Les nationalités ne seront pas bannies des communiqués de police

GenèveUne motion verte est repoussée grâce au vote déterminant du président du parlement

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La nationalité de délinquants présumés est généralement indiquée par la police dans ses communiqués journaliers, souvent reprise dans les colonnes de la presse quotidienne. Mais est-ce un renseignement utile ou une façon d'attiser la xénophobie?

Pour la députée Verte Delphine Klopfenstein-Broggini, «la mention de la nationalité ne fait qu’attiser la haine et n’apporte rien sur la question du délit.» Sa motion, soutenue par EàG et le PDC, demande donc que la police cesse de communiquer cette information, «sauf si elle est pertinente dans une situation spécifique, et/ou dans des cas exceptionnels». Citant une étude, l'élue estime en outre que la nationalité est moins pertinente pour expliquer un délit que l'âge, le sexe, la formation, le niveau social. Et sa collègue, Paloma Tschudi d'interpeller ses collègues: «Voulez-vous une presse qui attise la haine ou qui informe et sort des faits-divers pour publier des informations utiles?» Elle ajoute que Zurich ne publie plus ces informations et que la police genevoise y a renoncé dans ce qu'elle diffuse sur les réseaux sociaux.

«Il ne s'agit pas de censure»

Censure? Il n'y a pas de censure, assurent les partisans de la motion, les statistiques permettent de connaître la nationalité des criminels. Le reste de la gauche et le PDC suivent le mouvement, mais la droite doute ou s'insurge. «La population est en droit de savoir ce qui se passe sur son territoire, s'exclame Marc Fuhrmann (UDC). La réalité, c'est que 90% des prisonniers de Champ-Dollon sont étrangers et aucune manipulation de l'information n'y changera rien.» Rolin Wavre (PLR) estime que la «pratique de la police est nuancée et qu'aller plus loin susciterait la méfiance de la population.» Puis les esprits d'échauffent quand le MCG dénonce «l'extrême bêtise des partisans de la motion».

Pour le magistrat MCG Mauro Poggia, l'attitude de la police est correcte: elle s'abstient de mentionner les nationalités sur les réseaux sociaux pour s'éviter le fastidieux écrémage des réactions haineuses de certains usagers. Mais elle conserve les nationalités dans ces communication à la presse, car «l'Etat ne veut pas faire de censure et s'ériger en détenteur de la morale, se substituant ainsi à l'intelligence des lecteurs.»

Au moment du vote, les députés se divisent en deux blocs égaux de 42 voix chacun. C'est le président du parlement, Jean-Marie Voumard (MCG), qui tranche alors pour le refus.

Créé: 07.11.2019, 16h54

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