L'oreille des familles endeuillées

Un candidat au saut du lit (15/16)L’UDC Pascal Altenbach travaille aux Pompes funèbres. Il dit en tirer une connaissance de l’humain et de l’administration.

Pascal Altenbach, maître de cérémonie, dans l’un des chapelles du Centre funéraire de Saint-Georges.

Pascal Altenbach, maître de cérémonie, dans l’un des chapelles du Centre funéraire de Saint-Georges. Image: Lucien Fortunati

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«On avait dit devant l’entrée principale, vous êtes à l’entrée des défunts», s’exclame Pascal Altenbach en descendant de sa moto. Il rigole: «Enfin, ayez un peu de flair...» Il est 8h34 ce premier lundi de février. Au Centre crématoire et funéraire de Saint-Georges, on s’étonne de voir arriver un collègue que l’on pensait «en vacances». «En temps normal, ma journée commence à 7h30. Mais j’ai pris congé. Je ne veux pas tout mélanger», explique Pascal Altenbach, le souffle court.

C’est ce fonctionnaire municipal de 64 ans que l’UDC a désigné – un peu à la surprise générale – comme candidat au Conseil administratif de la Ville en compagnie du député Christo Ivanov. D’un naturel discret, Pascal Altenbach («prononcez «Altenbak» sinon les gens ne comprennent pas») achève sa deuxième législature au Conseil municipal. On ne l’y aura que rarement vu prendre la parole lors des séances plénières ou déposer des textes. Lui explique que l’essentiel de son travail se fait en commission. «À quoi ça sert de poser des questions pour poser des questions, ou de parler pendant des heures des grands problèmes internationaux? Ceux qui font cela jouent avec leur mandat. C’est de l’argent gâché», se défend-il.

À l’intérieur du centre funéraire, Pascal Altenbach nous emmène dans une des deux chapelles où il officie en tant que maître de cérémonie. «Elle a été construite en 1976 et peut accueillir jusqu’à 400 personnes, dit-il. Son orientation fait que le soleil illumine les vitraux pendant toute la journée. La vieille chapelle de l’Ange avait une capacité de 130 places seulement. La crémation se faisait juste dessous.» Parlant soudainement plus fort, il ajoute: «L’acoustique est parfaite, vous entendez?»

«Je connais la maison»

Dans son métier, Pascal Altenbach n’a pas la possibilité de se mettre «en apnée». Les familles des défunts, il les rencontre en personne. Son devoir consiste à s’assurer que leurs volontés soient respectées à la lettre. «C’est un travail très humain, qui demande beaucoup d’investissement. On doit être là mentalement. Si on a des soucis personnels, il faut les accrocher au porte-manteau en arrivant», insiste-t-il. Être littéralement au service des gens, c’est cela, pour lui, le «vrai» service public. «Les impôts, c’est la sueur du peuple», martèle-t-il.

C’est un travail très humain, qui demande beaucoup d’investissement. On doit être là mentalement

Pascal Altenbach, Conseiller municipal UDC

Comment ce juriste de formation, diplômé de droit international public, s’est-il retrouvé aux Pompes funèbres? «On fait les études qu’on veut, on trouve l’emploi qu’on peut, répond-il. Puis, j’ai continué à me former.» Comptable avant de devenir maître de cérémonie, il souligne qu’avoir fait l’ensemble de sa carrière au sein de l'administration municipale lui a permis d’acquérir une fine connaissance de son fonctionnement. «Je connais la maison», résume-t-il.

Né à Paris de parents suisses, Pascal Altenbach a vécu en France jusqu’à l’obtention de son baccalauréat. Son père tenait une fabrique d’orfèvrerie en banlieue parisienne, où sa mère travaillait également. De retour en Suisse pour étudier le droit à l’Université de Lausanne, il travaille en parallèle en tant que clerc d’huissier judiciaire. Un travail délicat, déjà.

Ancien radical

Pour lui, il est essentiel de mieux informer les gens, et en particulier les personnes âgées, de leurs droits. Comment? «Il faut leur téléphoner, leur écrire, passer par le biais des gens qui les aident au quotidien.» Une autre priorité à ses yeux serait de mettre à disposition des artistes davantage de locaux pour qu’ils puissent exposer leurs œuvres.

Pascal Altenbach a commencé sa carrière politique dans les années90. Il était alors membre du Parti radical et admirait certaines de ses figures, à l’image de l’ancien conseiller administratif Michel Rossetti. «Mais ensuite le parti a trop dérivé vers le tout-libéralisme et laissé tomber le patriotisme, qui fait pourtant la force des États», explique-t-il. À Genève, l’UDC est le nouveau Parti radical, estime ce caporal à l’armée. Il n’est pas certain que Michel Rossetti soit du même avis.

Créé: 05.02.2020, 07h14

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