La Nouvelle Comédie, une tragédie annoncée?

Débat en VilleOlivier Gurtner (PS) affrontera Yvan Zweifel (PLR) sur cet épineux dossier le jeudi 8 octobre à 12h30 aux Savoises.

Image de synthèse de la future Nouvelle Comédie, conçue par le bureau d'architecture FRES.

Image de synthèse de la future Nouvelle Comédie, conçue par le bureau d'architecture FRES. Image: DR

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Un projet théâtral phare qui scellerait le partenariat Ville-Canton en matière de culture et ferait rayonner la scène dramatique genevoise. Voilà ce que représentait, jusqu'à récemment, la Nouvelle Comédie. Mais l'institution, promise depuis des années, semble avoir du plomb dans l'aile, prise en otage dans des tractations politiciennes.

Le délibératif municipal a bien voté le budget, mais le risque que le Grand Conseil refuse de délier les cordons de sa bourse plane. Le 29 septembre dernier, la commission des travaux du parlement cantonal a en effet refusé d'entrer en matière sur le crédit de 45 millions de francs en faveur de la Nouvelle Comédie. Un signal fort pour le plénum, qui se prononcera dans les prochains mois.

Cela fait presque trente ans que l'idée d'un nouvel espace théâtral pour Genève a émergé. En 1987, le metteur en scène Matthias Langhoff préconisait, dans un manifeste retentissant, la construction d'un théâtre qui soit un pôle d’excellence pour toute la région, ouvert aussi bien au biotope créatif romand qu'aux productions internationales. Après plusieurs projets insatisfaisants, l'Association pour la Nouvelle Comédie est constituée en 2001 et le site de la future gare CEVA des Eaux-Vives retenu en 2005.

Deux salles de spectacle

En 2009, «Skyline», projet du bureau d'architectes parisien FRES remporte le concours international organisé par la Ville. Le projet prévoit deux salles de spectacle, l’une de 500 places, l’autre, modulable, de 250 sièges; il inclut également des ateliers de réalisation de décors et de costumes, des salles de répétition, une librairie ainsi qu'un restaurant. Devant le bâtiment, une vaste esplanade garantit le lien avec la nouvelle liaison ferroviaire, les nouveaux commerces et logements.

Quatre ans plus tard, Ville et Canton mettent fin à la guerre qui les opposait dans le domaine culturel, s'engageant à collaborer étroitement et à mettre en oeuvre conjointement la loi cantonale sur la culture récemment votée. Premiers bénéficiaires annoncés de ce pacte: la Nouvelle Comédie et le Grand Théâtre.

En mai 2015, le Conseil municipal adopte, à une large majorité, un crédit de 98 millions de francs pour la future institution des Eaux-Vives. Seuls le MCG et l'UDC s'y opposent. Le vote est toutefois assorti de deux cautèles: la délivrance de la somme est soumise à l'acceptation du crédit de 45 millions par le Grand Conseil et l'ancienne Comédie du boulevard des Philosophes doit être vendue ou mise en droit de superficie, sans rénovation.

«Prise d'otage»

La belle ambiance se gâte durant l'été, lorsque les premiers sceptiques sortent du bois. On déplore un projet pharaonique, beaucoup trop luxueux en regard de la situation financière de l'Etat et mal adapté. Le député PLR Frédéric Hohl, par exemple, déplore une jauge inadéquate, arguant du fait qu'il est impossible de rentabiliser un espace à moins de 1000 places.

Le 29 septembre dernier, la commission des travaux du parlement genevois entérine la discorde en refusant l'entrée en matière sur le crédit de 45 millions, les élus PLR ayant rallié le MCG et l'UDC dans le camp du non. Argument avancé: ils attendent que le dossier du désenchevêtrement des tâches entre les communes et le canton avance. En d'autres termes, pas question de passer à la caisse avant de savoir qui s'occupera de quoi.

Un revirement qui a fait bondir les partisans de la Nouvelle Comédie, socialistes en tête, lesquels dénoncent une «prise d'otage» qui met «en péril un projet culturel d'envergure régionale». Car le temps presse. Pour des raisons de coûts, les travaux doivent impérativement commencer avec ceux de la première étape du nouveau quartier de la gare du CEVA, prévus pour 2016. Et la vieille bâtisse du boulevard des Philosophes, érigée en 1913, est si vétuste et délabrée que son actuel directeur lui donne à peine dix ans de sursis.

Débat public

Ce jeudi 8 octobre à 12 h 30, Olivier Gurtner, conseiller municipal socialiste, membre de la commission des arts et de la culture, et Yvan Zweifel, député PLR siégeant à la commission des travaux du Grand Conseil, croiseront le fer sur ce sujet brûlant. Ce débat public se tiendra au Café des Savoises (9 bis, rue des Savoises, Maison des associations) à Plainpalais et sera animé par Irène Languin, journaliste à la «Tribune de Genève».

Les lecteurs sont invités à assister à l’échange. Ils pourront poser sur place leurs questions ou dès à présent en envoyant un courriel à irene.languin@tdg.ch. Les internautes ont aussi la possibilité de donner dès maintenant leur opinion par le biais des commentaires. (TDG)

Créé: 06.10.2015, 10h54

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