Le pari fou d’un quatre-étoiles

HôtellerieL’Atrium Airport ouvre ce jeudi, en plein cœur de la zone industrielle de Meyrin-Satigny. Il fallait oser...

Un aperçu des espaces de restauration.

Un aperçu des espaces de restauration. Image: Pierre Albouy

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Il a l’étoffe d’un établissement de classe. L’Atrium Airport Hotel ouvre ses portes ce 27 février. Dans le hall, ça sent le neuf. Malgré le temps maussade, le regard est immédiatement happé par l’immense fresque qui s’élève jusqu’à une vaste verrière perchée à 26m de haut!

Ainsi baigné de lumière naturelle, l’atrium porte bien son nom. Mais sa particularité se niche ailleurs. Ses quatre étoiles brillent en effet en plein cœur de la Zimeysa, la zone industrielle de Meyrin-Satigny!

Décor tout en contraste

Selon l’une des 163 chambres ou suites qu’il aura choisi, le client pourra certes profiter d’une vue magnifique sur les cimes du Jura et le vignoble de Choully, ou sur le Salève et les Alpes, Mont-Blanc en prime par beau temps.

À ses pieds, le décor est tout autre. D’un côté, l’hôtel domine le Campus genevois de Haute Horlogerie et la manufacture de l’horloger Roger Dubuis. Plus curieuse, la présence d’une vieille ferme. Mais ça passe encore. De l’autre côté, en revanche, la gare Zimeysa du Léman Express s’étire, flanquée de voies de garage où patientent des wagons-citernes. Plus loin, des hangars et des silos sur fond de collines de terre où s’affairent camions et pelleteuses. Pas de doute, on est bien pleine en zone industrielle.

«Quand je suis arrivé la première fois sur place, j’ai eu du souci», reconnaît Bernard Russi, président directeur général de BOAS, le groupe qui exploite l’hôtel. «Mais aujourd’hui, je constate que le bureau d’architectes (ndlr: Di Giuli & Portier Architectes SA, à Onex) a donné de la présence à cet ensemble, qui s’intègre parfaitement au site.» L’hôtel, avec sa façade blanche, est au centre d’un complexe en arc de cercle de plus de 300m de long, «aussi grand que la Tour Eiffel couchée», s’amuse-t-il.

Taupe, crème et marron

Voilà pour l’extérieur. Mais c’est plutôt à l’intérieur qu’il faut chercher la touche glamour. Ambiance feutrée, où les tons se déclinent notamment en taupe, anthracite, beige, crème et marron. Aménagement sobre mais très soigné dans les chambres, où les grandes vitres de plain-pied confèrent une belle luminosité. «Nous avons opté pour un style industriel chic», confie le directeur de l’hôtel, Gabriel Urban.

Un style qui colle à la clientèle visée, celle des voyages d’affaires. Et là, la situation de l’Atrium Airport apparaît nettement moins incongrue, dans une Zimeysa qui compte une quinzaine de milliers d’emplois. «Près de 1700 sociétés sont domiciliées ici, et nous sommes à moins de dix minutes de la gare Cornavin en train. Nous offrirons en outre un service de navette pour l’aéroport, mais aussi pour aller de l’hôtel à son lieu de travail s’il n’est pas trop éloigné», enchaîne le directeur. Le bus 57 conduit aussi à Cointrin.

Autre atout, de taille, le centre de conférence comportant «un espace modulable de près de 600m². Idéal pour des séminaires, il peut accueillir quelque 600 personnes. À cela s’ajoutent cinq autres salles d’environ 40m² chacune», se plaît à détailler Gabriel Urban.

Un chef aux fourneaux

«Dans un hôtel, ce dont on se souvient avant tout, c’est la restauration», assure Gabriel Urban. Et là, on a mis les petits plats dans les grands. En plus du bar, trois espaces attendent le visiteur: l’Atrium café privilégiera les produits régionaux; le GMT optera pour une cuisine exotique et plus particulièrement asiatique; enfin le Take away a été conçu pour les travailleurs pressés de la Zimeysa, à leur descente du train.

Mais surtout, le groupe BOAS a «débauché» un chef de qualité. Après avoir conduit durant six ans les brigades du palace genevois Mandarin Oriental, Yoann Le Bihan se réjouit d’atterrir à l’Atrium Airport. «Je n’avais encore jamais fait l’ouverture d’un établissement, cela manquait sur mon CV», glisse celui qui a connu, entre autres, les cuisines parisiennes du Georges V.

Ainsi équipé, le quatre-étoiles veut prouver qu’un hôtel de classe supérieure peut s’implanter dans une zone industrielle. Un pari fou? «Je vous répondrai dans cinq ans, le temps qu’il faut à ce type d’établissements pour devenir rentable, répond Bernard Russi. Mais le secteur de la Zimeysa est en plein développement et nous avons de solides atouts pour relever ce défi.»

Quant au coût de construction de l’Atrium Airport, il restera secret, «sur demande de l’investisseur», confie Bernard Russi.

Créé: 26.02.2020, 19h24

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