La passion des chiens de mère en fils

PortraitLa Société genevoise pour la protection des animaux fête ses 150 ans. Mais qui est son président?

Pierre De Loës, président de la SPA, pose avec Bali, pensionnaire du refuge de Vailly.

Pierre De Loës, président de la SPA, pose avec Bali, pensionnaire du refuge de Vailly. Image: Magali Girardin

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La Société genevoise pour la protection des animaux (SPA) s’apprête à fêter son 150e anniversaire. «Cette honorable institution n’aurait plus de raison d’exister si les humains se montraient responsables, estime son président, Pierre de Loës. Mais notre combat contre les maltraitances et les abandons reste plus que jamais nécessaire.» Cet homme de 63 ans serait-il notre Brigitte Bardot locale? Pourquoi la défense des animaux lui tient-elle pareillement à cœur? Une passion familiale, explique-t-il, sa mère ayant elle-même été membre du comité de la SPA durant vingt-six ans.

Le chaleureux sexagénaire est presque toujours accompagné de Kate, sa femelle teckel de 7 ans, nommée ainsi pour avoir été accueillie… un jour de mariage princier en Angleterre: «Auparavant, nous avions eu de gros chiens, dont des croisés, un saint-bernard, un chow-chow et un saint-hubert. Comme je voyage beaucoup, je peux prendre Kate dans un panier.» Celle-ci dort avec son maître. «Ma mère dormait bien entre un saint-bernard et un saint-hubert!»

Me Bonnant, ami des chats

La préoccupation de Pierre de Loës? Récolter de l’argent afin de continuer à défendre les protégés de la SPA et à les placer, si nécessaire, dans de nouvelles familles. L’an dernier, pas moins de 1427 animaux, dont 572 chats et 238 chiens, ont été recueillis dans le refuge de Vailly, à Bernex. Sans oublier des lapins, des cochons d’Inde, des hamsters, des oiseaux, des poissons, des tortues et des rats.

L’association, reconnue d’utilité publique, organisera ainsi une soirée de gala, le 20 novembre, à l’Hôtel Président Wilson. Pour passer ce cap du 150e, la SPA pourra compter sur «une marraine de choix en la personne de la chanteuse franco-suisse Nicoletta. Elle est très concernée par la cause», note Pierre de Loës.

Me Marc Bonnant, ténor du Barreau, officiera, lui, comme maître de cérémonie d’un défilé très spécial: des mannequins maquillés en chats paraderont entourés de huit chiens… Espérons que ce show inédit leur permettra de trouver une famille adoptive! Une montre de haute joaillerie sera mise aux enchères pour financer les multiples projets de la SPA.

Celle-ci s’est fortement développée depuis ses débuts, le 30 avril 1868. Les bêtes n’étaient alors que des outils de travail. Mais c’est pourtant déjà à cette époque que la souffrance animale est devenue un véritable sujet. Les problèmes des abattages rituels, la vivisection, les maltraitances envers les animaux nécessitent des lois pour protéger ces derniers. Et des sociétés protectrices naissent un peu partout en Europe. À Genève, c’est sous l’impulsion de la Société genevoise d’utilité publique que la SPA voit le jour. Ses fondateurs – Eugène de Budé, Ernest de Traz, Gustave Moynier, Henri Laserre, Louis Appia – ouvrent cinq box à la rue Dancet, dans le quartier de Plainpalais.

7 jours sur 7

Depuis, l’institution a grandi et dû quitter, en 1952, le centre-ville pour Bernex, grâce à un don. Aujourd’hui, la SPA compte 9000 membres. «Mais ce n’est pas avec des cotisations fixées à 40 francs qu’on peut faire tourner la maison, indique Pierre de Loës. Elles ne représentent même pas le quart de notre budget, qui s’élève à environ 1,6 million de francs. Il faut dire que nous travaillons toute l’année, 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Et nous dépensons près de 300 000 francs rien qu’en frais de vétérinaire! Heureusement, nous recevons des dons et des legs.»

Au-delà de son combat genevois, ce père de deux enfants possède aussi des fermes traditionnelles en Bourgogne, au Maroc et au Canada. Et il s’apprête à partir en Ukraine voir une connaissance qui souhaite ouvrir une réserve de bêtes sauvages, dont des ours. «Je ne suis quand même pas Brigitte Bardot! Mais il est vrai que j’ai toujours vécu avec des chiens (surtout), des chats, des lapins et des cochons d’Inde.»

À la tête d’une société financière, l’actif sexagénaire s’occupe dorénavant moins de gestion de fortune pour se consacrer à des activités industrielles, tels des brevets au niveau environnemental: «On transforme des ordures en briques et on est en train de construire un container pour entreposer des matières toxiques. On effectue aussi des traitements pour récupérer des métaux et du pétrole en cas de marée noire.» Un touche-à-tout qui se lève tôt, s’ennuie en vacances et aime la diversité pour remplir sa vie. Sa passion pour les animaux en détresse ne l’empêche pas d’être un bon vivant, amateur de gastronomie. Il cogère d’ailleurs un restaurant.

(TDG)

Créé: 15.11.2018, 08h02

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