Parité des sexes au parlement genevois: Marjorie de Chastonay face à Stéphane Florey

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En France, tous les Conseils départementaux sont absolument mixtes car les Français ne pouvaient élire que des duos formés d’un homme et d’une femme. On en est loin en Suisse, mais la parité des sexes dans les parlements n’en fait pas moins débat. Marjorie de Chastonay, candidate Verte au Conseil d’État, en avril 2018, et Stéphane Florey, député, chef du groupe UDC, également candidat au Conseil d'Etat, croisent leurs arguments.

26 députées sur 100. Cherchez l’erreur!

Marjorie de Chastonay, candidate Verte au Conseil d’État

Un chiffre: 26, c’est le nombre de femmes élues au Grand Conseil genevois en 2013, soit à peine plus du quart de notre parlement. Moins encore qu’en 2005 où elles n’étaient déjà que 31. À titre de comparaison, la Suède frise la parité avec ses 43,6% de femmes élues, sans parler du Rwanda où plus de 60% de femmes occupent le parlement (Source: Union interparlementaire www.ipu.org). Cherchez l’erreur!

Moins nombreuses que les hommes sur les listes, les femmes restent désespérément sous-représentées dans les élections genevoises. Il convient alors de modifier cette situation et les partis ont un rôle fondamental à jouer. Parmi les étapes obligées pour améliorer ce score déplorable, la composition des listes est déterminante.

À moins de six mois des élections cantonales, alors que les partis politiques du bout du lac se mettent en ordre de marche pour renouveler les autorités législatives et exécutives, le signal est mauvais. Sur les listes du PLR et du PDC, les femmes représentent moins d’un tiers des candidat-e-s. Que dire de l’UDC où elles sont moins de 20%! Quel manque d’ambition et de représentativité!

Chez les Verts où la parité est statutaire, la question ne se pose même plus, la liste proposée comprend autant d’hommes que de femmes. Gageons que si tous les partis suivaient cette démarche et offraient à l’électorat des listes comportant autant de femmes que d’hommes, on tendrait vers plus d’égalité.

Et si cela ne suffit pas, il conviendra de réfléchir à modifier notre Constitution en instaurant une représentation proportionnelle et paritaire. L’électorat serait ainsi appelé à élire 50 femmes et 50 hommes pour le Grand Conseil.

L’égalité entre femmes et hommes n’est pas acquise dans de nombreux domaines et le monde politique n’échappe pas à la règle. C’est dès l’enfance que tout semble se jouer; aux garçons tout est possible en matière d’orientation, alors que les filles font encore face à un choix limité. Comment se projeter lorsque l’on est une petite fille et que tous les postes clés sont occupés par des hommes?

Si l’on veut éviter des mesures contraignantes, il serait donc temps qu’en avril et en mai 2018, les élections cantonales offrent au Grand Conseil et au Conseil d’État davantage de place aux femmes. Et si les partis ne sont pas capables de le faire encore cette fois-ci, ce sera aux électeurs et aux électrices de corriger le tir en votant massivement pour des femmes!

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La parité, un facteur de discrimination

Stéphane Florey, député, chef du groupe UDC

Notre Constitution cantonale prévoit que les personnes de nationalité suisse âgées de 18 ans révolus sont titulaires des droits politiques sur le plan cantonal. Des droits politiques qui comprennent notamment l’éligibilité, indépendamment du sexe auquel l’on appartient. Aussi, vouloir instaurer une parité obligatoire dans la loi serait inconstitutionnel et profondément antidémocratique.

L’hypothèse, irréalisable, d’une parité obligatoire priverait le Peuple d’un vrai choix. Car, au final, c’est bien lui qui décide qui il veut voir le représenter aux divers étages de notre fédéralisme.

Les résultats parlent d’eux-mêmes, les partisans d’une parité obligatoire ne la retrouvent pas une fois l’élection passée car les groupes parlementaires élus sont composés majoritairement d’hommes. Pourquoi? Parce que les femmes, pourtant majoritaires dans la population, ne votent pas majoritairement pour des femmes.

Un parti, s’il le souhaite, peut présenter une liste comportant autant de candidates que de candidats. Mais quand il y a parité, il y a inévitablement exclusion. En effet, si le nombre de candidats d’un sexe est supérieur au nombre de candidats de l’autre sexe, des candidats sont exclus du seul fait de leur appartenance à un sexe. Un fonctionnement tout sauf démocratique.

Les partis politiques accueillent très volontiers les femmes qui partagent leurs valeurs et qui désirent s’engager en politique. Des sections «femmes» sont mises en place pour donner une impulsion à la participation de la gent féminine. Mais aucun parti ne peut contraindre ses militantes à se présenter à une élection! De même qu’il est de plus en plus difficile et compliqué pour les partis de trouver des candidats hommes ou femmes disposant de temps à consacrer à une fonction politique.

Finalement, instaurer une parité obligatoire c’est faire injure au Peuple souverain qui décide qui élire en fonction de ses attentes, de ses idées et de ses affinités malgré les critiques de certains médias partisans d’un égalitarisme irréfléchi.

Le Peuple reste seul garant de notre démocratie et seul maître de ses décisions. En ce qui nous concerne, dans notre parti, l’UDC, nos candidats s’engagent pour représenter des idées et des valeurs, qu’ils soient hommes ou femmes. Au peuple de décider!

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Créé: 23.11.2017, 11h28

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