Nouveau sursis pour le père Glôzu au Restaurant de l'Hôtel-de-Ville

Ville de GenèveLa fermeture prévue le 31 décembre est ajournée jusqu'au vote du crédit de rénovation. Au printemps 2015?


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«J'aimerais rester encore cinq ans à la tête du restaurant de l'Hôtel-de-Ville.» Jean-Yves Glauser, plus connu dans la République sous son sobriquet de «Père Glôzu», est toujours présent dans son établissement. Depuis bientôt 30 ans. Il entend bien y rester. Sur le comptoir, la pétition lancée par le groupe Pour le maintien du Père Glôzu au Restaurant de l'Hôtel-de-Ville continue de recueillir des paraphes, un de Zurich, deux de Carouge. «Nous avons recueilli 4269 signatures à ce jour, affirme Jean-François Gaillard. Nous avons déposé notre texte sur le bureau du Grand Conseil et sur celui du Conseil municipal.»

Le bail dénoncé par le propriétaire des murs, la Ville de Genève, a déjà été prolongé de deux ans. Il devait prendre fin le 31 décembre prochain. Il va durer encore quelque mois. Le tenancier a publié dimanche la bonne nouvelle sur sa page Facebook, a signalé lundi GHI. Le Dicastère des finances confirme. «La prolongation durera jusqu'au vote par le Conseil municipal du crédit de rénovation demandé en mars 2014.» Quand?

Vote début novembre?

Guy Dossan, président de la commission des travaux du Conseil municipal, indique que sa commission doit encore entendre une ultime personne la semaine prochaine. Il espère qu'un vote interviendra dans la foulée, mais, prévient l'élu PLR, il n'est pas impossible qu'une audition supplémentaire soit demandée et acceptée par la commission. Une fois le vote acquis, le rapporteur – il s'agit d'Alexandre Wisard – a trois mois pour livrer son rapport. Et si l'urgence n'est pas demandée, le débat en plénière pourrait attendre encore plusieurs mois, compte tenu du nombre des objets en souffrance, soit bien après les prochaines élections du printemps 2015. En fait, les crédits sont toujours inscrits au début de l'ordre du jour et il est fort possible que l'urgence soit demandée. Une pratique devenue courante dans une assemblée qui accumule un retard de plusieurs mois. Le débat en plénière pourrait donc intervenir au printemps 2015.

Voilà dix ans que Jean-Yves Glauser a proposé d'agrandir les cuisines de la brasserie en empiétant sur le carnotzet et de les mettre aux normes. «C'est possible pour un demi-million de francs», affirme-t-il, en nous faisant visiter les lieux. La cuisine est exiguë, mais pas plus que celles de bien d'autres établissements du canton. Deux volées de quatre marches recouvertes de carrons rouges y mènent. Le Père Glôzu franchit l'obstacle lentement. «Les travaux peuvent être réalisés en quatre ou cinq mois, poursuit-il, de quoi conserver la majeure partie des emplois.» Il ne nous montrera pas la cuisine qu'il a installée au sous-sol. En remontant dans le café, il lâche: «J'ai triplé le chiffre d'affaires de cette maison et fait bien mieux que le restaurant des Eaux-Vives (ndlr: une autre gérance de la Ville de Genève)

Inquiétude du personnel

La Ville n'est jamais entrée en matière. Elle demande 1,98 million de francs pour rénover le café-restaurant et 475'000 francs pour renouveler l’équipement de la cuisine et le mobilier du nouveau café-restaurant. Dans l'exposé des motifs, le Conseil administratif rappelle que le café-restaurant le Service cantonal de la consommation et des affaires vétérinaires menace depuis 2009 de faire fermer l'établissement.

«Actuellement, l’utilisation de cet établissement doit être repensée dans son ensemble, estime la Ville, et il n’est plus possible d’effectuer des travaux sans une intervention globale sur tous les locaux. Une fermeture prolongée et le changement de locataire permettent de repenser le projet et d’intervenir sur l’ensemble des espaces, y compris ceux destinés à la clientèle», lit-on dans l'exposé des motifs. C'est bien ce qui inquiète le personnel qui, en avril dernier, avait manifesté bruyamment son inquiétude face aux licenciements annoncés et désormais reportés.

(TDG)

Créé: 27.10.2014, 11h32

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La Maison Calandrini est construite en 1681 pour Jean-Louis Calandrini et sa femme Marie Hertner, respectivement riche fabricant de dorure et fille d’un négociant en or d’origine suisse établi à Lyon.

Déjà propriétaires de la vieille maison Tavel voisine, ils rachètent des maisons de la Grand-Rue pour créer, au carrefour urbain le plus central de la ville, un hôtel particulier intégrant à l’arrière, autour d’une cour, la maison forte médiévale.

La maison «Calandrini» répondait au souhait officiel, exprimé par la Seigneurie, d’embellir le carrefour par «quelque bâtiment qui apporte de la décoration au-devant de l’Hôtel-de-Ville».

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