Nouvelle Comédie: la Ville prie le Canton de payer

DébatContrainte de réduire «son train de vie», la cité désire que l’Etat cofinance pour moitié la future institution phare du théâtre genevois.

La nouvelle comédie ne devrait pas remplacer l'ancienne (celle-ci) avant 2017.

La nouvelle comédie ne devrait pas remplacer l'ancienne (celle-ci) avant 2017. Image: dr

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Quarante millions de francs. C’est le montant que la Ville de Genève désire recevoir du Canton pour financer la réalisation de la Nouvelle Comédie. L’institution devra prendre place au sein du nouveau quartier qui sortira de terre autour de la gare des Eaux-Vives à l’horizon 2017. Seule anicroche, le Canton lui-même n’est pas au courant.

Dans un document destiné aux Commissions municipales de la culture et des constructions, que la Tribune de Genève s’est procuré, la Ville compte partager, à parts égales avec le Canton, les coûts de ce nouvel espace dédié au théâtre, évalués à un peu plus de 85 millions de francs. La Municipalité va même plus loin, en «conditionnant» sa participation à celle du Canton.

Contactée, la responsable du théâtre au Service cantonal de la culture, Dominique Perruchoud, assure qu’aucun chiffre n’a été avancé jusqu’à ce jour. En ce qui concerne le montant que chacun des protagonistes investira dans la Nouvelle Comédie, «ni la Ville ni le Canton ne se sont exprimés sur ce sujet», avance cette dernière. Seule promesse: l’Etat participera financièrement au projet. «A quelle hauteur, cela reste à déterminer», ajoute-t-elle.

La Ville veut des garanties

Retour vers les autorités municipales. Le conseiller administratif socialiste Sami Kanaan s’explique. «Ce chiffre n’est qu’une estimation. Il s’agit là d’un scénario qu’il faut comprendre dans le contexte de la planification des investissements de la Municipalité. Des discussions sont toujours en cours avec l’Etat, qui ne manque pas, par ailleurs, d’émettre des signaux positifs, notamment par son cofinancement et sa présence au sein du groupe d’accompagnement de la Nouvelle Comédie. Ce n’était pas le cas auparavant, où le Canton n’était présent qu’à titre d’observateur.»

Les propos sont moins policés pour le conseiller municipal socialiste Pascal Holenweg. «La Ville ne veut pas supporter à elle seule la réalisation du projet, et le fait savoir!» analyse ce membre de la Commission de la culture.

Autre commission municipale, celle des travaux et des constructions, où siège le libéral-radical Adrien Genecand. L’élu s’interroge, quant à lui, sur le montant de la facture finale. «Il y a trois ans, la Ville annonçait un projet de rénovation de l’ensemble locatif des Minoteries à 30 millions de francs. Aujourd’hui, la facture avoisine les 90 millions de francs. Cela démontre fondamentalement que la planification des investissements ne fonctionne pas. Nous devons disposer de garanties.»

Le Canton rassure

Alors que l’argent vient à manquer dans les caisses publiques, les débats sur les investissements deviennent tendus. En Ville, par exemple, la rénovation du Grand Théâtre ou l’extension du Musée d’art et d’histoire ont été le terrain de nombreux affrontements. Pour autant, Dominique Perruchoud se veut rassurante. «C’est un enjeu majeur pour le Canton et un projet-pilote soutenu par la profession. Il symbolise la politique culturelle commune que mènent la Ville et l’Etat.»

Et si ce dernier ne paie pas? Sami Kanaan répond placidement: «On avisera.»

Créé: 22.01.2013, 07h08

Pas moins de 120 projets concernés

Lors du vote du budget 2013, le ton du Conseil municipal s’est voulu ferme: «Pas question de dépenser plus de 110 millions de francs!» De quoi remettre en question les 150 millions de francs que désirait investir le Conseil administratif. Qui a donc dû procéder à des arbitrages. En clair, 120 projets ont été mis en attente, financièrement revus à la baisse ou simplement abandonnés. Economies réalisées: «204 millions de francs pour la période 2013-2016», promettent les autorités. En précisant qu’il ne s’agit que d’une base de travail et que ces projets pourraient être réintégrés dans le tuyau des investissements. Parmi les projets repoussés, la réalisation d’un écopôle dans la zone industrielle des Charmilles, la rénovation et l’agrandissement de l’Ecole Liotard ou la transformation de la Villa Ambrosetti en crèche et appartements-relais. La réalisation de plusieurs logements est abandonnée par la Ville mais confiée à des fondations. Enfin, la Municipalité veut économiser 85 millions via la réduction des enveloppes (achat de nouveau matériel, acquisitions foncières et divers travaux). O.F.

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