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«Non, le Parti libéral-radical n’est pas le fossoyeur de la culture genevoise!»

Les propos du magistrat Sami Kanaan sur le Grand Théâtre déplaisent au président du PLR et à sa cheffe de groupe

Le président du PLR, Alexandre de Senarclens, et la cheffe de groupe Nathalie Fontanet accusent la Ville de double jeu.
Le président du PLR, Alexandre de Senarclens, et la cheffe de groupe Nathalie Fontanet accusent la Ville de double jeu.
PIERRE ALBOUY / LAURENT GUIRAUD

Ennemi de la culture, le PLR? Les critiques adressées au parti par Sami Kanaan, magistrat à la Culture en Ville de Genève, qui s’offusque de sa décision de ne pas voter la subvention cantonale au Grand Théâtre, font réagir. En Commission des finances, le PLR a refusé la semaine dernière de voter ces trois millions, parce qu’il s’oppose à un accord en voie d’être conclu, portant sur une gouvernance partagée de l’Opéra entre Ville et Canton. Le président du PLR, Alexandre de Senarclens, et la cheffe de groupe Nathalie Fontanet, par ailleurs candidats au ticket PLR pour le Conseil d’Etat, accusent la Ville de double jeu.

La Ville de Genève et le Canton viennent de trouver un accord de coopération sur le Grand Théâtre, portant sur une gouvernance partagée de l’institution, conformément à la loi sur la répartition des tâches. Ce n’est pas une bonne nouvelle?

Alexandre de Senarclens: Non. Où est le désenchevêtrement promis? Au contraire, le Grand Théâtre, actuellement en seules mains municipales, deviendrait prisonnier d’une double tutelle qui rend toutes les ingérences possibles. C’est l’assurance de dysfonctionnements futurs. Nous avons été très clairs pendant un an et demi avec la Ville de Genève sur les conditions de notre soutien à la subvention du Grand Théâtre. Elle était conditionnée à un transfert de l’institution au Canton. C’est à cette condition que nous avions voté le crédit de construction de 45 millions en faveur de la Nouvelle Comédie en 2016. Le PLR n’est pas le fossoyeur de la culture comme certains l’en accusent. Il l’a montré encore récemment en votant le crédit sur la reconstruction du Théâtre de Carouge.

Une double tutelle mènerait à des difficultés. Or l’Orchestre de la Suisse romande fonctionne ainsi, sans pour autant dysfonctionner.

A.d.S.: On ne peut pas affirmer avec certitude que cela se passerait mal, mais nous estimons que ce serait une solution institutionnellement hasardeuse. Alors que le but est de mieux répartir les tâches, nous ne voulons pas d’une nouvelle gouvernance bicéphale.

Quel serait votre scénario idéal pour la Grand Théâtre?

Nathalie Fontanet: Nous voulons un responsable politique unique, avec un conseil de fondation dans lequel les politiciens ne viendraient pas s’immiscer dans la gestion et la programmation. Nous parlons liberté de création là où M. Kanaan nous répond péréquation. La Ville doit arrêter de saupoudrer par clientélisme l’argent public sur une myriade de structures et ensuite venir faire la quête à la fin du spectacle auprès des autres communes et du Canton au nom de son rôle de «Ville centre». Le Grand Théâtre est un lieu de création, pas un outil de péréquation.

Attendez, ce n’est pas Sami Kanaan qui détermine le programme du Grand Théâtre!

N.F.: Pourtant, lorsqu’il prétend que le Canton n’a pas de savoir-faire en matière culturelle – et que dès lors un transfert au Canton n’est pas possible – il fait comme si le Conseil administratif en avait. Alors qu’en réalité, c’est le conseil de fondation et la direction du Grand Théâtre qui dirigent l’institution. Il n’y a pas de raison que le Canton ne soit pas capable de prendre la relève.

Sami Kanaan prend toujours l’exemple de Zurich, où le transfert de l’Opéra au Canton a duré dix ans.

A.d.S.: Eh bien, ce n’est pas un bon exemple! Si cela a duré, c’est que la Ville s’accrochait à son bien, ce qui n’est pas souhaitable.

N.F.: A Zurich, la répartition des tâches est complètement différente, les communes assument 80% de la politique sociale!

Avec la Ville, tout est-il bloqué désormais?

A.d.S.: Ne dramatisons pas! Nous voulons un réajustement et cela peut aller très vite. Cela ne veut pas dire que le PLR réclame les clés du Grand Théâtre demain. Si on nous présente un projet bien ficelé avec un calendrier clair, permettant d’aller vers une cantonalisation, nos députés suivraient sûrement. Sinon le Grand Théâtre doit rester municipal sans apport cantonal.

N.F.: Et je suis persuadée que la Ville saura trouver dans son budget de quoi compenser la disparition de cette subvention!

Les musées échappent aux discussions sur la répartition des tâches avec la Ville. Selon vous, faudrait-il que le Canton reprenne ceux qui sont d’importance cantonale?

A.d.S.: C’est ce que dit la Constitution. Evidemment, il serait plus logique que le Musée d’art et d’histoire soit un jour repris par le Canton, mais ce n’est pas un enjeu actuel. Les musées sont en mains municipales uniquement, il n’y a pas de désenchevêtrement à faire.

Et si un choix devait se faire entre une gouvernance Ville-Canton et un maintien de l’institution en mains municipales?

N.F.: Nous refuserons une gouvernance bicéphale.

Dans un an, l’actuel président du Conseil d’Etat aura quitté ses fonctions. Selon vous, ce sera l’occasion de réorienter le dossier de la répartition des tâches?

N.F.: Au futur Conseil d’Etat de se déterminer. Une certitude, c’est un processus en cours et qui demande du temps.

A.d.S.: Le travail commencé par François Longchamp continuera certainement. La loi sur la répartition des tâches donne des outils utiles pour les transferts, prévoit des arbitrages par la Cour des comptes en cas de problème. Ce ne sera pas remis en question.

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