La Nouvelle Comédie au cœur d’un troc

GenèveEn Commission des travaux, le PLR a refusé le crédit de 45 millions pour l’institution. Quelles sont ses intentions?

Le projet de la Nouvelle Comédie.

Le projet de la Nouvelle Comédie. Image: DR

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C’est un mauvais signal pour la Nouvelle Comédie. Mardi soir, la Commission des travaux du Grand Conseil a refusé d’entrer en matière sur le crédit d’investissement de 45 millions de francs. Alors que la gauche et le PDC sont acquis au projet, que le MCG et l’UDC y sont opposés, le PLR, divisé sur la question de la Nouvelle Comédie depuis un certain temps, a fait pencher la balance. Son souhait d’ajourner le vote a été refusé, ce qui l’a poussé à refuser le crédit. Raison invoquée: le parti souhaite que la Ville et le Canton avancent sur le dossier de la répartition des tâches en matière de culture avant de se prononcer. En bref, il souhaite savoir qui de la Ville et de l’Etat gérera dans le futur la Nouvelle Comédie et les autres institutions stratégiques comme le Grand Théâtre.

«Une prise d’otage»

Selon certains, cette stratégie cache un marchandage: pour faire pression afin d’avancer rapidement sur la répartition des tâches, «le PLR prend en otage la Nouvelle Comédie», affirme le conseiller municipal socialiste Sylvain Thévoz. La députée PS Nicole Valiquer Grecuccio, membre de la Commission des travaux, analyse: «Après avoir critiqué le projet architectural (ndlr: lire notre édition du 8 juillet 2015), après avoir avancé des arguments financiers pour s’opposer au projet, le PLR arrive avec un dernier argument concernant le désenchevêtrement des tâches. Mais il est contre-productif de vouloir conditionner ces dossiers l’un à l’autre.» Le député PDC Guy Mettan, également membre de la Commission des travaux, dit pouvoir comprendre la position du PLR: «J’ai d’abord pris leurs arguments pour une posture politique consistant à dire non sans vouloir en assumer les responsabilités. Je pense plutôt qu’ils y voient une occasion de faire avancer les choses sur le dossier de la répartition des tâches. Le problème, c’est que l’on se retrouve face à deux temporalités qui s’affrontent et je ne pense pas qu’on puisse régler le désenchevêtrement sans laisser passer le train de la Nouvelle Comédie.»

«Certains jouent aux pompiers pyromanes, image Sami Kanaan, conseiller administratif PS en charge de la Culture. Ils se croient malins de prendre en otage le dossier sur la répartition des tâches mais cette attitude risque simplement de tout faire planter.» Le PLR se dit effrayé des frais de fonctionnement de la future institution, qui passeront de 10 à 16 millions et qui devraient être répartis à charge égale entre Ville et Canton. «J’ai annoncé que la Ville renonçait à ce que le Canton participe à cette augmentation. Ils veulent du concret? Je leur ai proposé d’intégrer cela dans le projet de loi. Nous envoyons des signaux positifs mais les députés ne donnent rien en contrepartie.»

Selon Natacha Buffet-Desfayes, cheffe de groupe du PLR au Municipal, qui a voté en faveur du projet en mai, «le vote sur la Nouvelle Comédie arrive au mauvais endroit au pire des moments et pâtit de décisions politiques qui n’ont souvent plus rien à voir avec elle». N’est-ce pas dès lors une manière de prendre ce dossier en otage? «Sans doute, mais pas volontairement, car cette «prise d’otage» ne fera pas aller plus vite la répartition des tâches.»

Dans le brouillard, un autre élément se dessine: le PLR, pris dans la tourmente de la dette cantonale, est tenté de revoir à la baisse la participation de l’Etat à la Nouvelle Comédie. «Si elle était gérée dans le futur par la Ville, je pense que l’on débattrait de ce montant, admet Bénédicte Montant, députée PLR et présidente de la Commission des travaux. Tous reconnaissent qu’il est important que le Canton contribue aux investissements sur des institutions culturelles phares. Cela ne veut pas forcément dire que le coût doit être divisé à parts égales.»

Travaux repoussés

Pour rappel, le Conseil municipal avait accepté en mai un crédit de 98 millions pour la Nouvelle Comédie, sous réserve de la participation du Canton à hauteur de 45 millions. Le vote en plénière du Grand Conseil pourrait avoir lieu en décembre. Mais le dossier risque d’être renvoyé en commission. Dès lors, les travaux ne pourraient pas commencer à temps pour bénéficier de la fenêtre ouverte par le CEVA, sur l’esplanade de la future gare des Eaux-Vives. (TDG)

Créé: 30.09.2015, 20h45

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