Malgré la nouvelle plage, la ruée vers l’eau perdure

BaignadeLe nouveau site balnéaire des Eaux-Vives ne fait pas fléchir la fréquentation aux Bains des Pâquis, à Genève-Plage ou encore sur les rives du Rhône. Explications.

Malgré leur rivale de la Rive gauche, les Bains des Pâquis ne désemplissent pas.

Malgré leur rivale de la Rive gauche, les Bains des Pâquis ne désemplissent pas. Image: Laurent Guiraud

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Inextinguible. Dans la chaleur de l’été genevois, ainsi peut-on qualifier la soif populaire de rafraîchissements aquatiques. Alors qu’une vaste nouvelle plage s’est ouverte gratuitement au public sur le lac aux Eaux-Vives, le 22 juin, on aurait pu s’attendre à une accalmie de l’affluence sur des lieux analogues. Or, la bouffée d’oxygène espérée n’est pas venue.

Très en vogue au point d’être bondées ces dernières années, les rives du Rhône à la Jonction connaissent-elles un répit? En aucun cas, si l’on en croit les acteurs de terrain que constituent les équipes du projet de prévention «Lâche pas ta bouée», mené par l’association La Barje.

«Nos équipes restent très occupées, avec quelque 130 contacts quotidiens, assure Fanny Léchenne, directrice. On ne constate pas de baisse de fréquentation, alors qu’on aurait pu s’y attendre, mais il s’agit aussi d’un été très chaud, avec déjà deux épisodes caniculaires: cela attire peut-être un public supplémentaire qui ne se rendrait pas habituellement au bord de l’eau.»

L’offre et la demande

«Toute offre suscite une nouvelle demande, tout comme la construction d’une route va créer son propre trafic», analyse de son côté Iago Cruz, responsable de la buvette saisonnière À la Pointe que l’Association pour la reconversion vivante des espaces (ARVE) exploite chaque été au bout de la presqu’île. Selon lui, l’affluence sur les berges urbaines du Rhône continue de croître, à l’image également du chiffre d’affaires – et, hélas, aussi des charges – du débit de boissons dont il s’occupe. «On ne constate aucune désaffection, au contraire, assure-t-il. Cela s’explique aussi parce qu’il y a un public qui préfère le Rhône au lac et qui reste fidèle à sa prédilection.»

On peut vérifier intuitivement sur place cet engouement persistant: la rive gauche du fleuve, en aval du pont de Sous-Terre recyclé en plongeoir illicite, reste très achalandée, avec un caractère festif et multiculturel, alors que le rivage plus sylvestre qui se niche sous la falaise de Saint-Jean semble toujours plus prisé, notamment par les adolescents. De plus, le quai du Seujet constitue cet été de façon quasi permanente le port de lancement de croisières toujours plus massives en canots pneumatiques. Le tout contraste avec le public plutôt familial (du moins durant la journée) de la plage des Eaux-Vives, une typologie qui trouverait moins bien sa place à la Jonction en raison du courant fluvial et du manque d’espace.

Foules littorales

Quid du lac? Situés presque en vis-à-vis de la nouvelle plage des Eaux-Vives, les Bains des Pâquis assurent qu’ils ne souffrent aucunement de la concurrence. Un simple coup d’œil sous le soleil de l’après-midi suffit d’ailleurs à s’en persuader: on ne court vraiment aucun risque de s’y sentir seul.

«On n’a jamais aussi bien travaillé et cette plage n’a rien changé, résume Philippe Constantin, coordinateur du lieu. La météo aide, bien sûr. Mais il y a aussi le fait que nous sommes complémentaires aux Eaux-Vives en offrant d’autres services: une buvette à prix populaires, des vestiaires où les gens peuvent se changer et faire garder leurs affaires, une plage bien nettoyée, des activités culturelles avec notamment les concerts de l’aube, qui attirent près de mille personnes chaque matin.»

