La nomade qui avait choisi Genève

Une candidate au saut du lit (8/16)Employée d’une grande ONG, Susanne Amsler a vécu dans huit pays ces dernières années avant de s’installer en ville.

Susanne Amsler travaille depuis une quinzaine d’années pour une ONG de la Genève internationale.

Susanne Amsler travaille depuis une quinzaine d’années pour une ONG de la Genève internationale. Image: Steeve Iuncker-Gomez

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L’immeuble aux volets bleus n’est qu’à quelques encablures de la tonitruante artère de la Servette. Pourtant, il n’y a dans cette rue ni l’odeur ni le bruit du trafic. On se croirait un dimanche matin. Susanne Amsler déboule, sac à main bleu sur l’épaule. «J’aimais mon ancien quartier, la Jonction, pour sa proximité avec la nature et le Rhône. Mais ici, c’est comme un petit village», décrit la candidate à la Mairie de Genève, avec son accent suisse allemand marqué. Emploi du temps oblige, la rencontre matinale se fera à pied et en mouvement, sur les chemins verglacés menant à son travail, place des Nations.

Ce trajet d’une demi-heure, qu’elle parcourt volontiers à pied si la météo le permet, c’est un peu sa Voie verte à elle. Quelques parcs méconnus, une poignée de passages pour piétons, et l’on débouche près de la «broken chair». La candidate des Vert’libéraux, vice-présidente du parti, travaille effectivement depuis une quinzaine d’années pour une ONG incontournable de la Genève internationale, dont elle taira le nom puisque celle-ci ne souhaite pas apparaître dans la campagne.

De Zweisimmen à Haïti

D’abord coordinatrice sur le terrain, Susanne Amsler a vécu dans huit pays différents tout au long de sa carrière, raconte-t-elle tout en marchant d’un bon pas pour affronter le climat glacial du jour. L’Angola, la Côte d’Ivoire, le Sri Lanka, Haïti, la Syrie, les États-Unis et l’Irlande. «J’ai pu constater à quel point la structure de ces pays, qui n’étaient parfois pas encore en conflit, peut vite se dégrader. Cela m’a beaucoup touchée, notamment à Haïti, où je suis allée peu de temps après le tremblement de terre. En Suisse, on pense que la démocratie est un acquis, alors qu’il faut se battre pour la préserver. Je me suis toujours dit que si je rentrais, je m’investirais en politique.»

Susanne Amsler finit effectivement par revenir en terres helvétiques, il y a cinq ans. Elle choisit Genève pour sa composante «internationale», évidemment. Originaire de Zweisimmen, dans la campagne bernoise, celle qui parle quatre langues voulait comme terre d’accueil un lieu ouvert sur le monde. «J’ai beaucoup voyagé quand j’étais petite grâce à mes parents et cela m’a donné le goût des langues et de la culture.» Son premier job, déniché après ses études de commerce, est déjà tourné vers l’extérieur. «J’ai été administratrice pour le Cirque Knie, j’évoluais avec des artistes venant de tous les coins du monde.»

Il faut plus de transparence dans les mandats publics et plus de rigueur dans le budget

Susanne Amsler

Depuis qu’elle est revenue à Genève, Susanne Amsler n’a pas quitté son organisation humanitaire. Forte d’un master en administration publique effectué à Boston, elle y est désormais responsable de la gestion des risques. De quoi l’aider à gérer la Ville si elle est élue, pense celle qui a aussi brigué le Conseil national et le Conseil des États cet automne. «Dans toute ma carrière, j’ai beaucoup travaillé sur la façon dont sont gérés les différents pays, leur Code du travail, la façon dont ils passent des contrats. J’ai aidé d’énormes équipes à surmonter des crises. J’ai supporté beaucoup de pression.»

Quatre fois marraine

C’est notamment pour améliorer la gouvernance de la Ville que Susanne Amsler, 42 ans, veut un poste à l’Exécutif. «Il faut plus de transparence dans les mandats publics et plus de rigueur dans le budget.» Fan de course et de randonnée, elle veut donner de la place à la nature en ville. «Je suis tante et quatre fois marraine. Je pense que les responsabilités doivent se prendre maintenant, tout en travaillant avec les milieux économiques.»

Mais vivre depuis cinq ans à Genève, est-ce suffisant pour briguer sa Mairie? «Je crois que vu ce qui s’est passé ces derniers temps, bénéficier d’un regard extérieur ferait du bien à la Ville. Cela permettrait d’amener un souffle nouveau, de questionner les choses en place. Sur les stands, j’ai pu constater que les citoyens sont frustrés avec la politique.»

Créé: 28.01.2020, 06h48

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