Restauration: le salaire à 4000 fr. dans l’impasse

Salaire minimumLes syndicats veulent ouvrir le dialogue sur les conditions salariales de la branche. La faîtière patronale botte en touche.

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«Un salaire minimum de 4000 francs à Genève est juste et nécessaire.» En juin, les syndicats Unia et SIT déposaient une pétition pour revendiquer l’instauration d’un revenu minimum dans la branche de l’hôtellerie-restauration ainsi que davantage de contrôles. Le texte a récolté le soutien de 2000 employés du secteur mais n’a pas eu d’effet. Les syndicats ont également demandé à rencontrer les milieux patronaux pour discuter des points soulevés par la pétition, mais rien ne s’est passé.

Ce jeudi, des représentants d’Unia et du SIT ont donc mené une nouvelle action. Un courrier demandant «d’ouvrir le dialogue avec leurs syndicats sur la question des salaires» a été remis à la Société des cafetiers, restaurateurs et hôteliers de Genève (SCRHG) ainsi qu’au Groupement professionnel des restaurateurs et hôteliers (GPRH).

Des salaires fixés à Berne

La porte s’est vite refermée. «Ne vous attendez pas à une hausse des salaires», leur a répondu le vice-président de la SCRHG, Jean-Luc Piguet, descendu dans la rue à la rencontre des représentants syndicaux. Et de marteler: «Tout ça se discute sur le plan suisse, il n’y a pas de raison que l’on compartimente la discussion par région. Nous n’ouvrirons pas la discussion et nous n’entamerons pas des négociations à Genève.»

Le salaire des employés de l’hôtellerie et de la restauration est effectivement fixé par une convention collective nationale de travail (CCNT). Le revenu minimum, soit celui d’un employé sans apprentissage, est fixé à 3407 francs par la convention. Bien que ce document prévoie le versement d’un 13e salaire, «certaines personnes qui travaillent à 100% doivent recourir à l’aide sociale», souligne Artur Bienko, représentant syndical d’Unia. «Un récent rapport sur la pauvreté en Suisse montre que 11,1% des travailleurs de notre branche sont touchés», s’inquiète Tania Zinoviev, représentante du SIT. Elle rappelle également que le salaire médian à Genève est de 7510 francs par mois, contre 4287 francs dans l’hôtellerie et la restauration (voir infographie).

Discussions régionales?

Si les négociations sur la convention collective se font à Berne, pourquoi agir au niveau genevois? «Jusqu’en 2008, un avenant à la convention prévoyait l’adaptation du salaire au coût de la vie à Genève, rappelle Tania Zinoviev. Ce n’est pas parce que les salaires sont gelés au niveau national qu’on ne doit plus en discuter au niveau des régions.»

Pour le président du Groupement professionnel des restaurateurs et hôteliers, Jean-Pierre Bedonni, «des discussions peuvent être entamées mais dans un cadre précis». Lequel? «Outre les discussions autour de la CCNT, il y a deux pistes: les futures commissions autour de l’application du règlement de la nouvelle Loi sur la restauration, le débit de boissons et l’hébergement impliqueront des représentants, anticipe-t-il. Patrons et syndicats seront également appelés à discuter dans le cadre du contre-projet pour créer des commissions paritaires de contrôle du marché du travail.» La question des salaires n’y sera pas centrale.

A lire: Nicolas burgy: «A Genève, il y a trop d'amateurs dans les bistrots»

Créé: 01.10.2015, 14h29

Jean-Luc Piguet, vice-président de la Société des cafetiers, restaurateurs et hôteliers de Genève. (Image: Olivier Vogelsang (Archives))

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