La nappe du Genevois a été polluée au perchlorate

EnvironnementLe pompage d’eau potable a été suspendu en attendant d’en savoir plus sur les mesures à prendre.

Genève tire son eau potable à 80% du lac Léman et à 20% des nappes phréatiques.

Genève tire son eau potable à 80% du lac Léman et à 20% des nappes phréatiques. Image: Laurent Giraud

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Depuis le week-end dernier, à Genève, l’intégralité de l’eau du robinet provient du lac. Le Conseil d’Etat a demandé aux Services industriels de Genève (SIG) de suspendre les pompages dans la nappe phréatique du Genevois, qui constitue la réserve en eau potable souterraine la plus importante du canton. Des traces de perchlorate anormalement élevées y ont été détectées par le Service de la consommation et des affaires vétérinaires (SCAV). Cette substance, qui peut être naturellement présente dans l’environnement, est un oxydant utilisé notamment dans la fabrication de munitions, dans les engins pyrotechniques, ou dans les systèmes de déclenchement des airbags. Le perchlorate est encore utilisé dans certains engrais agricoles, mais c’est devenu rare. Des recherches vont être menées pour identifier la source de la pollution, qui est encore inconnue.

Selon les autorités cantonales, il n’y a pas de risque avéré pour la santé des consommateurs. «Le taux analysé est entre 10 et 50 fois supérieur à celui présent dans le lac, confie le chimiste cantonal, Patrick Edder. Mais cela reste des valeurs infimes. C’est de l’ordre du microgramme par litre, soit une goutte d’eau dans une piscine.» Toutefois, il a été décidé de suspendre les pompages par principe de précaution. Le Canton va se renseigner auprès de la Confédération sur la marche à suivre, car il n’y a pas de norme légale sur le taux maximum de perchlorate toléré dans l’eau. «C’est une problématique nouvelle, explique Patrick Edder. Le perchlorate ne fait pas partie des paramètres qui sont couramment analysés, car il n’est pas censé se retrouver dans nos eaux. Seuls Genève et Zurich font ce genre d’analyses assez complexes.»

La nappe du Genevois est principalement alimentée par l’infiltration des eaux de l’Arve, et artificiellement réalimentée par une station située à Vessy. Longue de 19 km, elle s’étend des Eaux-Vives jusqu’à Chancy. Comme elle est couverte par une couche de terrain imperméable, qui la met en principe à l’abri des pollutions, son eau ne nécessite qu’un traitement léger avant d’être injectée dans le réseau. La nappe est exploitée par dix puits sur le canton de Genève et cinq en Haute-Savoie. Nous n’avons pas pu joindre ce mercredi les responsables français pour savoir si les pompages ont aussi été suspendus de l'autre côté de la frontière.

Genève tire son eau potable à 80% du lac Léman et à 20% des nappes phréatiques, principalement celle du Genevois. Du coup, les SIG étudient différents scénarios basés sur les consommations d’eau estivales des dernières années. Il s’agit de déterminer si l’eau du lac peut à elle seule couvrir les besoins, et d’estimer comment les installations et les réseaux existants peuvent y répondre.

Créé: 05.04.2017, 19h28

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