Ils sont onze à vouloir conquérir le Conseil d’État

Élections cantonalesLes quatre de l’Alternative ne parviennent pas à partir unis face aux trois de l’Entente. Outre le MCG Poggia et l’UDC Yves Nidegger, Willy Cretegny et Paul Aymon rempilent.

Les onze candidats au deuxième tour étaient tous présents au premier tour de l'élection au Conseil d'État.

Les onze candidats au deuxième tour étaient tous présents au premier tour de l'élection au Conseil d'État. Image: Frank Mentha

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La clôture du dépôt des listes pour le second tour de l’élection du Conseil d’État le 6 mai avait été fixée mardi à midi. Ce sont finalement onze candidats, tous déjà présents au premier tour, qui brigueront l’un des six sièges restants, Pierre Maudet ayant assuré le sien avec brio au premier tour. Leurs noms figurent sur sept listes différentes.

L’Alternative désunie

On pensait lundi soir que la gauche avait fait le plus difficile pour s’unir au second tour. Eh bien, non! Si les socialistes Anne Emery-Torracinta (conseillère d’État) et Thierry Apothéloz (conseiller administratif de Vernier) font désormais liste commune avec le conseiller d’État Vert Antonio Hodgers, la représentante d’Ensemble à Gauche, la députée Jocelyne Haller, demeure sur la liste au nom de sa formation.

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Cette division est un petit coup de théâtre, qui répète en partie le scénario de 2013. En refusant de faire liste commune avec le Parti socialiste et les Verts, Ensemble à Gauche limite le potentiel électoral des candidats désignés. Il s’agit avant tout d’un problème d’image, car le fait qu’on ne puisse plus glisser des listes dans l’enveloppe mais que l’on doive cocher des candidats change la donne.

De plus, les électeurs ne sont pas prisonniers des consignes de leurs partis. Reste que la dynamique se grippe à gauche, dont certaines composantes espéraient gagner un siège supplémentaire au Conseil d’État le 6 mai prochain.


Lire aussi l'éditorial La gauche cultive l’art de la division


Sur quel point a capoté l’unité à gauche? Dans un communiqué, les trois partis expliquent qu’EàG souhaitait «une campagne forte sur la défense d’un taux d’imposition des bénéfices des entreprises (PF 17) fiscalement neutre à 16% minimum». Mais leurs partenaires n’ont pas voulu se lier les mains sur un taux précis. «Nous avons donc décidé de conserver notre autonomie», souligne le député Pierre Vanek. Cet échec n’empêche pas les signataires de terminer leur communiqué en appelant à faire «ensemble barrage à la droite au Conseil d’État». Par ailleurs, les trois partis «s’engagent résolument à soutenir l’initiative Zéro pertes! colancée par l’Alternative et les syndicats».

Difficile d’affirmer que ce petit coup de froid au sein de la gauche changera la donne. Mais chaque détail compte. Si l’on se réfère au poids électoral des deux alliances tel que sorti des urnes, l’Alternative ne dispose que d’un minuscule avantage: 36,29% des suffrages, contre 35,89% pour l’Entente.

L’Entente vise le statu quo

Seront présents du côté de l’Entente la députée PLR Nathalie Fontanet, accompagnée des conseillers d’État PDC sortants Serge Dal Busco et Luc Barthassat. Ils figurent sur la liste unie de l’Entente déjà en lice au premier tour.

Oubliée la quête d’un cinquième siège, l’objectif de l’Entente est désormais de conserver sa majorité de quatre élus au gouvernement. Cela ne sera pas forcément facile au vu de la performance moyenne de Luc Barthassat au premier tour. Les deux partis bourgeois ont clairement choisi lundi soir lors de leurs assemblées respectives de serrer les rangs plutôt que de risquer une crise en mettant sur la touche le conseiller d’État.

Pour que cela ait un sens, il aurait fallu soit trouver un remplaçant de luxe au sein du PDC soit que le PLR garde ses trois candidats. Or Guillaume Barazzone ne semble pas intéressé à jouer ce rôle et les libéraux-radicaux ont refusé de prendre le risque de casser la dynamique de l’Entente.

Le héros solitaire

Le conseiller d’État MCG Mauro Poggia fait, de son côté, la course en solitaire. À lui tout seul, il infirme toutes les théories qui affirment qu’on ne peut être élu sans alliance. Le score qu’il a réalisé le 15 avril est tout simplement phénoménal: deuxième, il talonne Pierre Maudet avec 43 728 voix.

Sa cote d’amour auprès de la population est d’autant plus remarquable que sa formation a, elle, connu une cinglante défaite électorale en perdant neuf de ses vingt députés. Avec un tel résultat, il ne fait guère de doute que l’avocat entamera un deuxième mandat au Conseil d’État.

Au niveau de l’isolement, la situation est identique pour le conseiller national UDC Yves Nidegger. Mais le résultat ne sera pas le même. Treizième du premier tour juste devant Jocelyne Haller, ne pouvant s’appuyer sur aucune alliance, Yves Nidegger dépose une candidature de combat. Il s’agit pour l’UDC d’occuper le terrain et de continuer à marteler son discours.

Deux candidatures atypiques

Enfin, deux candidatures atypiques ont été maintenues au second tour: celle du viticulteur Willy Cretegny, défenseur d’un développement maîtrisé du canton, et celle de Paul Aymon, dit le Prophète, au discours humoristico-surréaliste.

Le premier a été le mieux classé des «petits» candidats le 15 avril, se plaçant à quelques centaines de voix seulement de Ronald Zacharias (Genève en marche) et de l’UDC Thomas Bläsi. Il a décidé de poursuivre la campagne, non pas pour être élu mais pour être entendu.

Au chapitre des statistiques, apprenez que Paul Aymon est le plus âgé des onze candidats du haut de ses 74 ans. À l’opposé, Antonio Hodgers est, à 42 ans, le benjamin de la troupe. Finalement, la parité est loin d’être atteinte même concernant les candidatures puisque seules trois femmes restent dans la course pour le second tour: la socialiste Anne Emery-Torracinta, la PLR Nathalie Fontanet et Jocelyne Haller, d’Ensemble à Gauche.

Créé: 17.04.2018, 19h38

Les candidats croisent le fer jeudi

Dernière ligne droite pour les onze candidats au Conseil d’État. Les Genevois éliront le 6 mai les six magistrats qui formeront, avec Pierre Maudet, leur futur gouvernement.

Pour permettre aux citoyens d’affiner leur opinion, la «Tribune de Genève» et Radio Lac organisent conjointement un grand débat ce jeudi 19 avril à Uni Dufour, salle U600. L’entrée est gratuite.

À 20 heures, les candidats se positionneront sur les enjeux de la prochaine législature et sur l’avenir de Genève. Au travers de questions ciblées, les grands thèmes d’actualité seront abordés: le logement, les finances publiques, l’enseignement et la formation, la santé, l’emploi et l’économie et, enfin, la mobilité et le Grand Genève. Pour chaque thématique, quatre à cinq prétendants au Conseil d’État débattront durant quinze minutes. À l’issue du débat, le public sera invité à poser ses questions aux prétendants.

La soirée se conclura par une verrée. Des experts issus de la société civile donneront le surlendemain leurs évaluations dans la «Tribune de Genève» et les propos des candidats seront passés au crible du «fact-checking» dans notre édition du week-end. J.D.W.

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