«Une négociation, oui! Mais sans conditions»

InterviewPrésident du Cartel, Marc Simeth est également enseignant au cycle d’orientation. Selon lui, une baisse des effectifs de 5% aurait des effets dévastateurs sur la qualité des prestations publiques.

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Marc Simeth, comment expliquez-vous que la fonction publique se soit autant mobilisée aujourd’hui?

Nous n’y sommes pas pour grand-chose. Ce qui explique ce succès, c’est la violence des propositions du Conseil d’Etat. Les collègues ont compris que sur 100 d’entre eux, ils veulent en enlever 5. Et comme ils sont déjà épuisés… Comment peut-on dire qu’une des richesses de Genève, c’est la qualité de sa main-d’œuvre, et couper ainsi dans la formation? Notre employeur est devenu ultralibéral. Il veut faire payer à la fonction publique la facture de la baisse d’impôts qui va être accordée aux entreprises. Si tous les secteurs et toutes les associations professionnelles se mobilisent ainsi, c’est qu’il y a vraiment un problème.

Pourquoi la grève est-elle reconduite mercredi?

Parce que nous n’avons perçu aucune volonté du Conseil d’Etat d’ouvrir des négociations avec nous sans poser des conditions préalables. Au contraire, un courrier a été transmis aux cadres de tous les départements pour qu’ils entament un travail préparatoire sur la diminution des charges de personnel de 5%. Ce qui est certain, c’est que la baisse des effectifs de 5% signifierait la mort du service public tel qu’on le connaît actuellement. Nous en avons assez de servir de variable d’ajustement chaque fois qu’il y a un problème budgétaire.

Et vous voulez continuer vos actions jusqu’à quand?

L’objectif est d’obtenir quelque chose. Si mercredi il n’y a aucune ouverture, si nous n’arrivons même pas à rencontrer le Conseil d’Etat, cela pourrait continuer. Mais on verra cela le moment venu.

Que diriez-vous aux Genevois que vos actions dérangent?

Je lui expliquerais que dans un cycle d’orientation de 100 enseignants, il n’y en aura plus que 95. Qui devront s’occuper du même nombre d’élèves. Combien seront-ils par classe? Et ce sera la même chose pour les soins. Pour l’instant, la fonction publique fait du mieux qu’elle peut avec les moyens qu’elle a. Si le Conseil d’Etat applique ses propositions, la qualité des prestations va en pâtir.

Seriez-vous prêts à accepter des sacrifices?

Je sais que dans une négociation on ne peut pas gagner sur tous les points. Mais notre boulot est de nous battre pour le maintien des prestations à la population et de nos conditions de travail. (TDG)

Créé: 10.11.2015, 21h22

L’assemblée décide de reconduire la grève

Cela faisait bien longtemps qu’on n’avait pas vu une assemblée du personnel de la fonction publique réunir autant de monde. A 14h30 ce mardi, la salle du Palladium était pleine comme un œuf. Des centaines de personnes devaient même suivre le débat de la rue du Stand. En moins d’une heure la séance était pliée. La reconduction de la grève, ce mercredi, était adoptée à l’unanimité moins sept abstentions des 1000 à 1500 fonctionnaires présents. La résolution votée demande au Conseil d’Etat «l’ouverture de négociations sans conditions préalables».

Dans une ambiance survoltée, les orateurs ont conspué le Conseil d’Etat pour avoir transmis la veille un courrier aux collaborateurs de l’Etat plaidant pour un «un dialogue constructif». Commentaire d’une déléguée de l’enseignement: «Cette lettre est un mensonge. Ce que nous propose le Conseil d’Etat, ce n’est pas une négociation, c’est un hold-up.»
Avant de passer au vote, un bilan de la grève entamée le matin a été dressé. D’entrée, Paolo Gilardi, du Syndicat des services publics, l’a qualifiée «d’énorme réussite». Selon les chiffres fournis par Marc Simeth, président du Cartel intersyndical de la fonction publique, la mobilisation a en effet été très importante. Au cycle d’orientation, 50 à 60% des enseignants étaient en grève; au niveau primaire, 114 écoles sur 140 ne donnaient pas de cours; à l’Office médico-pédagogique, on dénombrait 70% de grévistes.

Le secteur subventionné a également bien suivi le mouvement. Dans les secteurs où il est plus difficile de faire grève (Hôpital, Hospice général), ce sont des assemblées du personnel qui ont donné le la. Enfin, quelque 300 policiers ont manifesté le matin au boulevard Carl-Vogt.

Dans ces conditions, il était certain que la grève serait reconduite le lendemain. Et d’autant plus que la manifestation du matin se déroulera conjointement avec celle des maçons, également en grève mercredi.

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