Les patrons invités à donner la priorité aux chômeurs locaux

CharteLes faîtières des associations d’employeurs ont signé une charte avec Mauro Poggia. Les entreprises suivront-elles?

Ivan Slatkine, président de la FER et vice-président de l’UAPG, et Mauro Poggia, chef du Département de la sécurité, de l’emploi et de la santé.

Ivan Slatkine, président de la FER et vice-président de l’UAPG, et Mauro Poggia, chef du Département de la sécurité, de l’emploi et de la santé. Image: Lucien Fortunati

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Depuis 2014, deux directives contraignent l’État (petit et grand ainsi que les organisations subventionnées) à passer en premier lieu par l’Office cantonal de l’emploi (OCE) pour tenter de repourvoir les postes vacants. Si un tel système privilégiant les demandeurs d’emploi du cru ne peut être imposé au secteur privé, il existe depuis jeudi une charte de partenariat qui peut constituer un engagement des entreprises à l’appliquer.

Le document a été présenté et signé jeudi par l’État, la Fédération des entreprises romandes-Genève (FER) et l’Union des associations patronales genevoises (UAPG).

«Cette charte n’a évidemment aucun caractère obligatoire ou coercitif, souligne Mauro Poggia, le chef du Département de la sécurité, de l’emploi et de la santé. Seules les entreprises souhaitant marquer leur ancrage dans le tissu économique genevois et mettre en place un partenariat gagnant/gagnant avec l’OCE peuvent la signer.»

Un signe à la population

«Nous savons que la libre circulation, qui est indispensable à notre économie, suscite des tensions dans la population, souligne pour sa part Ivan Slatkine, président de la FER et vice-président de l’UAPG. À travers cette charte, nous montrons notre volonté de défendre des mesures d’accompagnement à la libre circulation efficaces, ainsi que notre désir d’œuvrer avec les travailleurs résidents.»

Pour Ivan Slatkine, l’engagement réciproque signé est aussi «l’occasion de défier l’OCE. Pour qu’il se montre à la hauteur de son ambition à devenir le premier service recruteur du canton». En clair, les entreprises attendent une prestation efficace et rapide.

Celles qui accepteront «d’annoncer à l’OCE tous les postes vacants d’une durée supérieure à quatorze jours (sous réserve des cas particuliers)» – et de recevoir les candidats qui lui seront proposés – sauront assez vite si l’office est performant. Car lui s’engage simultanément à proposer dans les cinq jours ouvrables jusqu’à cinq profils de candidats pour l’emploi proposé. Une procédure de suivi et de contacts personnalisés est aussi promise.

Entreprises preneuses?

On l’aura compris, ce sera du donnant-donnant, ou ce sera l’échec. Côté secteur privé, Ivan Slatkine pense toutefois que bien des entreprises seront preneuses. Emmanuelle Savoie, la directrice des ressources humaines de la FER, se montre en tous les cas satisfaite de la relation avec l’OCE, qu’elle a déjà expérimentée: «Le fait d’avoir un répondant attitré permet de mieux comprendre les besoins spécifiques de notre entreprise», souligne-t-elle.

Fabrice Schoch, le directeur du service employeur de l’OCE, est en tous les cas confiant. «Depuis l’entrée en vigueur des deux directives, nous avons acquis de l’expérience, explique-t-il. Or, c’est le même type de partenariat que nous souhaitons construire avec les acteurs du secteur privé.»

Explosion des annonces

Et le volume des offres d’emploi qui transitent par l’OCE s’est encore accru l’année dernière avec les nouvelles dispositions fédérales qui contraignent les entreprises des secteurs affichant un taux de chômage de plus de 8% (5% depuis janvier) d’annoncer leurs offres d’emploi à l’office. «Elles sont passées de 8000 en 2018 à 20000 en 2019», précise le directeur.

Les résultats affichés concernant le secteur public et parapublic sont impressionnants. Alors qu’avant les directives, le taux des postes repourvus par le biais de l’OCE était de 25% en 2012, il a ensuite augmenté dès leur entrée en vigueur pour atteindre 77% en 2018. En 2017, ce sont ainsi 773 sur 1009 postes vacants qui ont été occupés par des demandeurs d’emploi inscrit à l'OCE.

Créé: 20.02.2020, 19h52

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