La Turquie réclame le retrait d'une photo

GenèveUn cliché exposé par Demir Sönmez sur la place des Nations fâche les autorités turques.

Ce cliché, qui fait partie des 58 photographies exposées par Demir Sönmez sur la place des Nations jusqu'au 1er mai, ne plaît pas à la Turquie.

Ce cliché, qui fait partie des 58 photographies exposées par Demir Sönmez sur la place des Nations jusqu'au 1er mai, ne plaît pas à la Turquie. Image: Twitter/Evrensel Gazetesi

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Sur l'image, une banderole en premier plan avec le visage dessiné d'un adolescent souriant accompagné du message suivant: «Je m'appelle Berkin Elvan, la police m'a tué sur l'ordre du Premier Ministre turc.» Ce cliché, qui fait partie des 58 photographies exposées par Demir Sönmez sur la place des Nations jusqu'au 1er mai, ne plaît pas à la Turquie. Comme le révèle Le Courrier ce lundi, le consulat turc a protesté auprès de la Ville de Genève, demandant que la photographie soit retirée. Le Conseil administratif doit en discuter mardi, d'ici là hors de question de toucher à l'exposition.

Les images exposées par le photographe genevois d'origine kurde et arménienne ont été prises lors des nombreuses manifestations qu'accueille la place des Nations. Celle qui contrarie la Turquie a été réalisée le 14 mars 2014. Ce jour-là, plus d'une centaine de manifestants protestaient contre le régime d'Ankara à l'occasion du décès de Berkin Elvan, deux jours auparavant, après 269 jours de coma, explique le quotidien genevois. Le 16 juin 2013, l'adolescent, parti chercher du pain, avait reçu une grenade lacrymogène tirée par un policier au moment où le mouvement de contestation de la place Taksin battait son plein. Le président turc Recep Tayyip Edorgan, qui était alors premier ministre, avait déclaré que le jeune homme, âgé de 15 ans, était membre d'une organisation terroriste.

Face aux demandes du consulat de Turquie, Demir Sönmez défend sa liberté d'expression, souhaitant même que son exposition soit prolongée. Le photographe peut compter sur le soutien de plusieurs politiques, dont le conseiller national socialiste Carlo Sommaruga, qui se dit choqué par «l'ingérence d'un Etat tiers dans les affaires internes de la Ville de Genève pour lui demander de limiter la liberté d'expression». Et de craindre que l'Exécutif genevois ne cède par peur de créer un incident diplomatique. Même son de cloche du côté de l'UDC Yves Nidegger, qui estime que si la place des Nations ne pouvait plus accueillir de protestations pour la défense des droits humains, alors «elle ne servirait à rien». Du côté de la Ville de Genève, Rémy Pagani juge qu'il serait «aberrant» de «censurer» la photographie. «La liberté d'expression, c'est la liberté d'expression», commente-t-il dans les colonnes du Courrier.

Verdict mardi.

(TDG)

Créé: 25.04.2016, 11h34

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