Le nombre de pompiers doit doubler en quinze ans

RéformeCommunes et Canton tirent la sonnette d’alarme et préconisent non pas trois mais cinq casernes de professionnels.

Le canton compte 136 pompiers professionnels et 1600 volontaires. Leur cohésion doit s’améliorer. C’est l’un des enjeux de la réforme.

Le canton compte 136 pompiers professionnels et 1600 volontaires. Leur cohésion doit s’améliorer. C’est l’un des enjeux de la réforme. Image: Magali Girardin

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Les pompiers genevois sont dans le rouge. L’organisation actuelle ne permet plus de garantir la sécurité de toute la population. Le constat est suffisamment alarmant pour mettre d’accord Canton et communes sur une réforme du concept opérationnel de défense incendie et de secours. Leur plan, présenté ce jeudi aux médias, repose sur la création de deux casernes, le doublement du nombre de sapeurs professionnels d’ici à 2030 et la spécialisation des volontaires.

Le souci principal? «Actuellement, les temps d’intervention ne sont respectés qu’à 60%, au lieu de 80% selon les recommandations fédérales. Cela veut dire que la sécurité de la population n’est pas assurée de manière optimale», indique sans détour Jérôme Felley, directeur général de l’Office cantonal de la protection de la population et des affaires militaires. La faute surtout à la saturation du réseau routier et à une répartition territoriale inadéquate des casernes.

271 professionnels à terme

Autres problèmes: l’effectif du Service d’incendie et de secours (SIS) n’a presque pas évolué en quarante ans (lire ci-contre)! Le manque de complémentarité avec les pompiers volontaires inquiète. Quant aux types d’interventions, ils ont bien évolué: «Le dispositif actuel, qui date de 1973, ne correspond plus à la cartographie des risques», surtout industriel et désormais terroriste, résume Jérôme Felley. La future liaison du CEVA, avec ses kilomètres de tunnels, s’ajoute à la complexe équation.

Pour la résoudre, il faudra disposer de cinq casernes professionnelles fonctionnant 24 heures sur 24 d’ici à 2030, au lieu des trois actuelles – Frontenex, Asters, Bains –, dont une seule fonctionne nuit et jour. Les deux nouvelles bases de départs se situeront du côté de Meyrin et de Bernex. Faudra-t-il construire ou transformer l’existant? La question reste en suspens. En parallèle, les bases dévolues aux pompiers volontaires disséminées dans le canton diminueront.

Cela implique de doubler le nombre de sapeurs professionnels en créant 135 postes d’ici à quinze ans. La Ville s’est d’ores et déjà engagée à en financer 25. «Les pompiers professionnels interviendront toujours en premier échelon, mais nous souhaitons une meilleure complémentarité avec les volontaires», remarque le major Nicolas Schumacher, commandant du SIS. Pour cela, «nous allons créer un corps unifié de professionnels et volontaires afin de gagner en efficacité», se félicite Thierry Apothéloz, président de l’Association des communes genevoises.

«L’idée consiste à spécialiser les volontaires en s’appuyant davantage sur leurs compétences métier. Leur formation sera renforcée», complète Guillaume Barazzone, conseiller administratif en Ville de Genève.

Le coût global de la réforme reste à chiffrer. Pour gérer ce plan sans querelles de clocher, les communes devront accepter de payer plus et la Ville, céder un peu de sa gouvernance.

Des années de perdues

«Depuis une dizaine d’années, les magistrats du Canton et des communes relèvent les limites du système», avance Pierre Maudet, conseiller d’Etat chargé de la Sécurité, évoquant les tentatives ratées. Comme ConvergenceS, lancé par ses soins en 2008, alors qu’il était conseiller administratif en Ville de Genève. Ce dossier fait l’objet d’un examen post mortem de la Cour des comptes. Les annonces du jour lui permettront certainement de boucler son autopsie. (TDG)

Créé: 25.02.2016, 19h42

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En chiffres

L’organisation actuelle de la défense incendie n’a pas changé depuis 1973… A cette époque, quelque 120 pompiers professionnels assumaient 2500 interventions par an. Aujourd’hui, ils sont 136 pour en gérer environ 10?000.
La typologie des interventions a également évolué. Dans les années 90, les incendies correspondaient à 24% des sorties, contre 10% actuellement. Les risques chimiques ont augmenté, tout comme les appels pour relever des personnes âgées. S.R.

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