Des peintures pour égayer l’abri PCi de Châtelaine

GenèveDes jeunes et des habitants du lieu ont imaginé des dessins pour orner l'entrée du foyer souterrain pour requérants d'asile.

Abdowali observe Moran Robellaz peignant un enfant remis à un passeur par ses parents afin de le conduire en Europe.?

Photo:MAGALI GIRARDIN

Abdowali observe Moran Robellaz peignant un enfant remis à un passeur par ses parents afin de le conduire en Europe.? Photo:MAGALI GIRARDIN

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Les canevas ont été installés en bas de la rampe bétonnée qui mène à l’abri PCi de Châtelaine, où logent soixante requérants d’asile. A l’occasion de la Semaine contre le racisme, le service d’Aide aux migrants de l’Hospice général, son Unité d’action communautaire et le Service de la jeunesse de la Ville ont organisé un atelier destiné à des jeunes et des requérants. Le but: créer des fresques pour égayer l’entrée du foyer souterrain.

L’idée a jailli de la tête de Frank Bourqui, intendant de l’abri PCi lors de la réouverture du lieu il y a quatre mois. «La rampe était remplie de graffitis des anciens locataires, de messages politiques et orduriers; cela n’appartenait pas aux nouveaux venus, explique-t-il. Nous avons repeint les murs puis j’ai pensé que réaliser des graffitis nous-même permettrait de faire ressortir des émotions et de garder l’endroit propre et accueillant.»

Deux peintres, des jeunes et des résidents de l’abri se sont réunis pour échanger leurs idées. «Ces discussions ont été le moment le plus fort, se souvient Vincent Melillo, peintre. Les requérants nous ont confié leur vécu, le récit de leurs voyages, ce qu’ils ont gagné et perdu…» Ces histoires de vie ont été synthétisées en six tableaux réalisés par les peintres avec l’aide des résidents de l’abri. L’un raconte la séparation d’un enfant et de sa mère à cause de la guerre; un autre narre «juste une jolie histoire d’un gars qui marche dans le désert et découvre la neige», sourit Vincent Melillo.

Une fresque illustre le parcours d’un médecin qui rêve d’une vie meilleure, quitte son pays, devient balayeur de rue et se retrouve nostalgique de la vie laissée derrière lui. «Ce dessin est fantastique, il me rend heureux, sourit Abdowali, un Somalien. Il reflète tout ce à quoi les réfugiés pensent.»

Plus sombre, un autre dessin parle de la vie en abri PCi. «Franchement, ce n’est pas cool de vivre là-dedans, observe le peintre Moran Robellaz. Ce n’est pas un lieu où on se sent à l’aise.»

Boubacar Doumbouya vient de Guinée-Conakry. Arrivé il y a plus d’un an en Suisse, il vient de fêter sa majorité. Il regarde le tableau racontant l’histoire d’un mineur confié à un passeur, qui traverse la mer sur un rafiot bondé et se retrouve face à des agents étrangers qui refusent de croire qu’il n’a pas atteint la majorité. «Moi, on m’a cru, mais d’autres pas, raconte-t-il. Quand tu connais ton âge, tu sais comment tu es venu, les problèmes que tu as laissés au pays, qu’eux ne te croient pas: ça fait mal au cœur.»

Ce projet est le premier d’une série d’ateliers entre les jeunes du quartier et les requérants. «Le but est de casser l’image négative de l’abri PCi et de ses habitants mais aussi de permettre des rencontres, par l’art notamment», explique Bérangère Ducloy, travailleuse hors mur du Service de la jeunesse.

L’exposition est inaugurée ce samedi de 17 h à 20 h. Un «open mic» aura lieu avec les rappeurs du «Cercle Collectif».

Créé: 20.03.2015, 18h38

Des «gueules» de Genevois s’exposent

Mais en fait, ça ressemble à quoi un Genevois? La Ville de Genève invite tout un chacun à le découvrir sur le site Internet mis en ligne vendredi soir, «Genève, sa gueule», à l’initiative de l’Agenda 21 et à l’occasion de la Semaine contre le racisme.

La page Web recense plus de cent cinquante portraits de Genevois ainsi que des biographies et des reportages vidéo. Une carte du monde permet également de situer l’origine des personnes photographiées.

Textes et clichés ont été réalisés lors de la dernière Semaine contre le racisme par les photographes

Niels Ackermann et François Wavre, de l’agence Rezo. L’opération continue en 2015 avec plusieurs autres séances de prises de vue en ville, enrichissant progressivement le site de la multitude des visages genevois.

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