«Parti de rien, j’ai gagné mon Escalade»

Série vidéoAprès huit semaines d’entraînement suivi en vidéo, j’ai participé pour la première fois à la course. Retrouvez le récit et le dernier épisode de notre série: «Deux mois pour participer à l'Escalade».

Vidéo: Georges Cabrera

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Le jour J, enfin. Deux mois que je vis avec l’Escalade dans la tête et dans les jambes. Un projet pour le travail. Une série vidéo dans laquelle un journaliste en manque de forme doit se frotter à la préparation d’un coach sportif en vue de la course. Ma première sur les pavés de la Vieille-Ville, face caméra qui plus est. Durant ces huit semaines, les gammes ont été répétées, chaque pente scrupuleusement étudiée et les moindres courbes du parcours épousées. De quoi se présenter sur la ligne de départ gonflé à bloc. Mais là, la caméra se met à tourner. Dernier épisode. Je reste sur place, cloué par le trac, les doutes. Une première. Et si j’échouais?

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Course 4 bloc C

Alors je sautille, tente de me réchauffer et cherche le regard de mes voisins pour me rassurer. Les «Hommes course 4 bloc C», ces coureurs qui ont décidé de boucler les 7,323 km de course en une quarantaine de minutes. L’objectif fixé par Johann Ferré, coach chez Sport Quest, dont le regard bienveillant me couve du haut de la Treille. «Fred, glisse-toi aux avant-postes, il faut rapidement t’extirper du peloton.» Le conseil est judicieux, encore faut-il en avoir les capacités.

Pourquoi douter? J’ai tout donné pendant deux mois. Trois entraînements hebdomadaires: deux séances de fractionnés – des sprints successifs adaptés au tracé court et intense de l’Escalade – couplées à une séance d’endurance. Des exercices adaptés à mon état physique du moment et basés sur un test VMA (Vitesse maximale aérobie). Oui mais en parallèle, il y a eu tous ces excès: les hamburgers, les pizzas, les soirées trop arrosées… On regrette l’hygiène de vie, mais il est trop tard. Il est 13 h 57 et le top départ retentit.

Sur la pente de la rue de la Croix-Rouge, la masse de coureurs se met rapidement en branle. Un dernier regard pour le coach. Sa présence se veut rassurante. Dans les faits, elle s’ajoute à la pression ambiante. La peur de décevoir sans doute. La dernière sortie répétition mardi s’était conclue sur une forte envie de vomir et un piteux abandon. Un souvenir encore vif et douloureux.

La foulée du Père Noël

La première montée est avalée. Le rythme est soutenu, mais impossible de ralentir. Le peloton est compact. Le plat des abords de la promenade Saint-Antoine est l’occasion de reprendre son souffle. Je dois trouver mes marques. La foulée de l’homme au bonnet de Père Noël agit comme un métronome. Je lui emboîte le pas.

«Un virage, ça se prend à la corde, c’est toujours quelques mètres de gagnés.» Dans la tête, les consignes du coach fusent. Pas le temps de se poser des questions, il faut les appliquer. Alors je plonge dans la courbe. Problème, les autres font de même. Les jambes s’entremêlent, la chute est miraculeusement évitée. La petite frayeur fait office de détonateur. La poussée d’adrénaline réchauffe le corps.

Le tour se termine sans encombre. Premier passage par la place Neuve et les Bastions. Premier bain de foule. Encouragements bienvenus avant d’affronter la montée de Saint-Léger. Difficulté majeure du parcours, cette côte peut décider à elle seule de la réussite ou non de son Escalade. Le coach le sait, il lui a d’ailleurs dédié quatre séances d’entraînement, pour un total de 25 ascensions. La 26e est une formalité. La préparation a payé.

Le torse bombé, le ventre rentré

A la mi-course, Johann Ferré regagne la place du Bourg-de-Four. Au milieu des spectateurs, difficile de l’apercevoir. En revanche, on l’entend. «Allonge! Allonge!» La foulée, je suppose. Je m’exécute. Le coach serait-il inquiet? Devant moi, le Père Noël a filé depuis longtemps. Trop rapide, à moins que je ne sois trop lent…

Les souvenirs du troisième tour se brouillent. J’aime imaginer mon sprint final, le torse bombé et le ventre bien rentré. Une photo finish pour l’histoire. Je n’ai pas encore vu les images de la dernière vidéo, mais elles risquent de me donner tort.

Peu importe, le sourire du coach à l’arrivée était bien réel. «36 minutes, Fred! 36 minutes!» s’est-il exclamé en boucle, probablement soulagé. Le SMS de confirmation viendra quelques instants plus tard: 35 minutes 52. Ce n’est pas encore le temps de Tadesse Abraham, mais à mon niveau, difficile de faire la fine bouche. Je laisse échapper un cri de satisfaction. A chacun ses victoires.


Episode 1: le test VMA

Avant d'envisager toute préparation sportive, coach Johann convie Frédéric à un test physique, afin de jauger les forces en présence.

Episode 2: La course de groupe

L'entraînement se passe aussi en groupe, comme un mardi soir d'octobre au centre sportif du Bout-du-Monde. Là, Frédéric rencontre Luca, un fier coureur auquel il décide de se mesurer.

Episode 3: La muscu

Prêt à tout pour impressionner, Frédéric décide de forcer un peu sur la musculation. Le moment choisi par coach Johann pour le recadrer et lui apprendre les exercices de gainage adaptés à la course à pied.

Episode 4: Fractionnés en Vieille-Ville

Les choses sérieuses commencent pour Frédéric qui a pris rendez-vous avec Coach Johann en Vieille-Ville. Entouré de ses joyeux compagnons du club de course, le coureur amateur se frotte à la montée de Saint-Léger.

Episode 5: Rêve de champion

Accompagné de coach Johann, Frédéric part courir à jeun. Mal lui en a pris, le voilà victime de vertiges au point de perdre connaissance. Le temps d'un rêve, il confie ses doutes à un grand champion.

(TDG)

Créé: 04.12.2016, 20h17

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