Le niveau des rivières est dramatiquement bas

GenèveCertains cours d’eau sont à sec sur des tronçons entiers. Dans la Drize, il a même fallu sauver des poissons menacés d’asphyxie.

Le lit de l’Aire à sec, photographié le 9 septembre.

Le lit de l’Aire à sec, photographié le 9 septembre. Image: DR

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La sécheresse prend des proportions dramatiques dans les petits cours d’eau genevois. Au terme d’un été quasiment sans pluie, plusieurs rivières comme l’Aire, l’Hermance ou la Drize sont totalement à sec sur des tronçons entiers. D’autres, telles l’Allondon, la Seymaz ou la Versoix, affichent des débits proches du zéro. Selon les spécialistes, il s’agit d’une situation sans précédent. Par endroits, les poissons se retrouvent piégés dans des flaques qui rapetissent à vue d’oeil et dont la température augmente sans cesse, ce qui finit par les asphyxier.


Lire aussi l'éditorial: Arrêtons de noyer le poisson!


Mille poissons déplacés

Dans la Drize, qui est désormais déconnectée de l’Aire et de l’Arve, il a même fallu procéder à une opération de sauvetage samedi dernier. Plus de mille truites et vairons ont été capturés par pêche électrique à Troinex, afin de leur éviter une lente agonie. «Certains étaient déjà morts, raconte Dimitri Jacquet, responsable du secteur pêche à la Direction générale de l’eau. Nous avons même retrouvé des truitelles complètement desséchées sur des tronçons de rivière à sec. Il était plus que temps d’intervenir!»

Les poissons rescapés ont été en grande majorité déplacés dans l’Arve. Seule une centaine de truites a pu être relâchée dans une partie de la Drize qui est encore en eau, en aval de la confluence avec le ruisseau des Marais. Malgré ce sauvetage, cette sécheresse aura des conséquences à moyen terme sur la population piscicole de la Drize. «L’année prochaine, nous devrons y relâcher beaucoup d’alevins pour la repeupler, prévient Dimitri Jacquet. Mais il faudra plusieurs années pour qu’il y ait à nouveau des géniteurs dans cette rivière.»

En effet, l’inconvénient de cette pêche de sauvetage, c’est que les poissons délocalisés étaient génétiquement adaptés aux conditions de vie dans la Drize, ce qui ne sera pas forcément le cas de ceux qui la repeupleront. C’est pour cette raison qu’on ne prend que très rarement ce genre de mesure. De plus, cela stresse les poissons, ce qui peut être cause de mortalité. «Pour l’instant, il n’y a pas d’autres pêches de sauvetage prévues dans les rivières genevoises, mais il n’est pas exclu qu’il faille à nouveau y recourir si la sécheresse perdure», confie Dimitri Jacquet.

Les pêcheurs s’impatientent

Ces débits extrêmement bas se reproduisent d’été en été ces dernières années à Genève. Les amateurs de pêche tirent à chaque fois la sonnette d’alarme. Pour eux, le manque de pluie n’est pas l’unique cause de ces déficits chroniques d’eau dans les rivières. «Depuis dix ans, on connaît l’existence de nombreux points de captage et de pompage des eaux de source, notamment en France voisine, rappelle Christophe Ebener, le président de la Fédération des sociétés de pêche genevoise (FSPG). Des études ont même estimé ces prélèvements entre un tiers et la moitié des débits d’étiages de nos rivières! Mais sur le terrain, aucune avancée concrète n’est observée.»

Les choses ont pourtant commencé à bouger des deux côtés de la frontière. En France, la communauté de communes du Pays de Gex est en train d’inventorier les prélèvements d’eau par les gros consommateurs que sont les terrains de golf et les manèges de chevaux, afin de mesurer leur impact sur le débit de l’Allondon. Et les captages d’eau ont déjà cessé sur plusieurs sources.

Partager le Léman

Du côté du Grand Conseil genevois, une motion suggère d’approvisionner le Pays de Gex en puisant dans le lac Léman —via le réseau d’eau des Services industriels de Genève (SIG)— plutôt que dans les sources des rivières. Déposée en mars dernier, elle est en suspens en commission. «Nous avons fait le point dernièrement avec nos partenaires français et les SIG, mais il nous faudra encore du temps pour déboucher sur une gestion transfrontalière partagée et cohérente des débits, explique Gilles Mulhauser, directeur général de l’eau. Dans l’immédiat nous ne pouvons que contrôler que les quantités autorisées pour les prélèvements ne soient pas dépassées.»

La FSPG déplore la lenteur de l’administration et en appelle à une réaction politique urgente: «Je ne comprends pas comment on peut encore en être à se demander quelles quantités d’eau peuvent être prélevées alors que les rivières sont à sec!», bouillonne Christophe Ebener.

(TDG)

Créé: 21.09.2018, 21h00

Alerte renforcée en Haute-Savoie

La baisse des débits dans les cours d’eau et du niveau de certaines nappes en Haute-Savoie a amené les autorités à prendre de nouvelles mesures. Après les Dranses, le Fier, le Chéran et la Menoge mis en niveau d’alerte ou d’alerte renforcée, la vallée de l’Arve
et les Usses sont aussi concernés.
Il est notamment interdit de remplir les piscines privées et d’arroser
les pelouses et jardins. Les terrains de sport ne doivent pas être arrosés pendant la journée, et il en va de même pour l’irrigation des cultures. AN.G.

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