Voisine immédiate de la nouvelle infrastructure, Genève-Plage a une réponse plus nuancée. «Il faudrait procéder à une comparaison fine en tenant compte des facteurs météo, mais a priori, on ne ressent pas d’impact alors que, franchement, on aurait pu s’y attendre vu que les Genevois, curieux par nature, sont friands de nouveautés, déclare Christian Machi, directeur. Les familles qui ont des enfants en bas âge veulent une pataugeoire, des vrais sanitaires et elles ont besoin d’ombre, ce qu’on peine à trouver sur la nouvelle plage. Les ados, eux, tiennent au plongeoir et à la piscine. C’est peut-être lors de journées mitigées qu’on sentira davantage la concurrence: les gens pourraient alors hésiter davantage à payer une entrée à 7 francs.»

Piscines prises d’assaut

L’eau chlorée ne paraît pas plus souffrir de la nouvelle rivale lacustre. «C’est la météo qui influence avant tout la fréquentation de nos piscines et à ce titre, on est plutôt sur une meilleure année que les précédentes, atteste David Genequand, responsable du Service des sports. La plage ne nous dessert donc pas, même si effectivement on entend que les gens l’ont essayée.»

Le sentiment est similaire à Carouge, où la piscine de la Fontenette enregistre quelque 1000 entrées supplémentaires par jour par rapport aux mêmes dates de l’an dernier. Les flux d’estivants semblent donc intarissables dans les lieux traditionnels de baignade alors que la nouvelle plage est tout sauf un échec, même si elle n’est encore que partiellement utilisable et ne connaîtra son ouverture complète que l’an prochain. L’État jauge sa fréquentation à quelque 3000 personnes par jour lors des week-ends de forte affluence.

Un travail à poursuivre

«Le succès de la plage des Eaux-Vives confirme à nos yeux le fort besoin de la population en accès urbains à l’eau, estime Pauline de Salis, au nom du Département cantonal du territoire. Son ouverture complète en 2020 ne sera qu’une partie de la réponse, il faudra continuer d’étudier des accès supplémentaires.»

Une conférence de presse commune est prévue à la rentrée, le 9 septembre, par le Canton et la Ville de Genève. Il s’agira de faire le point sur les projets de réfection de la rade qui seront facilités par l’extension portuaire en voie d’achèvement à côté de la nouvelle plage. Ces infrastructures doivent en effet permettre de délester le quai marchand des Eaux-Vives, qui pourra alors être réaffecté, tout comme le transfert de certaines activités au Vengeron.

Créé: 26.07.2019, 06h41

«C’est un nouveau public qui vient à la plage»

Ce n’est un secret pour personne: les responsables de
la sécurité en ville redoutaient l’ouverture de la plage des Eaux-Vives. Dans le même temps, il y avait l’espoir que cette nouvelle attraction puisse délester des points chauds de forte affluence, voire de fortes turbulences. Résultat? Tant les craintes que les espoirs s’avèrent infondés à en croire la commandante de la police municipale de la Ville
de Genève.

«L’essor de la fréquentation de la nouvelle plage est conséquent, constate Christine Camp. La population prise ce lieu, mais c’est un nouveau public qui s’y rend, ce n’est pas le même qui fréquente le sentier des Saules ou la Perle du Lac, où on n’observe pas
de soulagement. Dans une partie de ces sites, les grillades sont autorisées, ce qui n’est pas le cas à la plage des Eaux-Vives. On peut supposer que ce facteur limite les velléités de déplacement d’un lieu à l’autre.»

La police municipale observe que le public de la nouvelle plage est assez familial et paisible en journée. Le climat s’anime et s’alcoolise en mode afterwork dès 18 h. puis il se fait de plus en plus festif en soirée, amenant son lot de déchets et de décibels. «Dans l’ensemble, c’est finalement assez calme et on parvient jusqu’ici à limiter à un niveau acceptable les nuisances nocturnes, glisse Christine Camp. Honnêtement, c’est encore gérable pour l’instant.» M.M.

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