L’opération «mains propres» a conquis 171 pays

HygièneDirigée depuis Genève, la campagne de la journée mondiale de l’hygiène des mains mobilise plus de 17'000 hôpitaux aujourd'hui.

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Flashback: nous sommes en 2009. Dans le cadre du défi mondial pour la sécurité des patients, Didier Pittet lance la première journée mondiale de l’hygiène des mains. Cinq ans après, ce lundi 5 mai, l’événement a gagné 171 des 194 pays-membres des Nations Unies, soit plus de 95% de la population mondiale. Son objectif: sensibiliser les populations – et essentiellement les soignants – à l’importance capitale d’une bonne hygiène des mains.

La base de cette hygiène: le célèbre flacon de solution hydro-alcoolique présent au détour de chaque couloir aux HUG. C’est le pharmacien William Griffiths, un Anglais venu en Suisse dans les années 70, qui l’a mis au point une dizaine d’années plus tard alors qu’il travaillait aux HUG. Avec l’aide du professeur Didier Pittet, des améliorations ont été apportées au désinfectant. Sa version définitive a abouti en 1995. «A chaque fois que la solution hydro-alcoolique, accompagnée d’une formation du personnel soignant, a été introduite dans un hôpital, le taux d’infections liées à une mauvaise hygiène des mains a nettement diminué» informe Didier Pittet. En 2005, l’organisation mondiale de la santé (OMS) a demandé au professeur de globaliser son action: le premier défi mondial pour la sécurité des patients était lancé. Depuis 2009, la campagne de la journée de l’hygiène des mains est dirigée par une de ses équipes, laquelle travaille à l’OMS à Genève.

Cette année, le thème de l’hygiène des mains est associé à celui des bactéries résistantes. Aux HUG, activités ludiques et stands informatifs devant les bâtiments amusent visiteurs et patients. Didier Pittet lui-même est venu lancer quelques-unes des boules multicolores qui barbotent dans une piscine. «Le but du jeu est de tuer des bactéries en jetant les boules qui symbolisent les microbes dans la fontaine-flacon» explique une infirmière. Les soignants ont leur propre stand d’information, plus spécifique, à l’intérieur de l’hôpital.

La campagne de Didier Pittet comporte cinq étapes. Un: avoir un flacon de désinfectant à portée de main. Deux: éduquer les soignants à avoir les bons gestes. Trois: sensibiliser les gens à l’aide de posters significatifs. Quatre: mesurer la performance des soignants partout où le programme est appliqué et la restituer. Cinq: tenir compte de la culture des pays et adapter les stratégies dans le monde.

Bien qu’il y ait eu au début quelques réticences à changer d’habitudes chez le personnel médical, le désinfectant est désormais bien implanté aux HUG. «Nous sommes probablement l’hôpital qui en utilise le plus, sourit Didier Pittet. Tous les soignants ont un flacon dans leur poche et les distributeurs sont rechargés chaque jour.»

Un livre grand public, Le Geste qui Sauve, écrit par l’auteur Thierry Crouzet et traduit en six langues, en dit plus long sur le sujet et le travail du professeur Pittet. (TDG)

Créé: 05.05.2014, 17h51

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