Péril sur le ticket de bus gratuit à l’aéroport

Transports publicsUnireso et Genève Aéroport divergent sur le financement des billets offerts dans le hall d’arrivée.

Depuis janvier 2008, les passagers peuvent obtenir un billet gratuit à leur arrivée à Cointrin. Un avantage menacé.

Depuis janvier 2008, les passagers peuvent obtenir un billet gratuit à leur arrivée à Cointrin. Un avantage menacé. Image: PASCAL FRAUTSCHI

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Depuis huit ans, c’est un cadeau de bienvenue apprécié, mais il est en sursis. Le ticket gratuit de transports publics, distribué aux passagers qui viennent d’atterrir à Genève, fait l’objet d’une âpre bataille. Les négociations achoppent entre la communauté tarifaire Unireso (qui fédère les transporteurs locaux) et Genève Aéroport sur la compensation due par ce dernier pour ce service. Unireso exige une hausse du forfait annuel qui lui est attribué, ce que refuse la direction du tarmac genevois.

«Il n’y a plus d’accord entre les deux parties, confirme le responsable d’Unireso, Rémy Burri. Nous négocions encore une solution pour pérenniser cette offre et espérons y parvenir bientôt. Sinon, il faudra vraisemblablement renoncer à cette prestation très appréciée par les passagers arrivant à Genève.» «Des discussions ont encore lieu et, à ce stade, les distributeurs restent présents, enchaîne le porte-parole de Genève Aéroport, Bertrand Stämpfli. Nous n’avons pas changé de cap concernant notre plan de mobilité et continuons à encourager le recours aux transports publics.»

Plus de contrat en force

A la fin de 2007, les deux entités avaient annoncé leur partenariat. Pour l’aéroport, il s’agissait d’un geste environnemental, susceptible aussi de contribuer à désengorger les accès à son terminal. Le ticket, dispensé gracieusement dans le hall des bagages, offre 80 minutes de parcours sur le réseau cantonal, que ce soit en train, en tram ou en bus. Il a connu un succès croissant. De 431 billets retirés par jour en 2008, on est passé à 2378 en 2014.

L’accord financier a lui aussi évolué. En 2008, Unireso reçoit 2 francs par ticket délivré, jusqu’à un plafond fixé à 450 000 francs par an, crevé dès l’année suivante. Les derniers chiffres connus remontent à 2012: Unireso reçoit un forfait de 625 000 francs, avec une évolution prévue pour 2013 et 2014, assorti d’emplacements publicitaires dans le terminal, valant 175 000 francs. La rétribution du billet chute ainsi, selon nos calculs, à environ 1 fr. 20. Mais Unireso veut une indexation du forfait. Déjà en litige à la fin de 2014, les deux parties prolongent d’un an les dernières conditions en vigueur, qui représenteraient, selon nos sources, une somme inférieure à 1 million de francs. Le désaccord porte sur une hausse de quelques centaines de milliers de francs. Blocage. En ce mois de janvier, le partenariat ne repose plus sur un contrat en force.

Dénouement proche

Chacune des entités a ses soucis. Avec la baisse tarifaire votée par le peuple, Unireso a vu ses recettes fondre de près de 10 millions de francs pour les trois premiers trimestres de 2015 et ne souhaite plus pratiquer ce qu’elle considère comme des prix d’amis envers une autre régie publique, à la santé financière enviable. Genève Aéroport, lui, ne se sent pas l’âme d’un sponsor: si l’établissement a dégagé un bénéfice de 88,3 millions de francs en 2014, il doit en verser la moitié à l’Etat, son propriétaire, et financer de coûteux investissements à venir, comme sa future aile est.

Les pourparlers sont tendus et le temps est compté. Il semble que les ultimes tractations portent sur la clientèle hôtelière, afin qu’elle puisse récupérer dès l’aéroport la carte journalière qui lui est offerte pour chaque nuitée. Mais quid des résidents genevois? Pour eux, la gratuité serait très compromise. A Cointrin, on assure que tout sera entrepris pour trouver une solution. Au Bachet-de-Pesay, on n’exclut pas un retrait des distributeurs gratuits dès la fin du mois.

Créé: 04.01.2016, 18h39

Et ailleurs?

Genève fait figure d’exception avec son transfert gratuit de l’aéroport au centre-ville, dont la proximité s’avère également hors-norme. A Kloten, premier aéroport national, il faut payer 6 fr. 60 francs (sans demi-tarif) pour rallier le cœur de Zurich. A l’étranger, les passagers aériens font souvent figure de vaches à lait. D’Orly à Paris, l’aller simple vaut 13 fr. 10. A Lyon, il faut compter 14 fr. 70. Le Gatwick Express vers Londres? Prévoyez 26 fr. 30, simple course.

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