Les partisans de la mobilité douce fêtent cinq ans de frustration

GenèveL'association actif-trafic déplore l'inaction des autorités après le succès de son initiative en votation populaire.

Thibault Schneeberger, cosecrétaire de l'association actif-trafic.

Thibault Schneeberger, cosecrétaire de l'association actif-trafic. Image: M.M.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

C'est un mince trait noir sur un gros pilier blanc. Le monument provisoire que l'association actif-trafic a exposé mardi matin sur le quai du Mont-Blanc compare le coût de l'application de son initiative pour la mobilité douce (80 millions de francs sur 8 ans) avec celui de la traversée autoroutière du lac (jaugée à au moins 5 milliards), dont le principe est soumis en votation le 5 juin prochain. C'est pour commémorer une autre votation, celle du 15 mai 2011, que les militants ont convoqué la presse.

Exigeant des «pistes cyclables continues, directes et sécurisées» ainsi que «des traversées piétonnes attractives et sécurisées» sur tout le réseau routier primaire et secondaire, l'initiative avait alors convaincu une courte majorité de votants. Quant à son application, elle reste très majoritairement irréalisée selon les initiants qui ont pris l'habitude de tirer un bilan à chaque anniversaire du scrutin. «Ce qui a été entrepris se résume à très peu de choses, ou pratiquement rien», dénonce Thibault Schneeberger, cosecrétaire de l'association.

Sa collègue, Andrea von Maltiz, énumère les déceptions. Le Grand Conseil n'a pas ajusté à l'initiative le plan directeur de la mobilité douce que le gouvernement avait déposé. Si l'ancienne ministre des transports a fait préparer huit pénétrantes cyclables vers la ville, le chantier en est resté à la planification. Le plan d'actions de la mobilité douce 2015-2018, lui, souligne les manques de financement. «La Ville de Zurich, elle, vient d'adopter un plan cycliste à 120 millions, s'agace la militante. Notre initiative n'en demandait que 80 millions. Luc Barthassat (ndlr, l'actuel magistrat chargé des transports) admet que la mobilité douce est le parent pauvre.»

Que dire de la Ville de Genève? «Le bilan de son action est clairement insuffisant, mais notre initiative était cantonale», répond Thibault Schneeberger. Quant à l'Association transports et environnement, qui avait soutenu l'initiative, elle tire aussi un sombre diagnostic: «Des petits bouts d'aménagement ont été réalisés, admet Valérie de Roguin, secrétaire générale. Mais le but de l'initiative était d'obtenir un réseau cohérent et cela fait absolument défaut.»

Créé: 17.05.2016, 14h22

Articles en relation

La mobilité douce devra se hâter lentement

Déplacements L’Etat édicte un plan d’actions pour le réseau cyclable et piétonnier. On reste loin des objectifs. Plus...

Sprint final miné pour l’accord sur la mobilité

Circulation Le consensus sur les transports est ficelé. Décrit comme une condition à la paix des transports, il ne fait toutefois pas l’unanimité. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Smog: les voitures polluantes interdites de centre-ville
Plus...