Le nant d’Aisy cesse de déverser les eaux traitées dans le lac

Renaturation Depuis la démolition de la dernière station d’épuration rejetant ses eaux dans le Léman, la petite rivière respire à nouveau.

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Sur sa rive gauche, Corsier. En face, c’est Anières. Le nant d’Aisy, frontière naturelle entre les deux communes lacustres, coule à nouveau. A vrai dire, l’eau ne s’est jamais tarie dans le lit de la petite rivière, mais les conduites qui l’enveloppaient ont disparu et son environnement a subi une vraie révolution. Mercredi, les officiels — Etat, communes, Services industriels — ont inauguré le retour à l’état naturel du nant après quatre ans de travaux. «L’eau dégageait une odeur nauséabonde», se souvient Franck Pidoux, chef du secteur renaturation des cours d’eau au sein du Département de l’environnement.

Les truites apprécieront

Pour saisir le changement, il faut se poster au numéro 274 de la route d’Hermance et se souvenir de la station d’épuration. Bâtie à la fin des années 60, elle recouvrait le cours d’eau sur toute sa largeur. Elle était l’une de ces petites «STEP» exploitées par SIG, mais également la dernière à déverser les eaux traitées dans le lac. Les mauvaises odeurs, c’était elle. Le nant d’Aisy circulait alors dans un tuyau en béton. «Le débit du cours d’eau étant très faible, il était extrêmement sensible à la pollution», fait remarquer Elise Kerchenbaum, porte-parole de SIG.

De tout cela, il ne reste rien. En lieu et place de la station d’épuration, les SIG ont bâti une station de pompage à l’emprise fortement réduite. Discrète, elle propulse les eaux usées vers celle de Vésenaz qui à son tour les conduit à la station d’épuration d’Aïre, à l’autre bout du canton.

Une fois débarrassé de ses eaux dépolluées et des conduites disgracieuses, le petit affluant du Léman était donc prêt à respirer. En amont, les communes se sont chargées de la renaturation en amont. En aval de la station de pompage, c’est l’Etat qui a investi 850 000 francs pour façonner le cours d’eau et ses berges. Pourquoi? «Parce qu’il est propice à la reproduction de la truite lacustre, une espèce cible cantonale», répond Franck Pidoux.

Une fois encore, il faut ressortir des images d’archives pour saisir la métamorphose. Hier, le nant d’Aisy serpentait entre des propriétaires privés qui avaient élevé haies et barrières pour le tenir à distance. Désormais, le ruisseau s’écoule naturellement et sans odeur. Ses berges ont été renforcées par de nouveaux arbres et des fascines de saules stabilisent le terrain.

Port détruit, roseaux plantés

En bout de course, le nant d’Aisy se jette dans le lac. «Les embouchures sont des lieux fondamentaux pour la renaturation, elles renferment une explosion de vie», explique Franck Pidoux. Mais sur place, un port bétonné obstruait le développement de la faune et de la flore. Pour s’en débarrasser, l’Etat a négocié avec la fondation Boninchi, propriétaire du port et de la somptueuse demeure qui lui fait face. En résumé, les services de l’Environnement ont reçu le feu vert pour démolir le port; en contrepartie, la Fondation a obtenu l’autorisation de construire une annexe à la maison de maître (les locaux sont mis à disposition de l’Université, héritière de la propriété) malgré le fait qu’elle se trouve en zone inconstructible.

Ce marché a permis de donner naissance à une roselière. En deux ans, les roseaux ont atteint une hauteur respectable et commencent à joueur leur rôle d’habitat pour plusieurs espèces. Quant au béton, il ne manque à personne.

Créé: 20.09.2017, 18h03

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