«Je ne comprends pas comment on peut s’opposer à Score»

Fonction publiqueAlors que le Cartel s’apprête à la lutte, le conseiller d’État Serge Dal Busco défend le nouveau système de fixation des salaires à l’État.

Serge Dal Busco estime que le nouveau système d'évaluation des rémunérations à l'Etat que la réforme devrait en réalité être plus motivante pour les collaborateurs.

Serge Dal Busco estime que le nouveau système d'évaluation des rémunérations à l'Etat que la réforme devrait en réalité être plus motivante pour les collaborateurs. Image: Laurent Guiraud

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

À l’appel du Cartel intersyndical, une assemblée du personnel décidera mardi soir de la tenue ou non d’une grève le lundi 4 décembre. Les revendications? Le retrait des projets de loi du Conseil d’État sur la réforme des retraites et sur la fixation des salaires du personnel (Score) notamment. Une demande irréaliste pour Serge Dal Busco, le ministre des Finances.

– Serge Dal Busco, êtes-vous surpris par la vigueur des attaques du Cartel?

– Oui, en ce sens que tant la réforme de la caisse de pension que Score cherchent avant tout à améliorer les choses. Ce ne sont pas des projets conçus pour faire des économies. Et quand on voit ce qu’il se passe dans le secteur privé, on a de la peine à comprendre la posture des organisations qui représentent le personnel.

– Le Cartel parle pourtant de Score comme d’une attaque frontale contre les services publics.

– Franchement, je ne comprends pas comment on peut s’opposer à cette réforme. Elle renforce l’égalité entre hommes et femmes, puisque 58% d’entre elles verront leur rémunération améliorée. Score est aussi un projet structurant qui vise à rendre l’État plus performant et moderniser sa gestion du personnel. Et donc, au final, à motiver les collaborateurs et à améliorer les prestations aux citoyens.

– Ne favorise-t-elle pas trop les hauts salaires, comme le dit le Cartel?

– Mais 59% des personnes qui en bénéficieront se situent dans la moitié inférieure de l’échelle de traitement, soit entre les classes 4 et 18. On ne peut pas dire que seuls les hauts cadres seront favorisés.

– Car ils le seront?

– Nous avons inclus dans les barèmes l’indemnité de 8,3% du salaire que le Grand Conseil avait supprimée pour les cadres. J’ai toujours été opposé à cette coupe, tant pour les médecins que pour les cadres. Cette coupe a eu un effet dévastateur auprès de ces derniers. Cela dit, tout le monde profitera de l’intégration de cette indemnité dans le système puisque la courbe de l’échelle des traitements a été lissée. Il n’y a plus de décrochement brusque entre le salaire des hauts cadres et celui des autres collaborateurs. Globalement, le quotient entre le salaire le plus élevé et le moins élevé est toujours de 3,9%, ce qui est particulièrement peu.

– Et qu’en est-il de l’accusation d’une politique de rémunération qui sera à géométrie variable?

– Ce n’est absolument pas un système dans lequel les salaires seront fixés à la tête du client! Une autorité de recours sera créée pour y veiller. De plus, Score ne change aucune prérogative existante concernant la fixation des rémunérations au sein de l’administration. La seule différence, c’est que la grille salariale sera de la compétence du Conseil d’État, et non plus du Grand Conseil.

– En gros, il n’y aurait selon vous que des gagnants?

– Aucun collaborateur ne verra son salaire diminuer. Ceux qui exercent des professions dont la rémunération a été considérée comme trop élevée verront leurs annuités provisoirement suspendues jusqu’à ce qu’ils atteignent le niveau fixé.

– Au final, ils seront quand même perdants sur l’ensemble de leur carrière.

– Ils auront la possibilité de progresser au cours de leur carrière. Il y aura en effet une généralisation de la possibilité d’évoluer sur deux à quatre niveaux au sein d’un métier.

– Quelles sont vos attentes par rapport au Cartel?

– Il a avancé une série de revendications qui montrent qu’il a une vision très conservatrice. Pour ce qui est du projet Score et de la réforme des retraites, les projets de loi sont en main du Grand Conseil, qui fera son travail. Le Conseil d’État n’est pas là pour faire plaisir à l’un ou à l’autre. Il a été élu pour faire en sorte que l’État fonctionne au mieux, délivre des prestations de qualité, tout en restant un employeur attractif qui, par conséquent, offre de bonnes conditions de travail. Tel est notre but. (TDG)

Créé: 27.11.2017, 20h19

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Le Human Brain Project avance moins vite qu'espéré
Plus...