Le père Glôzu arrose les Genevois qui le soutiennent

Ville de GenèveLe Restaurant de l'Hôtel-de-Ville doit fermer à la fin de l'année. 1500 personnes ont signé une pétition.

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«C'est bien la première fois qu'on voit une manif de droite devant l'Hôtel de Ville!» Pierre Gauthier, un élu de la majorité rose, rouge verte qui gouverne en Ville de Genève s'amuse du bruyant attroupement qui occupe l'esplanade des canons en ce dernier jour du mois d'avril. Il y a pourtant 24 employés du Restaurant de l'Hôtel-de-Ville qui risquent de pointer au chômage à la fin de l'année en raison de la fermeture de l'établissement décidée par son propriétaire, la Ville de Genève, pour cause de rénovation. Une partie d'entre eux sert des verres aux manifestants.

Le maître d'hôtel, Antoine Vendeiro, 17 ans d'établissement, s'improvise porte-parole. Il dit l'inquiétude du personnel: «Nous allons devoir nous disperser, trouver un nouveau patron, passer par le chômage. Dans deux ans, quand le bistrot rouvrira qui reviendra?» L'âme du bistrot risque de s'envoler. C'est cette crainte que manifestent les pétitionnaires. Ils réclament le «maintien du Père Glôzu au Restaurant de l'Hôtel-de-Ville». Ils sont environ 1500 et contestent non pas la nécessité mais le coût et la durée des travaux de rénovation.

Fringant septuagénaire, le père Glôzu, alias Jean-Yves Glauser, est là. Il tient la barre depuis 1984:« L'employé le plus fidèle a 29 ans de maison, le dernier venu compte déjà trois ans de service.» Patron au caractère bien trempé, qui tutoie tous les politiciens et pas mal de VIP de la République, il ne comprend pas, lui non plus, comment la Ville a pu ficeler un projet aussi coûteux et aussi long. «Il y a quatre ans, raconte-t-il, j'avais déposé des plans pour rénover les locaux. Le devis se montait alors, assure-t-il, à 500'000 francs et le chantier devait durer quatre mois. Pendant ce temps mon personnel aurait été au chômage technique et nous aurions tous repris l'aventure.»

Bail résilié pour cause de rénovation

Deux ans plus tard, il reçoit pour toute réponse la résiliation de son bail. «Pour cause de rénovation», explique la porte-parole de Sandrine Salerno, venue observer la manifestation: «Si la Ville ne fait rien, ce sont les services de l'Etat qui feront fermer l'établissement pour cause d'insalubrité et de sécurité.»

Un restaurant n'est pas un théâtre. L'opéra sera relogé pendant les travaux de rénovation. La ville n'envisage pas de construire un bistrot provisoire sur la Treille ou sous les canons. «Un rêve», dit Jean-Yves Glauser, qui connaît bien aussi les règles des marchés publics qui s'imposent aux collectivités. Un bail commercial n'est pas acquis à vie. Il doit être remis au concours régulièrement.

La Ville a présenté les nouveaux plans - le père Glôzu dit y retrouver les siens. La facture, elle, a quintuplé. Quant à la durée de fermeture, elle dépasse quinze mois. Le droit du propriétaire finit par s'imposer. Jean-Yves Glauser signe un accord avec la Ville et obtient un répit de deux ans. Lequel vient à échéance en décembre prochain.

La commission des Travaux de la commune de Genève doit encore se prononcer sur le projet et son financement. Les pétitionnaires qui ont ouvert une page Facebook ont décidé de maintenir la pression. Ils déposeront un nouveau lot de signatures le 12 mai prochain, indique Jean-François Gaillard, leur président.

Louis Serex, viticulteur à Satigny, est venu apporter son soutien: «Il n'y a pas que les serveurs et cuisiniers qui vont perdre leur emploi. Les fournisseurs aussi vont perdre un client.» (TDG)

Créé: 30.04.2014, 18h48

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