent toutes les informations pratiques.

Après avoir dénoncé le suremballage des produits de consommation par des «plastic attacks», Émilie et Virginia Tournier poursuivent ainsi leur combat contre le gaspillage, de manière positive, sans stigmatisation. «Il ne s’agit pas de fustiger les gens, mais de les rendre attentifs aux petits gestes qui comptent.» D’ailleurs, elles-mêmes avouent acheter encore au supermarché certains produits – de la moutarde, du thé froid ou des petits pots pour bébés.

Créé: 04.02.2020, 20h48

Le problème

Suremballage, gaspillage, produits venus de l’autre bout du monde, politique des prix écrasant les petits producteurs ou encore déshumanisation des rapports humains: la grande distribution est accusée de tous ces maux.

Le Février sans supermarché a été lancé pour inciter les consommateurs à redécouvrir les commerces de proximité et les produits locaux.

AN.G

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