Une nuit avec la police des transports

ReportageLa police de sécurité des CFF et des TPG se prépare au défi sécuritaire du CEVA. A Genève, son effectif a doublé depuis juillet 2012.

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«Alerte à l’agression dans le tram 14». Il est 0h45 du matin, le dimanche 22 juin. Feux bleus et sirène en marche, une patrouille de la police des transports fonce rue du Stand. Leur 4x4 bleu et gris arbore deux logos: celui des CFF, auxquels appartient cette police spécialisée, et celui des Transports publics genevois (TPG), qui font appel à ses services depuis juillet 2012. Avec un bilan positif: «Pendant ces deux ans, les agressions et les incivilités ont baissé de 20-25%», selon Cédric Domenigoni, coordinateur opérationnel de sûreté aux TPG. Entre-temps, les prestations ont doublé, avec des patrouilles sept jours sur sept, et le budget a été porté à deux millions pour l’année 2014.

Le tram s’est immobilisé entre deux arrêts. Des passagers guident la patrouille. Un policier reste auprès de la victime, sous le choc, mais sans blessure apparente. Les deux autres partent à la poursuite de l’agresseur présumé. Ils le rattrapent cent mètres plus loin. «Restez assis et mettez les mains sur les genoux», ordonne Michel Willy, chef de la région Suisse romande et à la tête d’une patrouille cette nuit-là. Le temps que son collègue gare le 4x4 hors des voies du tram, il reste seul face au suspect et à une dizaine de jeunes, qui crient: «Il n’a rien fait!»

Un instant plus tard, la patrouille se regroupe, puis reçoit le renfort de trois collègues. «On a figé la situation en les attendant, explique le capitaine Willy. La victime a été secourue. L’auteur présumé a été identifié et les vidéos de surveillance bloquées. Quand les renforts sont arrivés, nous avons fait les contrôles d’usage.»

Le mode opératoire de ces policiers armés: deux hommes montent dans les bus ou trams et un troisième les suit en voiture pour permettre un départ rapide en intervention. Depuis un an, ils disposent aussi de deux motos. De quoi circuler rapidement avec une vision en surplomb.

Le CEVA, enjeu sécuritaire

«Par rapport aux 500 000 voyageurs transportés chaque jour à Genève, les incidents sont presque inexistants, relève Michel Willy. Mais bientôt, avec la ligne Cornavin-Eaux-Vives-Annemasse (CEVA), un million d’habitants seront connectés au réseau.» Pour la police des transports, le «chantier du siècle» représente un enjeu sécuritaire. A Genève, l’actuel effectif de douze personnes sera complété par sept aspirants policiers d’ici 2017. Le but: «préparer l’avenir du transport dans le Grand Genève», explique Michel Willy, tout en rappelant que les effectifs sont mobiles. Pendant la nuit de service, de 19h30 à 5h30, une jeune aspirante accompagne d’ailleurs l’équipe. «Le travail est très varié, s’enthousiasme-t-elle. Je pense que c’est une police qui a de l’avenir.» A condition de réussir la formation, elle entrera en fonction en avril 2016.

Fraudeurs éméchés, accidents: les interventions s’enchaînent. Dans les dépôts des TPG, une autre mission attend les policiers. «On retrouve des gens endormis dans les véhicules. Ce n’est pas la partie la plus drôle de notre travail», confie l’un d’eux. Mais dans l’ensemble, la nuit aura été «plutôt calme». «Les plus gros problèmes arrivent en pleine journée, quand on s’y attend le moins. Cet imprévu, c’est aussi ce qu’on aime. Il n’y a jamais de routine.»


Déploiement de véhicules, gilets «lemon» (jaune fluo): la visibilité fait partie de la tactique de cette police spécialisée. «Se rendre visible est très dissuasif, explique Michel Willy. C’est le même principe que les gilets jaunes de la British Transport Police.»

A Rive, la patrouille prête main forte à des contrôleurs des TPG, qui doivent affronter des usagers récalcitrant. Parmi eux, deux jeunes filles mineures. La police prévient leurs parents, qui les croyaient en sécurité chez des amis. Elles sont en pleurs.

Le Noctambus pour Gex est bondé. Un policier motocycliste le suivra de la gare Cornavin à la frontière. «Les médiateurs font un excellent travail, mais s’il y a un débordement, nous sommes prêts», relève Michel Willy.

(TDG)

Créé: 25.06.2014, 19h01

12 policiers à Genève

La police des transports compte 255 collaborateurs dont 52 en Suisse romande. A Genève, l’effectif a doublé en deux ans pour atteindre 12 policiers. Il devrait avoir bientôt triplé, avec l’entrée en fonction de deux aspirants policiers prévue en avril 2015 et celle de cinq autres aspirants en 2016.

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