Les 1000 Vélib’ annoncés n’ont pas encore été livrés

GenèveLa promesse d’Intermobility n’est pour l’heure pas tenue. En attendant, l’acteur privé bloque toujours le projet étatique.

Les stations de «velospot», le système commercialisé par Intermobility, restent cantonnées aux communes périphériques du canton.

Les stations de «velospot», le système commercialisé par Intermobility, restent cantonnées aux communes périphériques du canton. Image: Keystone

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«Le 1er mai, quand le Tour de Romandie arrivera à Genève, nous aurons installé 125 stations et plus de 1000 vélos.» En février, la promesse du directeur d’Intermobility, l’entreprise privée qui a commencé à déployer ses vélos en libre-service dans le canton, paraissait alléchante. Le jour J, les cyclistes professionnels ont franchi la ligne d’arrivée sur les quais. Les utilisateurs de vélos en libre-service, eux, ont eu beau compter et recompter: le nombre de bicyclettes rouges «velospot» à disposition est plus proche de la centaine que du millier. Et les stations se trouvent toujours majoritairement confinées à des communes de la périphérie.

«C’est vrai, il n’y en a pas mille», concède François Kuonen, patron d’Intermobility, la société biennoise qui tente de pénétrer le marché genevois avec l’aide du TCS. «Les négociations avec les communes ont pris plus de temps que ce que nous pensions.» Désormais, la promesse est repoussée à la fin de juin. Quant au nombre d’utilisateurs genevois ayant souscrit un abonnement au système, il ne sera connu de l’entreprise biennoise qu’au début de l’été.

Face aux juges

Une nouvelle fois à Genève, le retard colle à la roue du vélo en libre-service. Car du côté étatique, le projet mené sous la houlette des TPG demeure bloqué en justice (lire nos éditions précédentes). Le responsable: Intermobility, dont le recours empêche d’ouvrir les enveloppes de ceux qui ont répondu à l’appel à concession lancé par l’Etat. Se considérant exclue par les conditions imposées (obligation d’attache physique requise, alors que le système d’Intermobility fonctionne avec un simple cadenas relié électroniquement à une borne), la société biennoise bloque le processus, comme elle le fait à Zurich et Berne où le choix du jury est contesté par l’entreprise. Récemment, le conseiller d’Etat Luc Barthassat et Christophe Clivaz, président par intérim des TPG, ont été auditionnés au Tribunal administratif de première instance. La Direction générale des transports (DGT) ayant saisi le Tribunal fédéral (afin d’annuler l’effet suspensif), les juges genevois attendent le verdict de la plus haute autorité judiciaire suisse pour trancher.

En attendant, Intermobility démarche les communes genevoises. Avec succès à Meyrin, au Grand-Saconnex et à Chêne-Bougeries, mais pas à Vernier, qui goûte peu aux méthodes avec lesquelles l’entreprise bloque le projet cantonal. En ville de Genève, les vélos rouges ne sont pas les bienvenus non plus, hormis sur quelques rares espaces privés.

Sur les parkings à vélos?

Au-delà des visées des uns et des autres, ce conflit porte également sur la délicate question de l’occupation de l’espace public. Pour l’Etat, un «loueur» ne peut installer ses vélos sur les emplacements prévus pour les cyclistes. Une vision que réfute, une fois encore, François Kuonen. Son argument: «On ne peut pas admettre qu’on nous empêche d’utiliser des emplacements alors que des voitures en partage sont autorisées à stationner sur l’espace public.»

Entre les décisions publiques contestées et la paralysie du processus d’adjudication, Intermobility ne craint-elle pas d’agacer ceux avec qui elle souhaite collaborer à l’avenir? «Nous sommes une entreprise privée, répond le patron. Nous défendons nos intérêts.»


Le prêt, en attendant le Vélib’

Alors que le vélo en libre-service genevois vacille entre batailles politiques, juridiques et économiques, un système de location poursuit sa route sur le bitume genevois depuis 1998. A la fin d’avril, avec l’arrivée des beaux jours, Genèveroule a ainsi (re)sorti ses vélos, classiques ou électriques: 400 bicyclettes qui invitent à la promenade, gratuitement (en échange d’une caution de 20 francs, 2 francs de l’heure au-delà de quatre heures). Les arcades situées en ville de Genève (Montbrillant et Terrassière) et Meyrin (Vaudagne) proposent quant à elles des vélos en location et des réparations durant toute l’année.

De par sa structure, le système n’est pas en mesure de répondre aux défis de la mobilité quotidienne. Mais la possibilité de ramener son vélo dans l’une des huit stations offre une certaine flexibilité. Enfin, un nombre croissant d’entreprises et institutions sollicite l’association pour encourager les employés à pédaler. Hier, quatre organisations internationales majeures ont ainsi coupé le ruban d’une station permanente sur la place des Nations. Une grande banque genevoise a également recouru aux services de l’association pour obtenir «ses» vélos. Enfin, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’apprête à son tour à sacrifier des places de parking pour un terminal.

(TDG)

Créé: 09.05.2016, 18h49

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