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Occupation inédite au bord du Rhône au moyen d'un radeau

Le bâtiment de la presqu'île d'Aïre, destiné à devenir une prison, a été investi samedi soir. Abordage à l'ancienne en descendant le fleuve.

Cet ancien bâtiment désaffecté de la Station d’épuration (Step) sur la presqu’île d’Aïre, convoité par les milieux culturels, a été investi samedi soir par des jeunes qui s’opposent au projet de l’État visant à faire de ce lieu au bord du Rhône une prison. Une banderole explicite a été suspendue à son porte-à-faux spectaculaire.
Cet ancien bâtiment désaffecté de la Station d’épuration (Step) sur la presqu’île d’Aïre, convoité par les milieux culturels, a été investi samedi soir par des jeunes qui s’opposent au projet de l’État visant à faire de ce lieu au bord du Rhône une prison. Une banderole explicite a été suspendue à son porte-à-faux spectaculaire.
Magali Girardin

Occupation directe comme on le dit d’une action qui fait passer les mots après les gestes. Sauf qu’ici, on fait les deux: on occupe physiquement, on déroule une banderole en disant pourquoi.

Les moyens sont ceux d’un abordage à l’ancienne. Pour investir le très convoité bâtiment désaffecté de la Station d’épuration de la presqu’île d’Aïre, mieux vaut venir par le fleuve et savoir grimper sur les coursives supérieures. Cette architecture paraît en effet imprenable quand on vient de la terre, les baies vitrées ont été palissadées au fil des ans, les accès sont partout fermés.

Donc, samedi en fin de journée, un radeau parti du quai du Seujet, équipé de roues à aubes et d’une tour de quatre mètres de haut, s’est présenté dans l’axe de l’adresse fluviale à squatter. Laquelle se termine par un étonnant porte-à-faux surplombant le Rhône. C’est le point d’accès choisi par les visiteurs. Les voici dans la place. Elle est bien pourrie et les espaces à franchir comme les vieilles cuves de traitement des boues, sont assez immenses et vertigineux. De quoi rêver en regardant où l’on met les pieds.

Les milieux culturels avaient imaginé transformer l’endroit à des fins artistiques (concerts, expos, projections), l’État a mis sa main lourde sur l’adresse pour en faire une institution carcérale destinée à des détenus en fin de peine engagés dans des programmes de réinsertion.

Le programme actuel est à l’occupation protestataire, dans la continuité du mouvement pour le droit à la ville. Les jeunes pirates arrivés en radeau ont hissé la voile en forme de banderole, marquant clairement leur préférence: «Nous construisons un monde sans prison». Le message a été reçu cinq sur cinq par le voisinage. Les gens passent, s’arrêtent, expriment leur soutien dominical.

Les effectifs policiers sont moins nombreux le dimanche, qui plus est au sortir d’un samedi de manifestation à gérer au centre-ville. Cela, les squatters le savent bien. Des agents de sécurité sont venus à plusieurs pour tenter de les déloger la première nuit. En vain. L’échelle avait été retirée de la coursive. Il faudra mettre d’autres moyens pour obtenir la reddition de ce squat haut perché, monté sur des pilotis spectaculaires.

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