Le Parlement des jeunes genevois collecte cinq tonnes d'habits

Solidarité Dominique Froidevaux directeur de Caritas tire un bilan très positif et lance un nouvel appel: «Donnez des sacs de couchage!»

Une partie du parlement des jeunes genevois avec, à gauche sur cette photo, Jovan Strbanovic et Dominique Froidevaux de Caritas Genève.

Une partie du parlement des jeunes genevois avec, à gauche sur cette photo, Jovan Strbanovic et Dominique Froidevaux de Caritas Genève. Image: DR/FB

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Exceptionnellement long et clément – près de trois semaines sans pluie ni vent ni gel – l'été de la Saint-Martin a fait place à l'hiver. Les migrants qui fuient la guerre ou la pauvreté sont plus que jamais dépendants de la solidarité des Européens. Avec ou sans certitude de pouvoir rester sur le Vieux Continent, tous ont froid et cherchent abri et réconfort.

«Aujourd'hui, nous manquons de sacs de couchage», lance Dominique Froidevaux. Le directeur de Caritas-Genève est toujours aux avant-postes de l'aide sociale. Sa dernière initiative a été de mettre le Parlement des jeunes genevois (PJG) au défi de collecter des habits de jeunes pour les migrants, pour vêtir dignement notamment les mineurs qui débarquent sans famille. Six semaines plus tard, il tire un bilan très positif.

Lire: Le Vestiaire social est vide, le Parlement des jeunes réagit

Lancée en octobre, la collecte dans les collèges et à l'Université a permis d'amasser pas moins de cinq tonnes de vêtements. «Elle se poursuit dans plusieurs établissements, indique Camille Lanci, présidente de la Commission intégration des jeunes migrants du Parlement des jeunes genevois. Nous avons eu un grand succès à UniBastions et UniMail.» Sur Facebook , «Tes vêtements pour la dignité» suit l'opération régulièrement.

«Le PJG, un creuset de l'esprit citoyen»

Presque vide début octobre, le Vestiaire social - une structure commune à Caritas et au CSP, situé à la rue de l'Avenir - est donc à nouveau plein voire débordant, constate Dominique Froidevaux. Une deuxième antenne a été ouverte à la rue Amat, dans des locaux provisoires prêtés par la Ville de Genève. Trois points réjouissent particulièrement le directeur de Caritas Genève: 1) l'énorme travail bénévole de tri réalisé par quelque 200 étudiants dans une vingtaine de lieux, 2) la bonne qualité, la propreté et l'adéquation des vêtements reçus aux besoins des jeunes à vêtir et 3) l'excellent entrain des membres et l'esprit opérationnel et non partisan qui règne au sein du PJG.

«Vraiment j'aime travailler avec ces jeunes!» avoue Dominique Froidevaux, qui remercie aussi Gaëtan Paratte, un civiliste embauché par le collège André Chavanne, Patricia Rodrigues et les chauffeurs Thierry Probst et Jovan Strbanovic. Pour le professionnel de l'action sociale, il voit dans l'action du PJG le creuset parfait, où se forge l'esprit citoyen et se met en pratique la devise «Liberté, Fraternité, Solidarité» qui vaut pour toutes les sociétés démocratiques durables.

Une centaine de migrants par mois arrive à Genève

L'Hospice général est également au front. Malgré la subvention cantonale, la régie publique d'action sociale lance également un appel aux dons. «Plus de 100 hommes, femmes et enfants arrivent chaque semaine dans notre canton, lit-on sur le site internet de la plus vieille institution d'assistance sociale du canton. Vos dons sont nécessaires pour aider ces personnes au-delà de ce que prévoit la loi, afin d'améliorer leurs conditions d'accueil et leurs chances d'intégration.»

L'Hospice général qui n'agit évidemment pas que pour les migrants a confié la coordination des offres spontanées des citoyens en faveur des réfugiés à Raphaëlle Carron Pierret. La chargée de mission a collecté plus de trente propositions individuelles et une dizaine en provenance d'association. L'Hospice a reçu aussi des aides de mécènes, de clubs de service comme le Rotary, ainsi que de groupements d'employés de la Genève internationale, notamment de l'Organisation internationale pour les migrants. «Une offre particulièrement bienvenue, dit Raphaëlle Carron Pierret, car ces gens ont souvent des connaissances du terrain.»

Des habits doivent être achetés

Caritas n'est pas la seule association à Genève à collecter des vêtements. Elle a commencé en 1942 en pleine guerre. Et n'a jamais cessé, raconte Froidevaux. En 1956, le Centre social protestant a ouvert son propre vestiaire dans la foulée de l'arrivée des réfugiés hongrois. Depuis 2004, les deux vestiaires font cause commune. Une partie des vêtements récoltés est remis en vente à bas pris dans les boutiques de la chaîne Point Rouge, une autre va au Vestiaire social. Les personnes disposant d'un bon délivré principalement par l'Hospice général peuvent s'y vêtir gratuitement.

Une partie des vêtements doit être achetée. C'est le cas des sous-vêtements, des bonnets et des chaussures. Caritas achète au meilleur prix en général chez les grossistes, indique son directeur toujours à la recherche de bons plans commerciaux. Pour les chaussures, l'association basée à la rue de Carouge a reçu un don conséquent d'un particulier qui a posé une condition: que leur origine respecte les labels sociaux. Pas question, a-t-il dit, d'exploiter les ouvriers du sud pour chausser les migrants parvenus au nord.

(TDG)

Créé: 23.11.2015, 16h49

Le Parlement des Jeunes Genevois (PJG) est une association ouverte à tous les jeunes du canton de Genève âgés de 15 à 25 ans. Ils sont près de 160 aujourd’hui, lit-on sur Internet, et ont en commun la volonté de s’engager pour la jeunesse genevoise via divers projets. L'action du PJG s'exerce notamment au travers de commissions dont celles qui s'occupent des migrants et des cohabitations jeunes en formation et retraités, une webradio Jean-Jacques FM, Côté Plus, un périodique publié trois fois par an, une page Facebook, un fil Twitter @PJGenevois et de nombreuses animations politiques et culturelles.

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